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 La Justice est tellement belle que je reste bouche bée lorsque je la vois.

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Erwenn Privel
Chasseur de Primes
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MessageSujet: La Justice est tellement belle que je reste bouche bée lorsque je la vois.   Dim 9 Oct - 23:42

Surnom : Gethin.
Âge : 24 ans.
Lieu de naissance : North Blue.
Race : Humain.
Camp : Chasseur de primes.
Capacité : Ninjutsu.
Métier : Informateur -avec quelques notions en médecine.


PRIVEL
ERWENN
"Le silence est d'or, ferme ta bouche tu seras un véritable trésors!"
Mais Erwenn ne dirait jamais ça? °A°
Chuuuut °v° Tu ne sais rien Jean Neige.
Les aléas de la vie font de vous ce que vous êtes. Une personne incroyablement méchante ou au contraire un chevalier au grand cœur. Erwenn ? Il est plutôt comme une sorte de juge, une personne qui serait là à dire si ce que vous faites est bon ou mauvais. Même s’il voue une sorte de haine envers les pirates et que pour lui ils mériteraient tous de terminer la vie derrière les barreaux il est conscient que tous ont une part de gentillesse. De toute façon, nous pouvons nous rendre compte que notre jeune homme ne supporte pas grand-monde, à commencer par les Marines qui auraient pu éviter son enlèvement il y a fort longtemps s’ils avaient vraiment voulu bouger leur popotin. Ainsi donc oui, il est un chasseur de primes mais ne chasse pas non plus n’importe qui. Pour lui, un pirate qui n’a jamais fait de mal à un civil vaut mieux qu’un marine qui a exterminé trois innocents juste pour le pouvoir. Il préfère donc s’amuser à courser les plus « méchants », à les punir de lui-même quand il s’agit des gens du côté des forces de l’ordre ou à les vendre lorsque ce sont des hommes recherchés. Ne faisant parti ainsi d’aucun camps, Erwenn endosse le rôle d’un deuxième personnage pour punir les malfaiteurs marines dont nous en parlerons plus tard mais ce qui est sûr, c’est que parfois c’est compliqué pour lui.

Les moqueries dont il a été souvent victime à cause de son handicap et qu’il a souvent dû supporter sans pouvoir se défendre lui ont permis d’acquérir une patience digne d’un moine Shaolin. Il sait attendre donc les bons moments pour frapper mais aussi pour filer les cibles. Si notre muet est conscient qu’il n’est pas fort il sait toutefois que l’union fait la force et qu’il a besoin de ses semblables pour battre des ennemis. Il sert d’informateur dans le réseau des chasseurs de primes et donc d’espion, d’infilté… tout ce qu’il faut pour pouvoir obtenir de précieuses informations en échange d’une coopération pour la défaite d’une cible en particulier. Autant c’est facile pour trouver des gens en tant que Erwenn Privel, le chasseur de primes, autant c’est plus compliqué en tant que Gethin vu qu’il craint de rencontrer quand même quelques-unes de ses vieilles connaissances en tant que chasseur. Après tout, il y a beaucoup de cibles qui ont quand même fini par lui filer des doigts. Et c’est seulement à ces moments là qu’il arrive à tolérer la coopération avec un pirate.

Outre cela, notre jeune homme est quelqu’un de plutôt agréable à vivre. Certes parfois il peut râler silencieusement -après tout son handicap ne lui permet pas de crier, il peut juste grogner ou simplement faire des couinements, ses seules façons d’interpeler quelqu’un en plus de siffler- mais il est toujours souriant et de bonne humeur. On pourrait presque croire que rien de mal ne lui arrive alors qu’il est un gros malchanceux qui s’attire très souvent le malheur. Oh combien de fois a-t-il manqué de mourir d’une façon grotesque à cause de sa naïveté ? Même lui n’y compte plus. Mais ses petits tracas il les supporte avec plus de bien que mal. Après tout la vie est courte et il doit en profiter un maximum pour balayer l’injustice autour de lui. On peut également noter qu’il est très taquin et moqueur. Même s’il ne peut pas rire à haute voix et surtout sortir quelques sottises pour vous piquer un peu, un simple grand sourire suffit amplement à faire comprendre son envie de se moquer de vous, un mime ou bien tout bêtement un jeu de mot sur le papier. Ah les papiers, les carnets… il en utilise des tonnes chaque jour à cause de son handicap. Il ne sait pas parler la langue des signes, faute de ne jamais avoir pu croiser des sourds et/ou muets généreux avec qui il aurait pu bien s’en s’entendre (Cette blague a été sponsorisée par Car-Hambär.). A vrai-dire, il n’a jamais vu aussi l’intérêt d’y apprendre vu que pratiquement personne ne cherche spécialement à le comprendre sauf lors des missions. Ceci-dit, s’il ne vous communique pas par des mimes ou des gestes faciles à comprendre (pour la plupart car des fois il va chercher loin), il se peut donc que vous ayez la chance de découvrir sa magnifique calligraphie et ses petits dessins ridicules -quand on ne peut pas utiliser sa langue, autant bien savoir utiliser ses mains correctement.

Comme tout le monde, notre jeune homme a des goûts. Et oui, non seulement il adore le vert et les pommes (oh bon sang ! cela ne se voit tellement pas !) mais également la nature. Il préfère même passer ses nuits à la belle étoile que de se payer une chambre dans un hôtel d’autant plus qu’il connait les risques de rester cloîtré entre quatre murs. Il est attaché à sa liberté, préférant vivre la vie qu’il s’est choisie au lieu d’être le chien de quelqu’un comme il l’a été autrefois. Il n’y aucun doute aussi sur deux points : il adore les animaux mais également les enfants, choyant ces derniers du mieux qu’il peut lorsqu’il les croise.
Loin de ressembler à une armoire à glace qui attire toutes les fans de tablettes de chocolats, Erwenn est plutôt heureux de son physique simpliste. En effet, le rôle d’un informateur n’est pas de se faire remarquer mais de pouvoir rester le plus discret possible, de glisser facilement entre les groupes de civils, de se cacher parmi les arbres alors pourquoi donc être grand et bien carré ? Notre jeune homme ressemble donc à n’importe qui que vous pourrez croiser dans la rue, un simple gaillard qui ne dépasse pas le mètre soixante-douze. Si en temps normal il ne se plaint pas de sa taille il se vexe facilement lorsqu’on le taquine dessus. C’est le seul point sur lequel il complexe, ayant préféré avoir quelques centimètres de plus. Il a une masse corporelle de soixante-deux kilos, tout en muscles je vous en prie. Non, ils ne sont pas saillants (ils ne sont pas Saiyan non plus :P) mais on ne peut pas non plus les nier. Ils sont surtout tout en longueur, notre informateur jouant très souvent l’acrobate, escaladant les murs et grimpant aux arbres avec une facilité quelque peu surprenante -quand il ne se loupe pas. Mais toute cette musculature et ses cicatrice, il les cache avec ses vêtements, n’aimant pas dévoiler son corps aux autres. Ha bah oui, il est prude quand même. Il ne faut pas s’exhiber devant tout le monde, ce n’est pas bien. S’il peut porter des vêtements quelconques que n’importe qui pourrait vêtir ou même des déguisements rien que pour mener à bien ses missions, Erwenn a tendance à préférer les tenues de ninjutsu, autrement dit quelque chose de confortable et de discret. Il porte ainsi une sorte de combinaison noire que laquelle il porte un poncho et un pantalon d’ordinaire verts mais qui peuvent toutefois changer de couleur en fonction du milieu dans lequel il est. Par exemple s’il doit attraper un méchant pirate en plein hiver dans un village enneigé il va prendre des vêtements blancs pour mieux être difficile à distinguer. Outre ceci, il porte des gantelets de cuir noir qui couvrent entièrement ses bras, des bottes avec un protège-abdominaux de même couleur. Ainsi tout son corps est recouvert pour mieux le protéger du froid mais aussi des attaques des ennemis. Son visage, quant à lui, porte un masque métallique qui ne protège surtout que ses tempes et joues. Mais quand il faut s’attaquer à un membre de la Marine qui fait n’importe quoi, il vaut mieux ressembler à autre chose n’est-ce pas ? Aussitôt notre jeune homme troque ses habits habituels pour un masque de renard blanc afin de cacher son petit minois et des kimonos tantôt noirs tantôt de couleur. Parfois il se permet même de faire le fantaisiste juste pour s’amuser. Si l’on se fait chopper et exécuter, autant le faire bien n’est-ce pas ?

Mais à quoi ressemble son visage ? me demanderez-vous puisque depuis toute à l’heure j’en parle sans même dire ce à quoi il ressemble ! Notre gaillard ressemble à n’importe qui ! Il pourrait être votre frère, votre voisin ou même le cousin germain de la tante de la sœur de votre maîtresse d’école. Il a des yeux banalement noisette qui parfois tirent au vert. Sa chevelure brune (paraissant roux au soleil) peut-être ce qu’on peut remarquer le plus chez lui, avec des cheveux mi-longs qui ont la fâcheuse manie de repousser vite et de partir dans tous les sens. Ainsi Erwenn doit-il vivre avec la malédiction de ne jamais être correctement coiffé. Mais dans tout ce charmant petit tableau nous pouvons apercevoir du maquillage. Oui monsieur. On ne parle pas de rouge à lèvres et de fard à paupières, mais des traces vertes faites sur le nez et sur les joues avec une sorte de peinture verte (et comme pour les vêtements la couleur change en fonction du milieu). Ça fait très maquillage de guerre, certes, mais surtout pour le camouflage et par habitude. Autrefois son capitaine l’avait forcé à commencer à décorer son visage ainsi mais avec le sang de ses victimes.
CHAPITRE I : Allons visiter d’autres horizons !

La nuit était tombée depuis très longtemps déjà et les gardes commençaient déjà à fatiguer de leurs rondes. Une petite troupe d’ombres bougeait, se déplaçant silencieusement et se cachant derrière chaque bâtisse avant de rejoindre le port. Les personnes courraient comme si elles espéraient de ne pas se faire attraper par les forces de l’ordre, comme si elles faisaient une bêtise qui, comme prévu, n’étaient pas là pour surveiller les bateaux à cette heure-ci. Enfin, elles rejoignirent un capitaine qui sans même leur adresser la moindre salutation les ordonna de monter à bord. Lorsque ce fut fait, il leur emboîta le pas pour lever l’ancre. Toutes les lumières étaient éteintes, sans doute était-il risqué de naviguer par cette nuit noire mais ils ne pouvaient pas se permettre d’attirer l’attention des forces armées qui pouvaient surveiller les côtes. Tous avaient la poitrine serrée, priant les dieux pour qu’on ne vienne pas les poursuivre : quitter l’île pour fuir la misère pouvait être passible de prison voire même d’exécution surtout lorsqu’on servait de main d’œuvre gratuite aux plus riches. Le capitaine au bout d’un très long moment de silence se tourna vers eux :

« Ça va mieux ? »

La petite famille répondit « oui » d’un mouvement de la tête, ou du moins les parents, les enfants étant trop apeurés ou endormi pour répondre. Le marin ne leur adressa plus la parole, se contentant de naviguer à l’aveuglette. S’il savait tous ce que les Privel avaient laissé derrière eux, y compris les grands-parents qui n’avaient pas eu la force et le courage de les accompagner. Leurs maigres économies ? Ils y avaient tout passé dans ce voyage périlleux. Le marin de passage avait souhaité au départ une somme plus important mais s’était résilié à prendre une plus petite somme pour cette famille issu d’une classe ouvrière. Au final, ce qui était « peu » pour lui était « trop » pour eux mais le père espérait trouver une vie meilleure ailleurs ; il trouverait du travail il en était sûr. Au bout d’une demie heure lorsque les lumières des maisons de l’île disparaissaient à l’horizon, on alluma celle du navire. A ce moment-là un petit garçon vint voir le capitaine, intéressé par ses gestes.

« Bons… bonsoir petit bonhomme ? »

L’enfant lui adressa un grand sourire et un « coucou » des mains. L’homme fronça les sourcils :

« Il ne peut pas parler comme tout le monde ? se plaignit-il.
-Veuillez m’excuser, répondit la mère en venant le chercher. Il n’est pas capable de parler en effet, mais tout simplement parce que la nature le lui interdit. »

Il regarda l’enfant une nouvelle fois : il ne devait même pas avoir quatre-cinq ans. Déjà qu’il était né avec un handicap voilà qu’il était issu d’une famille pauvre. En quoique la chance n’était pas innée.

« Il n’est pas sourd au moins ?
-Dieux merci que non. Déjà que ne pas pouvoir l’entendre parler est abominable mais en plus s’il ne peut pas écouter… Ceci dit… monsieur sait bien faire la sourde oreille quand on lui donne des ordres. N’est-ce pas ? »

Elle le chatouilla et l’embrasse le front sous le regard quelque peu dégoûté du vieil homme. En effet, le râle étrange qui sortait de la gorge de l’enfant qui ne pouvait ni parler et encore moins rire correctement le laissait perplexe.

«Purée, on dirait un chien en train de crever.
-Pardon ?
-Non je disais que vous devriez vous asseoir et vous reposer. Le petit… euh…
-Erwenn.
-On s’en fout, doit être fatigué et le voyage risque d’être très long. »


La mère Privel le regarda silencieusement un instant et lui souhaita bonne nuit avant d’emmener son fils vers ses autres enfants. Le capitaine quant à lui, regarda le petit bout de chou lui sourire une dernière fois avant de reprendre son post et pour lui-même murmura :

« Lui plus tard va crever avant les autres. »




CHAPITRE II : "Chérie, j'ai kidnappé un gosse."

« ERWENN ! RAMENE TES FESSES OU LA PROCHAINE FOIS TU GRIMPERAS A UN MUR CE SERA A COUP DE PIEDS ! »

Le petit garçon de neuf ans ne se retourna pas : quand sa sœur lui hurlait des menaces il préférait largement continuer de sauter de toit en toit histoire de la provoquer. Il savait qu’un jour il tomberait et se ferait mal mais ce n’était pas pour autant qu’il arrêterait de jouer les acrobates, rien que pour faire courir et crier son ainée. Gaïd hurla une nouvelle fois :

« JE TE JURE ! JE TE CHOPPE, JE TE TRAINE JUSQU’A LA FONTAINE ET JE TE COIFFE ! DEVANT TOUT LE MONDE ! »

Il s’arrêta directement et descendit de son perchoir, se sentant soudainement trop menacé pour pouvoir s’amuser. Sa sœur âgée de douze ans arriva vers lui et lui donna une bonne claque qu’il pensa bien méritée. La petite dernière arriva enfin vers eux, essoufflée. Alors qu’il sentait qu’il allait se faire une nouvelle fois disputé, la petite Kya (qui se prononce « kaya ») montra sa chemise :

« Il a fait un trou, dit-elle.
-Mais c’est vrai en plus ! Erwenn ! Tu crois que papa et maman vont s’amuser à t’acheter encore une fois des vêtements ou les coudre ? Même ton frère qui va parfois aider aux chantiers ne fait pas autant de dégâts sur ses fringues ! »

Elle lui donna une petite tape derrière le crâne.

« Allez, on y va. »

Erwenn la suivit silencieusement comme à l’ordinaire. Il était vrai que les parents n’avaient pas l’argent de faire des dépenses inutiles, il en était conscient. Depuis qu’ils avaient quitté leur île, les membres de la famille Privel vivaient sous les ponts, faisant la quête s’ils ne trouvaient pas le moindre travail. Le petit garçon étant trop jeune, il allait avec ses deux sœurs présenter quelques numéros dans les rues dans l’espoir que quelques bonnes âmes charitables leur donneraient de quoi se nourrir. Ils vivaient dans le froid, résistaient à la maladie et se nourrissaient plutôt convenablement. Le plus grand regret des parents était de ne pas pouvoir offrir l’école à leurs progénitures mais en voyant des jeunes gosses de riches qui crachaient sur leur situation ils ne pouvaient que rester fiers de l’éducation qu’ils leur avaient donnée.

Enfin ils arrivèrent dans la grande rue principale et comme attendu il y avait des voyageurs qui venaient faire les touristes et des autochtones qui venaient faire leur promenade du jour ou même des petites emplettes. Les trois enfants s’installèrent près de la boulangerie comme à leur habitude. L’artisan tolérait leur présence et même leur donnait en fin de journée les restes du pain invendu et même quelques confiseries lorsque son cœur charitable lui permettait. Le muet se mit aussitôt à jouer ses mains sur un tambourin confectionné à partir de matériaux trouvés dans les déchets alors que ses sœurs elles chantaient et dansaient en même temps. Quelques personnes s’arrêtèrent, attendris, alors que d’autres passaient leur chemin en leur jetant un regard noir. Des pièces furent jetées en leur direction en même temps que des insultes jusqu’à ce que soudainement le cri d’un homme se fit entendre :

« Poussez-vous ! Partez ! Fuyez ! »

Les gens obéirent lorsqu’ils virent des hommes armés jusqu’aux dents. Ils poussaient ceux qui n’avaient pas eu la bonne idée de dégager leur passage. Les enfants restèrent cloitrés devant eux, tremblant. Des pirates. Ils avaient à faire avec des pirates. Celui qui semblait être le chef sourit :

« Oh que c’est gentil, de récolter des pièces pour nous. Que de gentillesse ! »

Il se pencha pour récupérer le petit drap rempli avant que Gaïd ne se jette dessus.

« Rends-nous ça ! C’est notre argent ! C’est pour nos parents, pas pour toi ! »

L’homme sourit à pleines dents tandis que ses hommes riaient. Erwenn pouvait sentir la panique de Kya, elle n’allait pas pouvoir courir chercher de l’aide. Mais que faisaient les forces de l’ordre ? Où était la Marine ? Personne ne pouvait donc les aider ? Il fallait qu’il aille chercher de l’aide mais qu’allaient-ils faire à sa sœur si elle continuait à résister ? Le sifflement d’une claque fendit l’air sous le regard choqué de l’aphone. On avait osé gifler sa sœur avec une brutalité sans nom. Celle-ci se laissa même tomber à terre, se tenant la joue qui commençait à gonfler et les larmes en yeux. En colère, il se jeta sur le hors-la-loi pour le frapper de toutes ses forces. Mais tous ses coups faisaient rire ce dernier.

« C’est trop mignon. Regardez comment un petit bout de chou ose essayer de vous faire du mal, ria un pirate.
-Allez, dégage morveux ! »

L’homme repoussa Erwenn qui revint à la charge, les yeux larmoyants. Il le repoussa de nouveau mais avec une gifle avant que le muet n’attaque derechef. Il rit :

« Mais c’est qu’il persiste en plus ! Allez, on va voir si tu veux rire encore. »

Il donna un coup de poing violent dans le ventre d’Erwenn, lui coupant le souffle. Il se laissa tomber sur les pavés, n’arrivant plus à respirer. On l’attrapa par les cheveux un court instant pour le traîner sur quelques mètres.

« Allez, je crois qu’on va l’emmener, il est marrant. »

Aussitôt dit, un géant l’attrapa par le col, le souleva et le mit sur ses épaules. Le petit mendiant se débattit du mieux qu’il pouvait, oubliant sa douleur pour donner des coups de pieds à son assaillant. Il vit la silhouette de ses sœurs s’éloigner en pleurant et les passants le regarder avec un air de pitié. S’ils avaient réellement pitié, pourquoi ne pas venir l’aider ? Il aurait bien voulu crier à l’aide mais ses cordes vocales défectueuses l’en empêchaient. Voyant que personne ne venait à son secours il se rendit à l’évidence : il allait devoir devenir le jouet de ces monstres.




CHAPITRE III : Elève et prisonnier.

Le mélange d’odeur de sang, de feu et de mer répugnait le jeune homme. Assis sur le mat du bateau il regardait les pirates qui l’avaient soi-disant « sorti de la misère » tuer leurs dernières victimes. Il laissa échapper un « tsshh » de dégoût, se demandant si un jour ces gars-là seront tué un jour ou l’autre à leur tour. Normalement oui, des ordures pareilles ne devaient pas faire long feu ou du moins il l’espérait. Il laissa échapper un soupire en jouant avec ses armes. Il ne pouvait pas fuir malheureusement le Capitaine qui le considérait comme son fils. Combien de fois avait-il tenté avant d’être rattrapé et battu ? Il ne voulait plus passer son temps à rester là dans une cave froide à prier des Dieux aussi sourds que lui n’était muet pour qu’un jour il puisse recouvrer la liberté et sa famille par la même occasion. Si au début il n’avait servi que d’aide aux tâches ménagères on lui avait appris rapidement l’art du combat dans l’espoir de faire de lui un véritable bandit mais jamais jusque-là il ne s’était sali les mains, laissant ainsi ses brutes faire écouler le sang et voler ces pauvres innocents. Les seuls qu’il avait du mal à plaindre étaient les riches et généralement on les laissait en vie, démunis de tous leurs biens pour qu’ils souffrent.

« Erwenn ! Viens ici mon petit ! »

L’adolescent de quatorze ans baissa le nez pour voir que son « père » l’appelait. Il tira la grimace avant d’obéir. Qu’allait-on encore lui demander ? D’aller récupérer les bijoux sur les cadavres ? Ou de prévenir Adlyne qu’il fallait préparer le repas car le carnage avait ouvert l’appétit des hommes. Il laissa échapper un soupire en s’attendant aussi à ce qu’il aille cueillir des fleurs lorsque…

« Vas-y, tue-les. »

Il s’arrêta net en voyant les deux marines qui le regardaient avec un air de pitié. Il ne savait pas quoi faire à ce moment : essayer de sauver ces gars contre des brutes qui auront le dessus et les laisser se faire torturer par eux sous ses yeux pour se venger ou alors les exécuter ? C’était un gros dilemme. Il ne pouvait pas retirer la vie à quelqu’un comme ça, il n’était pas un monstre, il n’était pas un pirate. Il fallait qu’il trouve une solution et vite. On le poussa un peu en avant.

« Allez, bute-les. »

Erwenn déglutit. Il n’avait pas envie de devenir comme ceux qui l’avaient kidnappé. On lui retira son couteau pour mettre dans sa main une épée et il sentit comme une caresse sur son cuir chevelu.

« Tu te dépêche ou je te jure que les deux seront handicapés à vie et souffriront jusqu’à la fin du restant de leurs jours avec pour souvenir un pauvre garçon qui n’a pas voulu les achever. »

Le muet déglutit et du se rendre à l’évidence : il devait tuer. Il laissa échapper un grand soupire et à contrecœur enfonça la lame dans le crâne du premier ce qui fit crier le second.

« Oh-oh mon garçon ! Tu n’y vas pas de main morte ! Allez, le deuxième, on attend on attend… »

Pleurant de regret et à chaudes larmes Erwenn donna le même sort au dernier survivant avant de laisser tomber l’épée. Il s’essuya le visage, espérant cacher son malheur auprès des autres mais il savait que ceux-ci jouissaient d’un tel moment. Il sentit quelques mains se poser sur lui avec quelques rires et commentaires sur la façon dont il avait tué les deux marines avant que quelqu’un ne lui lève le menton.

« Allez Wewenn, ce sont juste des gens, tu en tueras pleins à l’avenir.
-Oh regardez ce que quelqu’un a fait tomber, un portrait. Jackpot ! Il a tué un père de famille ! Tu as vraiment fait fort mon garçon. »

L’adolescent se mit à pleurer de plus belle, demandant silencieusement pardon aux deux morts avant que le Capitaine ne se baisse vers les macchabées pour tremper ses doigts dans le sang et dessiner des traits sur le visage de son élève. Tout souriant, il lui dit :

« Bienvenue dans la famille des pirates mon enfant. A présent, tu es un tueur. »



CHAPITRE IV : Fuyons tant qu’on peut.

« Bâtard, reviens ici… »

Erwenn se retourna une dernière fois, admirant le tableau qui se peignait devant lui : le bateau sur lequel il avait grandi coulait, emportant avec lui des pirates blessés au côté d’un navire Marine. Les quelques survivants civils avaient fait comme lui ; ils avaient plongé pour essayer de rejoindre la rive la plus proche. Il déglutit, se demandant s’il n’aurait pas dû au final aider ces hommes qui l’avaient élevé mais il ne pouvait pas non plus risquer une nouvelle punition, tout était de sa faute après tout puisqu’il avait averti l’ennemi de leur éventuelle attaque la veille. Il se mordit la lèvre inférieure : c’était le moment ou jamais de pouvoir avoir une vie normale. Il en avait marre de commettre des méfaits en faisant couler le sang de partout. Il en avait marre d’être un criminel, un véritable tueur. Tout ce qu’il souhaitait c’était de vivre une vie correcte de jeune homme de dix-huit ans. Il allait trouver un travail pour tenter de retourner chez lui et retrouver sa famille.

« ERWENN ! AU PIED ! »

S’il avait pu répondre, le muet ne l’aurait pas fait pour la simple et bonne raison qu’il ne savait même pas comment réagir. Il se mordit jusqu’au sang la lèvre inférieure et se mit aussitôt à nager jusqu’à la rive, abandonnant ainsi le reste de l’équipage.

« UN JOUR ON TE RETROUVERA ET TU LE PAIERAS CHER! »

Des détonations se firent entendre. Il ne retourna pas. Il savait que les marines achevaient les derniers survivants.




CHAPITRE V : Impossible d’une vie saine.

Cela faisait quelques temps qu’il avait réussi à trouver un maître d’apprentissage, un médecin qui l’avait pris sous ses ailes. Bien qu’il connût le passé d’Erwenn il l’avait accepté pour lui offrir la chance d’avoir une nouvelle vie. Le muet était quelque peu heureux avec lui, les seules qui le tracassaient étant la culpabilité d’avoir fait souffrir du monde mais également d’avoir trahi. Certes ils avaient été des ordures mais il ne pouvait pas pour autant laisser de telles abominations parcourir les mers. S’il était un élève plutôt discipliné il avait appris également avec la fille de son maître comment apprivoiser des volatiles sans que son handicap ne l’embête. On l’appréciait plutôt bien dans le village et souvent même on lui demandait quelques petits services. Ceci dit sa famille lui manquait et l’aventure aussi mais il avait l’impression que tôt ou tard on allait venir à sa rencontre.

« Hey, fais attention à ce que tu mélange mon enfant. »

Erwenn grimaça à ce surnom qu’il n’affectionnait plus à cause du Capitaine avant de retirer avec une pince les quelques herbes qu’il avait ajouté en trop dans la bouillie, un remède efficace contre les maux de tête. Le parfum délicieux qu’il en dégageait n’était que tromperie vue que le goût de cet infâme médicament était comparable à celui d’un fruit pourri. Même lui regrettait le temps où il fut malade. Alors qu’il s’apprêtait à ajouter quelques gouttes de sirop une femme entra, énervée.

« Je n’y crois, tu sais ce qui se passe en ville ?  demanda-t-elle à un époux aussi perdu que son élève.
-Non mais je sais que tu vas me le dire.
-Des gars arrivent, rackettent des gens mais, attention, il ne faut pas les toucher, ni même se rebeller ! De bons vieux copains du sergent Garcia ! Apparemment, y’a qui graissent les pattes des autres ici ! »

La vieille femme rentra dans sa cuisine, énervée. Elle se mit à mijoter on-ne-sait-quoi mais Erwenn était plus prêt à manger les mets de Madame Honnig que les remèdes de son mari.

« Il leur graisse les pattes…. J’en connais une qui va graisser les pâtes avec du beurre moi. » plaisanta ce dernier.

Le muet ria silencieusement à la blague avant de se lever et de faire signe qu’il était désolé. Il quitta ensuite la maison, un corbeau se posant sur son épaule. Il laissa échapper un soupire : Raithnait n’arrêtait pas de le suivre depuis qu’il l’a vue sortir de son œuf et la suspectait de la prendre pour sa mère. Elle était malheureusement collante, voire un peu trop mais il appréciait sa compagnie autant que celles des villageois. Il avait besoin de voir ce qui se tramait en ville : voilà à présent que les soldats de la Marine s’amusaient à faire copain-copains avec des bandits ? Non, Madame Honnig avait eu tords. Il rejoignit enfin la ville au bout d’une heure de marche et il ne fallut pas longtemps pour trouver les dits pirates. Il se cacha immédiatement derrière un mur, le cœur bondissant de peur. Il les connaissait, il les avait déjà vu ces gars-là sur une île remplie de hors-la-loi. Il ne fallait pas qu’ils le voient sinon ils allaient passer de mauvaises retrouvailles. La seule question qui l’embêtait était : mais comment faire pour les faire déguerpir d’ici ? La meilleure idée aurait été de les menacer avec la Marine mais si la femme de son maître avait raison alors ceux-ci devaient faire la fête avec ce qui devrait être derrière des barreaux depuis longtemps. Il baissa la tête et décida de rejoindre sa maison. Il ne pouvait rien faire contre cette injustice.

Marchant tristement, il se demandait pourquoi les marines ne faisaient pas grand-chose, pourquoi parfois ils persécutaient les habitants… mais aussi qu’est-ce qui a mené les plus mauvais à rejoindre les forces de l’ordre puisqu’ils étaient de mauvais modèles pour la population. Quant aux pirates, pourquoi faisaient-ils ça ? Autant les révolutionnaires il pouvait les comprendre, mais les pirates ? Pourquoi volaient-ils et pillaient-ils ? Il soupira de nouveau jusqu’à passer à côté du village voisin au sien. Une idée germa dans sa tête : n’y avait-il pas des chasseurs de primes ? Il n’avait qu’à leur demander de l’aide ! Et même pas pourquoi pas vendre ses informations pour pouvoir donner l’argent à la fille de son maître pour qu’elle puisse s’acheter une grande volière pour ses oiseaux ? Il accourut jusqu’à la taverne, le lieu favori des voyageurs, essoufflé.

« Oh Erwenn, quelle surprise, déclara l’employée. Que viens-tu f… ? »

Elle n’eut pas le temps de finir sa question que le muet effaça le tableau, prit la craie et écrivit en la faisant bien crisser « Qui est chasseur de primes ? ». Des regards se levèrent en sa direction et une femme l’appela :

« Nous le sommes gamin. Nous le sommes. »

Le muet sourit, tout content. Une bande de chasseurs de primes, enfin, il les avait trouvés ! Il écrivit de nouveau « Y’a des pirates en ville, j’ai des informations si vous les souhaitez attraper plus facilement. » ce qui fit sourire la capitaine.

« Très bien mais ce n’est pas un piège j’espère ? »

Erwenn répondit « non » de la tête avant qu’un autre client ne rassure les inconnus :

« Ne vous inquiétez pas, le petit Erwenn est quelqu’un d’honnête et il déteste autant la piraterie que nous tous.
-Très bien, très bien… Et donc, quel est ton prix pour ces informations ? »



CHAPITRE VI : Un chasseur de primes.

Enfin on acclamait les héros du jour, ceux qui avaient arrêté les pirates. On les applaudissait, leur lançait des fleurs tandis que les soldats de la Marine, quant à eux, recevaient les pires insultes du monde. Même la fille du maître d’Erwenn ne devait pas connaître autant de noms d’oiseaux tant les autochtones étaient malpolis. Alors que cette victoire se fêtait à la taverne, la capitaine attrapa l’invité du jour pour le serrer contre elle :

« Maintenant remercions notre ami Wewenn pour ces informations intéressantes et pour son intégration dans l’équipage ! Bienvenue chez les chasseurs de primes gamin ! »

Elle lui donna un grand coup dans le dos, ce qui manqua de lui faire recracher son verre de jus de pomme. Il s’était proposé pour aider à les combattre, s’était battu à leur côté… Il leur avait été d’une aide apparemment précieuse et pourtant il avait l’impression d’avoir servi à rien mais chez lui s’était animée une sorte d’étincelle, il voulait retourner à l’aventure. A présent, une soif de justice l’animait. Il ne pouvait pas rester ici à ne rien faire, il s’était décidé à devenir chasseur de primes. L’argent qu’on lui avait donné avait fait plaisir à son amie mais la nouvelle de son départ avait plutôt attristé la famille Honnig.

« Alors mon chou ? Quelque chose ne va pas ? Il faut sourire sinon on va croire que tu es dépressif ! »

Erwenn afficha un sourire timide. Il s’en voulait en soi d’abandonner une nouvelle « famille » mais il n’en avait pas le choix, il allait devoir chasser le pirate avec un costume que Madame Honnig lui avait cousu -il fallait juste qu’il fasse quelques modifications ceci-dit-  et avec les armes qu’il avait pu s’acheter avec la part du butin. Raithnait quant à elle semblait prête à le suivre malgré les aventures qu’ils allaient vivre. Il écrivit sur son calepin : « Mais y-a-t-il des gens pour chasser les mauvais Marines ? » avant d’y montrer à son capitaine. Surprise, cette dernière se mit aussitôt à rire.

« Bien sûr, faut juste qu’on démontre à leurs semblables qu’ils sont trop mauvais pour rester dans la Marine ou les vendre à leurs supérieurs, ria-t-elle. Mais ce serait marrant le concept de chasser les soldats. T’imagine ? Ce serait pire si on traquait les membres du gouvernement. »

Elle se mit à rire à nouveau. Oui, ce serait marrant.
Et pourquoi ne pas le faire ?
Erwenn sourit. S’il n’y avait pas de justice dans ce monde, il la ferait.


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Comment as-tu rejoins le Forum ? Vieille membre. Je voudrai également m'excuser de mon départ. En effet, j'ai eu quelques soucis IRL, je n'ai pas tenu le coup. Je ne dis pas la suite, chacun a le droit à sa part de mystère. ;) Par contre, je n'ai pas compris pourquoi à un moment le forum a bloqué O__O Y'a des explications à me donner :P
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Dernière édition par Erwenn Privel le Jeu 13 Oct - 6:46, édité 1 fois
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Erwenn Privel
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MessageSujet: Re: La Justice est tellement belle que je reste bouche bée lorsque je la vois.   Mer 12 Oct - 22:56

Je up pour prévenir que j'ai terminé ma fiche! :P
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Jigoku D. Shirotsune
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MessageSujet: Re: La Justice est tellement belle que je reste bouche bée lorsque je la vois.   Lun 17 Oct - 9:59

Bienvenue sur OPL

○ Orthographe : 140/150
○ Longueur : 150/150
○ Originalité : 290/300
○ Total : 580/600

○ Réputation : Niveau 4
○ Berrys : 3 000 000 de Berrys

○ Commentaires : J'ai toujours trouvé le personnage d'Erwenn très intéressant et ça n'a pas changé ! Faut en vouloir pour jouer un muet, ce qui est difficile sur un Forum RP, mais le sujet semble maîtrisé et c'est toujours un plaisir de lire de telle présentation. Quelques oublis de mots, trop rare pour être trop sanctionné. En tous cas, excellente présentation, personnage original et le tout, très bien écrit, bravo !

Tu commences ton aventure avec 670 de Puissance (580 Note Présentation + 50 Bonus Pirate + 40 Bonus Autre (Sans FDD)), Niveau 4 de réputation et 3 000 000 de Berrys.
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MessageSujet: Re: La Justice est tellement belle que je reste bouche bée lorsque je la vois.   

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La Justice est tellement belle que je reste bouche bée lorsque je la vois.

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