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 'Le don de guérir' [pv Den Kuruzi]

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Klaus Hawks
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MessageSujet: 'Le don de guérir' [pv Den Kuruzi]   Dim 4 Sep - 1:51

Le don de guérir




Malabitus, c'est le nom qu'affiche une vieille pancarte bancale, à moitié engloutie par la neige. Plissant les yeux, Klaus n'hésita pas un moment et franchit les grands portails en bois qui entouraient le village. La neige tombait à foison, armée d'un vent violent : rester sous cette poudreuse glacée relevait du suicide et ce n'était pas franchement dans ses projets de mourir aussi vite. Avançant difficilement, le sabreur mit un certain temps avant de se rendre compte que le village semblait désert. Balayant de ses iris rouges les habitations en piteux état, Klaus finit par se diriger vers une auberge qui affichait une douce lumière mourante.

La porte s'ouvrit avec un grincement aigu. L'intérieur était éclairé par une seule lampe à huile pendouillant au plafond, conférant une atmosphère tamisée. Les murs étaient gris et la décoration assez pauvre mais au moins, on y était à l'abri du vent mordant et du fouet neigeux. Le jeune homme poussa un soupir de soulagement, tout en enlevant la poudre blanche qui s'était accumulée sur son manteau noir. Il s'adressa à l'aubergiste, un vieil homme rondouillard dont les lunettes étaient aussi toutes aussi rondes. Il devait avoir au moins soixante ans vu son visage fatigué, creusé par les rides et sa majestueuse moustache blanche donc les poils ressemblaient à de la paille.

« Ça fera 70 000 berries pour la nuit. »

Klaus tourna lentement son regard vers le vieillard, gardant toujours un visage impassible et blasé.

«  Ça ira si je te paye la prochaine fois que je repasse ? »


«  Désolé jeune homme, ce sont les tarifs... Soit tu dors dehors, soit tu paies » insista le vieux bonhomme avec un sourire fatigué, sans se sentir le moindre du monde menacé par le sabre à la ceinture du jeune homme en manteau noir.

«  Te fous pas de moi vieux croulant, si je m'endors dans ce décor tout blanc je risque pas de confondre le paysage avec le paradis à mon réveil » répliqua Klaus avec une moue ennuyée, tout en s'accoudant au bar.


A ce moment précis un jeune garçon déboula du couloir derrière le comptoir, où se situaient visiblement les chambres contenant un lit bien douillet dont Klaus rêverait bien. C’était un petit brun avec des yeux turquoises, ayant presque –ou peut-être même plus- l’air blasé que Klaus. Il tenait consciencieusement un bol avec une serviette imbibée et se dirigea vers le salon de l’auberge où étaient rassemblées quelques personnes. Le sabreur, harassé par la fatigue, n’avait même pas aperçu ces derniers, bien cachés derrière le dos du canapé. Un homme était allongé et se tenait le front, tandis que sa femme semblait lui murmurer des mots d’encouragements. La fille jouait avec sa poupée sans se soucier du monde qui l’entourait. Ils semblaient tous très pâles, surtout l’homme dont la maigreur faisait peine à voir. Le seul qui semblait savoir ce qu'il faisait était ce drôle de gamin aux yeux turquoises. Soulageant l'homme avec une serviette fraîche, il se mit ensuite à trifouiller quelque chose dans son coin.

Tout en se retournant pour faire face au vieil extorqueur, Klaus balança son pouce par-dessus  son épaule, désignant le drôle de petit groupe dans le salon derrière lui.

«  Et ceux-là tu vas me dire qu’ils ont les moyens de se payer une nuit ici ? »

« Voyons jeune homme, tu ferais payer ta propre famille dans ton auberge ? »

« Peut-être bien. » répondit Klaus avec un sourire narquois et un haussement d’épaules. Cela ne se voyait pas mais il commençait à perdre patience. Heureusement, le gérant était bavard, retardant « le-mode-sadique-qui-obtient-ce-qu’il-veut-même-s’il-doit-passer-par-la-case-souffrance-d’autrui»  du sabreur.

« Le petit jeune que tu vois là est médecin. Je lui offre le séjour autant qu’il souhaite, tant qu’il arrive à soigner mon neveu. Je pense que tu as dû remarquer l’allure fantomatique qu’a notre ville... Nous sommes touchés par une épidémie qui est tous en train de nous décimer petit à petit. »

Le vieil homme ne termina pas sa phrase et écarquilla les yeux avec horreur. Klaus se retourna  pour voir ce qui mettait l’aubergiste dans un tel état et ne put que constater que la petite fille semblait s’étouffer avec quelque chose. Elle se tenait le cou, toussotant et suffocant. Tout se alla ensuite très vite : l’aubergiste cria de ne pas s’approcher mais la fillette s’était déjà jetée sur sa mère, et tenta de la morde violemment au poignet. Devant ce spectacle brusque et inquiétant, Klaus mit instinctivement la main à son sabre, prêt à foncer vers la gamine qui semblait avoir perdu l'esprit.


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Dernière édition par Klaus Hawks le Dim 4 Sep - 17:39, édité 2 fois
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Den Kuruzi
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MessageSujet: Re: 'Le don de guérir' [pv Den Kuruzi]   Dim 4 Sep - 16:56


Le don de guérir



L'horloge sonna dix heures du soir. Den porta brièvement son regard sur les aiguilles qui avançaient avant de retourner à ses occupations. Il ferma le robinet et prit soin de bien laisser tremper la serviette dans la bassine d'eau. Il se rendit dès lors au petit salon de l'auberge afin de retourner auprès de son patient. Ne faisant pas attention aux affaires du gérant avec son nouveau potentiel client, le petit brun vint poser la serviette sur le front de l'homme souffrant, allongé dans l'un des canapés. Laissant la femme de ce dernier s'occuper de ce détail, il ouvrit le sac qu'il avait laissé sur le côté, contenant tout son matériel médical. Sans compter les violents maux de têtes et la sudation excessive, son pouls semblait s’accélérer au fil du temps. Il lui fallait vérifier ça pour confirmer ses pensées.

Sa première escale se faisait donc sur une île ravagée par une épidémie. Il avait quitté son royaume natal puisque rien ne l'y retenait, sans compter que ce qui se passait de l'autre côté des mers attisait sa curiosité. Enfin, s'il avait su qu'il rencontrerait autant de malades dans une même ville... De plus, il ne s'habituait pas vraiment au froid de cet endroit, la neige étant une première découverte pour lui. Heureusement, il n'eut pas besoin de rester longtemps dehors, puisque la famille de l'aubergiste requérait son talent curatif. Tout d'abord réticent à l'idée d'aider des inconnus, il du finalement accepter puisqu'il n'avait clairement pas les moyens de se payer le luxe de ne pas dormir dehors. Enfin, une maladie dont personne ne connaissait le remède relevait du défi. Ce détail à part, autre chose l'avait interpellé.  

Quelque part, loin dans ses souvenirs, Den était sûr d'avoir déjà entendu parler de ces symptômes. De les avoir lus, du moins. Lorsqu'il vit pour la première fois cet homme faible et malade, quelque chose dans sa tête tiqua. Ce n'était pas une maladie ordinaire, loin de là. Mais pour l'instant, impossible de mettre le doigt dessus. Alors qu'il sortait une petite montre de son sac, des cris résonnèrent dans la pièce. Le garçon tourna vivement la tête vers la petite fille qui était restée tranquille jusqu'ici. Celle-ci se jetait sur sa mère, s'apprêtant à planter ses dents dans sa 'propre' chair. Horreur. Traiter un patient dans un état de folie et de violence... Précisément la dernière chose que Den aurait du apprendre dans sa ville natale. Mais si jamais ça t’intéresse de voir comment on traite ces cas-là... Ce foutu souvenir choisissait bien son moment pour resurgir. Enfin, il allait devoir agir de son propre chef, et depuis ses connaissances.

Den plongea ses mains dans ses affaires non-rangées pour en sortir une seringue. Vide. Qu'il devait donc remplir de tranquillisant. Ce qui ne lui prendrait pas plus de trois secondes, mais ce temps était suffisant pour risquer plus de dégâts... Instinctivement, alors qu'il s'arrangeait pour sortir le médicament et tenir la seringue d'une seule main, il tendit l'autre vers la gamine et sa mère. Ses doigts se refermèrent soudainement pour laisser une barrière apparaître devant le visage de la nouvelle contaminée. Difficile de mordre quoique ce soit dans ces conditions. Ouf, il ne s'était pas planté... Heureusement qu'une barrière avait suffit, il n'aurait pas été en mesure de bien les contrôler s'il avait eu à faire plus. Ne se souciant guère de la douleur qu'aurait pu rencontrer la fillette avec cette technique, il relâcha ses doigts -provocant la disparition de l'obstacle- et injecta sans attendre une seconde de plus le sédatif.

L'instant d'après, elle sembla se calmer, sa conscience s'en allant progressivement. Espérant que la puissance du médicament soit suffisante pour qu'elle garde cet état encore longtemps, Den poussa un soupir de soulagement, la laissant reposer au sol. Il ignora la terreur de la pauvre femme qui devait faire face à l’épidémie à travers son mari et son enfant -sans parler du phénomène anormal qui venait de se passer- pour se replonger dans ses pensées. La morsure qu'il venait d'empêcher aurait tout de même pu lui servir. D'après ce qu'il savait pour le moment, ce mal n'était pas transmissible par le contact mais rien n'était sûr. Sa première hypothèse reposait sur l'inhalation de quelque chose. Cependant, lui-même était présent depuis déjà un bon moment, et la petite fille respirait le même oxygène que sa mère... Donc ce devait être autre chose. Pour commencer, il lui fallait discerner ce qui le différenciait des victimes, ce qui engageait nécessairement l'emploi de personnes contaminées et non contaminées.

Pensant premièrement à l'aubergiste qui devait être celui qui avait le moins côtoyé de près la maladie, il remarqua le sabreur aux yeux rouges sang juste devant l'homme. Des yeux plutôt vifs. Il était définitivement celui à la meilleure santé de toute la ville. Mmh par quoi commencer, une prise de sang ? Une auscultation ou une percussion ? Ahem. Ne sachant absolument pas comment engager une conversation qui n'allait sûrement pas être des plus plaisantes, Den resta les yeux rivés sur son potentiel co... assistant.


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Klaus Hawks
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MessageSujet: Re: 'Le don de guérir' [pv Den Kuruzi]   Dim 2 Oct - 0:41

Le don de guérir




Klaus n’eut pas à intervenir. Le pouce maintenant la garde de la lame à demi-sortie de son fourreau se détendit, laissant le sabre glisser naturellement à l’intérieur. La petite fille semblait sonnée, probablement assommée par la piqûre que lui avait administré le « petit Doc’ ».Tout était redevenu calme, sauf la respiration essoufflée des adultes dont la mère et le vieil homme derrière son comptoir qui se précipita aux côtés de la gamine pour la déposer sur le canapé. Ils semblaient désespérés, surtout la mère dont la terreur se lisait encore sur le visage. Maintenant que Klaus lui prêta attention, il remarqua un gros bandage autour de son cou. Ce n’était certainement pas la première fois que cette pauvre femme essuyait une attaque de ce genre. L’atmosphère fataliste devant un pareil événement aiguilla Klaus sur la prétendue épidémie qui sévissait :

« Eh le vieux… Ne me dis pas que cette maladie dont vous parlez c’est… ça ? » demanda-t-il tout en levant le doigt vers la fillette endormie.


Le vieil aubergiste ne répondit pas, se contentant de baisser les yeux l’air abattu. Le regard pourpre du rapace tournoya dans le salon et sembla interroger les personnes présentes. Inutile de vous dire que Klaus n’avait aucune envie de s’attarder dans les environs après cet incident. Leurs regards en disaient assez longs : ils ne savaient pas comment guérir cette maladie. Bien que la perspective d’être infecté par un virus aussi violent lui déplaise, il ne pouvait pas vraiment repartir sans avoir fait quelques provisions et s’être promptement reposé. Il avait encore une trentaine de kilomètres à faire avant de pouvoir atteindre son lieu de rendez-vous, et le blizzard à affronter dehors était quasiment mortel. Il devait au moins attendre que le vent se calme puis il partirait pour s’arrêter plus loin dans un village plus accueillant. Oui, c’était un bon plan.

Pendant que l’aubergiste murmurait quelques mots d’encouragement à la mère qui semblait au bord du gouffre, Klaus déporta son attention sur le jeune garçon qui semblait tout aussi indifférent que lui à cette situation. Il devait avoir dans les treize-quatorze ans, des cheveux d’un brun assez foncé, les yeux turquoise auxquels se mêlaient une teinte de bleu froid stoïque et une pincée de profonde réflexion. Le sang-froid avait lequel il avait procédé à l’intervention sur la petite contaminée était assez exceptionnel, Klaus se devait de l’avouer. Plus important, ce dernier semblait être détenteur d’un fruit du démon étant donnée l’étrange barrière bleue qu’il avait invoqué pour protéger la mère. Que faisait un pareil gamin paumé ici ? Par ailleurs ce dernier fixait également le sabreur comme s’il brûlait de lui demander quelque chose. Sa bouche resta close et Klaus feignit de ne pas remarquer,  reportant son attention sur un bruit soudain mais peu naturel.  

Une ombre se dessina devant la porte, à quatre pattes et aux oreilles pointues. Cette allure canine et les grognements sourds ne laissèrent peu de doutes quant aux nouveaux arrivants. Les chiens semblaient avoir été attirés par le bruit et grattaient la porte en jappant curieusement. Klaus se dirigea vers la fenêtre pour ouvrir les stores avec ses doigts. Il y avait six chiens en tout, des dobermans noirs, dont quatre se tenaient assez éloignés tout en observant les alentours déserts. Il remarqua que la bave coulait en abondance sur leurs babines.

«  Oh non… Encore ces maudites bestioles.. ! Ces satanés chiens porteurs de maladie sont finalement revenus au village ! » s’exclama le vieil aubergiste en se levant et en décrochant le fusil accroché au mur. « Il faut mieux que vous montiez à l’étage… La dernière fois ils ont réussi à entrer en s’acharnant sur les fenêtres et les portes. »

«  Les humains et aussi les animaux ? Merde, on peut vraiment pas être tranquille par ici. » se plaignit Klaus d'une voix monotone.


Voyant que la femme était trop faible pour porter son mari à l’étage, l’aubergiste demanda à Klaus de l’aider à « survivre » cette nuit. Bien entendu, ce marchandage ne fut pas tenu sans la condition que Klaus n’ait pas à payer le prix exorbitant de l’auberge pour séjourner.

«  Entendu. Je baisse le tout de 50% .»


«  Vieil homme, t’es décidément têtu. » soupira Klaus en portant le malade, tout en espérant secrètement que la maladie ne soit pas contagieuse. Il vit l’énigmatique jeune garçon porter la petite fille et dire à la mère de le suivre pour monter à l’étage. Après avoir déposé le malade sur le lit, le sabreur laissa la famille entre les bonnes mains du jeune garçon. Il semblait de toute évidence très responsable.

Tout en redescendant les escaliers pour rejoindre l’aubergiste, Klaus pressentait que le pire pouvait  arriver. Son instinct l’avait mis en alerte : les chiens s’étaient mis à grogner plus fort, ayant sûrement remarqué des ombres danser à l’intérieur de l’auberge. Ils griffaient et sautaient sur la porte, la faisant trembler violemment. Ce n’était plus qu’une question de temps avant que le verrou cède et l’intérieur de l’auberge était bien trop étroit pour se défendre convenablement. Il fallait donc mettre le pied dehors et se jeter pour ainsi dire dans la gueule du loup. Le sabreur était confiant : ce n’était pas quelques chiens enragés qui aurait raison de son sabre meurtrier.

Pendant que l’aubergiste se mit vainement en joue devant une porte qui allait céder, Klaus choisit de sortir par la fenêtre… Tout en grâce et beauté d’ailleurs.

*SCHLING*

Le bruit du verre cristallin qui s’abattait en pluie brillante sur le sol fit bondir les chiens en reculant mais en voyant une silhouette humaine se dresser devant elle l’instinct prit le dessus. Deux chiens, les plus impatients, aboyèrent tout en courant vers le sabreur, la gueule ouverte et la mâchoire prête à broyer les os. Klaus n’eut aucun mal à prédire la direction de l’animal et le trancha au niveau du thorax. Le suivant se prit un coup impitoyable au niveau du crâne et s’écroula sur le sol.


L’odeur métallique du sang et malodorante du chien se mélangèrent, ce qui dégoûta Klaus malgré sa mine impassible. Il se vit entourer par les quatre autres chiens qui semblaient guetter une ouverture. La neige tombait rapidement et le froid était tout aussi mordant que les clébards. Cela ne dura qu’un bref instant avant qu’ils ne se jettent tous en même temps sur lui. Il parvient à esquiver, laissant le chien glisser et déraper sur le sol pour revenir à la charge. Trois pas en arrière ne suffirent pas à réduire la distance avec les affreux diables noirs. Le tranchant brillant de la lame fit alors un cercle lumineux fugace autour de Klaus : une pluie de sang éclaboussa la place devant l’auberge et les corps des chiens tombèrent comme des pierres. Le Ryuuketsu n’avait fait qu’une bouchée de ces molosses au pelage sombre… Du moins c’est ce qu’il avait cru. Il sentit un poids s’abattre soudainement sur son épaule gauche et percer sa chair, suivi d’un coup de feu qui vrilla son tympan.

En se retournant, il vit l’aubergiste en joue devant la fenêtre, le fusil encore fumant. A ses pieds, un septième chien baignait dans son sang, la cervelle trouée d’une balle.

« Je suppose que je t’en dois une, le vieux. » déclara Klaus en donnant un geste vif dans l’air pour défaire sa lame du sang canin. « Je me suis relâché un peu trop tôt. »


« Il vous a mordu ? » demanda l’aubergiste, l’air concerné pour le sabreur.

Klaus jeta un regard sur son épaule brûlante à cause de la chair saignante à l’air libre : toutefois, il n’y prêta pas grande importance et se contenta de répondre qu’il n’en savait rien. C’était loin d’être une blessure mortelle et il avait déjà connu bien pire. Les moult cicatrices, preuve de son intrépidité –ou imprudence c’est selon-  assez nombreuses sur son torse, pouvaient en témoigner. L’inquiétude du vieux redoubla devant la nonchalance du jeune sabreur, qui ne se doutait même pas que le sang coulait en abondance le long de son dos.

« Asseyez-vous dans le salon, je vais appeler le docteur Den pour vous examiner. »

« Docteur Den ? »


Qui c’était ce lascar ?

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Den Kuruzi
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MessageSujet: Re: 'Le don de guérir' [pv Den Kuruzi]   Sam 22 Oct - 23:04


Le don de guérir



Une fois n'est pas coutume, Den sursauta à cause d'un bruit étrange. Grâce au lampadaire en face de l'auberge, l'ombre d'un animal se dessinait facilement sur le sol de l'entrée. Evidemment, un malheur n'arrivait jamais seul, aussi celui-ci vint au nombre de six. Leur férocité se traduisait par un acharnement sans pitié sur le bois de la porte accompagné de grognements désagréables. Des chiens vivant à l'état sauvage de toute évidence. Ils étaient vraisemblablement la cause de l'épidémie dans ce village. Le danger étant imminent, tout le monde s'activa à emmener les plus vulnérables à l'étage, loin des bêtes sanguinaires. Le nouvel arrivant s'occupa d'appuyer le malade tout en négociant, tandis que Den s'occupa de porter la nouvelle petite victime. Il se retrouva cependant seul avec ses patients l'instant d'après, un combat semblant s'engager en bas.

L'enfant dirigea son regard vers la petite fille. Comment avait-elle pu être infectée sans qu'il s'en aperçoive ? Les chiens détenaient la clé du mystère. Même si le domaine animalier ne lui était pas familier, quelques notions l'aidaient suffisamment à se faire une idée de la chose. Les éléments vinrent soudainement s'emboîter les uns dans les autres. La maladie s'était propagée depuis les chiens vers les hommes. Une augmentation soudaine de la pression artérielle, du rythme cardiaque et de la respiration. La cause des violences ? Une lésion du nerf d'Arnold à la base du crâne ou le blocage d'une vertèbre cervicale. Pourquoi ? Une contamination du sang par les substances toxiques non-évacuée à cause d'une infection interne causée par un parasite. Nul besoin de chercher bien loin ; la contamination se faisait par le simple contact. Et pourtant...


Un coup de feu interrompit ses pensées. Den demeura alors quelques longs instants immobile. Être coupé aussi net dans ses analyses l'avait entre-autres irrité, perturbé. Il se tenta alors à regarder par la fenêtre pour admirer de grosses tâches foncées dans la neige autour de sept cadavres canins. Bien, ce problème était réglé. L'instant d'après, l'aubergiste pénétrait la chambre pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. Le sabreur s'était presque fait arraché l'épaule par l'un des bestiaux. Aucunement alarmé par cet incident, le petit médecin retourna nonchalamment au rez-de-chaussée, son matériel étant également resté là-bas. Il y trouva le jeune homme aux yeux rouges assis tranquillement sur l'un des canapés, la veste presque défaite pour laisser voir une couleur pourpre teinter son haut au niveau de l'épaule.

Tandis que le blessé interrogeait le gosse du regard, ce dernier contemplait d'un air dubitatif le carreau brisé qui laissait entrer une fine pellicule de neige dans la pièce.
... Et la porte dans tout ça ?

Ce détail à part, Den s'approcha de lui, examinant déjà la gravité de la blessure. En premier lieu il lui fallait vérifier si le tendon était déchiré, auquel cas il aurait le choix entre injections intra-articulaires de cortisone ou intervention chirurgicale. La deuxième lui paraissait plus facile car trouver des médicaments ici semblait plus ardu.

- ... Je vais m'occuper de votre blessure.

Le petit porta à deux mains le bras du patient - du côté de l'épaule blessée - pour effectuer quelques mouvements brusquement, vérifiant alors quel seuil de douleur traversait le sabreur, restant attentif sur son expression. Ses doigts rencontrèrent hasardeusement un pouls. Excellent, car même si son tendon était déchiré, le seul fait de mesurer sa fréquence cardiaque déterminerait s'il allait soigner cette blessure ou non. Arrêté en plein mouvement, il garda le bras du jeune homme dans ses petites mains, le fixant de ses orbes turquoises. Et ce, pendant quinze longues secondes.


Ce délai écoulé, il lâcha brusquement sa prise. Mine de rien il était lourd ce bras. Enfin, seize pulsations en quinze secondes, un calcul mental rapide donnait soixante-quatre battements par minutes ; un peu faible mais tout à fait dans la norme. Et par ailleurs il semblait aussi avoir évité un déchirement trop grave. Quelle... Chance... Tss.
Den déroula du sparadrap méticuleusement d'une main pendant qu'il appliquait une pression désinfectante sur les traces de dents. En quelques minutes, le sabreur était décoré d'un joli bandage. Une simple morsure de chien errant ne pouvait pas venir à bout de lui au vue des cicatrices qui parsemaient son corps.

Sans un mot pour finir, l'enfant se releva. Il avait peut-être identifié la cause de l'épidémie, mais le remède restait encore inconnu pour lui. Les virus devenaient plus forts à cause du froid et le métabolisme faiblissait à cause du froid. Sans parler du manque de vitamines et protéines nécessaire à l'homme, cette ville était vouée à la destruction. Chercher comment contrer ce virus d'une façon naturelle relevait du défi en ces contrées. Pourtant, le nom du virus identifié était clairement nommé "Loptiospsere" sauf erreur de sa part. Même si un simple contact suffisait à la contamination, il nécessitait de la part de la personne un très faible taux d'anticorps et de vitamines.


Arrêter le virus en pleine progression dans le système... Il y avait bien quelque chose à ce propos. Une plante ? Il ferma les yeux, reconstituant lentement l'image présente dans ce bouquin lu auparavant. Une fleur... Couleur mauve... Le nom... Le nom...

- Une miraje.

Pensant à voix haute, il lista les nombreuses propriétés de cette plantes, la plupart toxiques. Toutefois, seuls les amateurs pensaient les toxines néfastes sur l'homme... Bien au contraire, certaines se révélaient être bénignes. Mais la quantité infusée devait alors être très soigneusement calculée, au risque d'empoisonner le patient. Par ailleurs, malgré sa facilité à être trouvée, cette plante n'avait jamais été pleinement exploitée puisque le virus présent ici était en temps normal quasi-rare. Un tel développement mériterait que l'on s'attarde dessus, mais pour l'heure il lui fallait se procurer cette fleur, quand bien même il doutait sur son utilisation. En signe d'embarras, Den porta son ongle à sa bouche, marmonnant à lui même.

- Broyée... Infusée... 30 grammes... Variance...

Peut-être étaient-ils saufs pour le moment, mais s'ils s'attardaient trop dans cet endroit paumé, ils risquaient de s'exposer bien vite à ce virus... Calculs mentaux effectués, le petit brun releva la tête, attrapa sa sacoche et son manteau et se dirigea vers la porte. Il l'ouvrit doucement tandis qu'un vent glacal vint fouetter son visage. Damn. Il faisait vraiment très froid.

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