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 Misa Arryn // palmtop reaper } [Terminée]

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Misa Arryn
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MessageSujet: Misa Arryn // palmtop reaper } [Terminée]   Sam 20 Aoû - 17:50

Surnom : La faucheuse de poche.
Âge : 17 ans.
Lieu de naissance : South Blue.
Race : Humaine.
Camp : Pirate.
Capacité : Autres styles > Combat avec une faux.
Métier : Navigatrice.


ARRYN
MISA
La science répond à Comment sans répondre au Pourquoi. C'est cette complexité qui vaut la peine de s'y intéresser. ♪
Misa est une jeune fille qui tient son charme de son sarcasme. Elle fait aussi preuve d'un certain cynisme qui en agace plus d'un, privilégiant ses principes au détriment de la morale. Adorant jouer sur les nerfs, ses taquineries peuvent vite prendre des allures de provocations, tandis qu'elle n'a cure des conséquences. Si la pirate n'a pas froid aux yeux, elle sait en revanche battre en retraite et se taire lorsqu'il le faut. Aux yeux d'autrui, sa personnalité est assez difficile à cerner, et nul ne sait l'aborder en ayant une idée de sa réaction. « Bizarre » ferait grossièrement le bilan de son caractère.

De surcroît, Misa se fiche éperdument du regard des autres. Très souvent sûre d'elle, elle fait part de son avis sans une once d'hésitation, ce qui constitue en soi une honnêteté assez déconcertante. Certains auraient l'impression qu'elle dénigre son entourage : elle ne mâche pas ses mots, et y met peu d'émotions, ce qui rend sa compagnie peu agréable pour les plus susceptibles. Elle en tout cas, est loin d’être susceptible. Son habituel sourire, accroché à ses lèvres, donne l'impression qu'elle est amusée par tout ce qu'elle entreprend : C’est une jeune fille qui aime joindre l’utile à l’agréable. Elle est patiente et plutôt calme, même s'il lui arrive d'adopter un comportement infantile.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la colère est un sentiment inconnu chez Misa. On la trouve imperturbable, et un peu mystérieuse. Si quelqu’un venait à se moquer de sa petite taille, elle afficherait sans doute une moue boudeuse tout en feignant de ne pas entendre ces propos. Observatrice, elle ne parle jamais d'elle-même, de son passé ou de sa famille, pour la simple et bonne raison qu'elle n'en voit pas l'utilité. Elle n'est pas très sociable, sauf avec les personnes qu'elle connaît bien, mais s'invite parfois dans de petites discussions qui lui plaisent.
Peut-être a-t-elle l’esprit un peu tordu, pour ne pas dire pervers. Par exemple, ce n’est certainement pas elle qui se mettrait à crier à l’exhibitionnisme en rougissant devant un homme nu comme un ver (situation qui ne risque pas d’arriver, j’en conviens). Elle se contenterait de sourire, puis de faire un commentaire dont on se passerait bien. Sur le champ de bataille, c’est une bonne combattante qui -avec ses grands mouvements de faux- ne passe pas inaperçue. Si Misa se montre sans pitié, elle est tout de même capable d’épargner son ennemi selon les propos qu’il tient, sans être trop naïve.
Malgré sa petite taille, Misa est un peu intimidante du fait de sa moue pleine d'assurance. Elle est légèrement prétentieuse, et n'hésite pas à se targuer de temps à autre. En dépit de ce qu’on peut penser, c’est une bonne confidente, à l’écoute d’autrui, qui donnera toujours ses conseils en restant égale à elle-même.

Navigatrice modeste, elle possède de bonnes notions en météorologie, et est capable de diriger les manœuvres d’un équipage par temps capricieux. Spécialisée dans le domaine de la recherche, elle aime voir les choses d’un point de vue scientifique, et passe parfois des heures cloîtrée dans sa cabine à pratiquer d’étranges expériences (avec les moyens du bord). Elle s’intéresse beaucoup à la géologie, à l’exploitation des énergies naturelles de la terre, mais également aux lois de la physique, qu’elle étudie sérieusement depuis son enfance. Ses connaissances en sciences sont donc plutôt étendues, même si celle-ci sait pertinemment qu’elle est encore loin de tout savoir. Son but est d’achever ce que son défunt père avait entrepris, à savoir, être capable d’expliquer tous les phénomènes naturels du Monde avec une approche scientifique, et qui sait, rendre ses théories universelles.

Une toute dernière chose. Si Misa est une bonne scientifique,  il est en revanche inutile de compter sur elle pour faire la cuisine : Derrière les fourneaux, c’est une catastrophe ambulante.
[661 mots]
Haute de 53 mètres pour un poids d'une quarantaine de kilos, Misa fait honneur à son surnom de Faucheuse de poche. Légèrement complexée par sa petite taille, elle est également de faible corpulence et peu large d'épaules. Plus que jeune femme, la demoiselle fait toujours fillette, et ce malgré ses 17 ans. On ne peut pas dire qu'elle ait l'étoffe d'une pirate et pourtant, sa faux qui semble deux fois trop grande pour elle a déjà tranché bien des cous.

Si l'on dit que les apparences sont trompeuses, elles recèlent en revanche une part de vérité. C'est en effet non sans un sourire amusé -qui étire ses lèvres presque constamment- qu'elle décime l'ennemi. Sa petite bouille aux airs enfantins ne vous y prépare pas, mais lorsque vous constatez qu'une once de sadisme arrive à lui faire apprécier la mort de ses adversaires, vous commencez à la prendre un peu plus au sérieux.

Misa a le regard perçant qui, témoignant souvent de ses intentions meurtrières, se caractérise par un iris noisette tout à fait ordinaire. Sa chevelure en revanche, l'est un peu moins. Colorés d'un beau parme, ses cheveux sont longs et ondulés jusqu'à la poitrine. Misa les coiffe de sorte à ne laisser que deux mèches longer ses joues, et fait une couronne tressée avec ce qu'il reste, qu'elle épingle à l'aide d'un gros nœud-papillon mauve. Elle laisse une frange un peu désordonnée recouvrir son front, qui dissimule parfois un froncement de sourcils passager. Son visage, au traits fins, exhibe une pâleur de cire qui ressort par la noirceur de ses habits. Plutôt que belle, on dirait qu'elle est jolie. Son air reste souvent le même : De grands yeux ronds mis-clos et un petit sourire qui frôlant la niaiserie, donne l'impression qu'elle se moque de vous.

Côté vestimentaire, Misa aime s'habiller de façon féminine, et opte la plupart du temps pour des vêtements de couleur sombre. Elle gagne quelques centimètres grâce à des bottes à talons sur lesquels elle adopte une démarche des plus aisées. Traditionnellement, elle porte un uniforme de style militaire, composé d'une veste boutonnée jusqu'au cou et d'une mini-jupe, mais recouvre ses jambes avec des bas noirs qui lui grimpent jusqu'aux cuisses. Misa est en outre assez mince pour penser qu'un souffle de vent puisse l'emporter : Elle porte par ailleurs toujours des vêtements ajustés à sa morphologie. Le dernier détail à ajouter est le port de gants blancs, qu'elle enfile à des fins expérimentales, et pour tenir sa faux dont la matière n'est pas banale.
[449 mots]
Jedya est une île située en South Blue, de faible superficie, connue pour ses ressources minières importantes qui sont souvent exportées puis utilisées par la Marine à des fins militaires. Chaque semaine au petit matin, les habitants peuvent observer un bateau faire la navette entre Jedya et une île voisine par leur fenêtre. Le maire de la ville Landon Arryn, se voit chargé des directives, et ce depuis des années. Fier de sa ville, il prend ses responsabilités très au sérieux et son sens du devoir est sans failles. Il s'est passionné pour la recherche scientifique depuis son plus jeune âge, et passe parfois ses journées à étudier des roches au millimètre près. Sa famille investit des sommes astronomiques pour dynamiser la ville et apporter des aides à ses habitants, ce qui la fait jouir d'une bonne réputation.

Issu de la lignée des Arryn, qui exerce une influence importante sur la ville depuis des générations, Landon épousa pourtant une simple commerçante du nom de Lidya, une femme qui inspirait la joie de vivre, et dont le sourire le fit vite tomber sous le charme. De leur union s'ensuivit la naissance de Misa, lors d'une pluie battante mémorable qui avait couvert ses premiers pleurs. Son père se souvint avoir été très angoissé ce jour-là. Elle fut leur fille unique, et ses parents la chérirent d'un amour sans limites.

À Jedya, personne ne savait exactement ce qui se tramait au sein de la famille Arryn. Leur immense demeure dominait la petite ville, mais leur fille sortait peu (si ce n'était que dans les jardins). À contrario, le maire se rendait régulièrement dans les galeries, avec tout un équipement qui ne le fit pas passer inaperçu. Certains habitants le saluait chaleureusement, tandis qu'il serrait leurs mains avec hâte. En réalité, celui-ci s'en allait extraire des minerais qui visaient à faire avancer ses recherches scientifiques, dont beaucoup en ignoraient la nature. En rentrant, il finissait par s'enfermer dans ce qu'il appelait son atelier, malgré les reproches un peu timides de sa femme. Si Landon Arryn était un papa gâteux, qui aimait sa famille plus que tout, ses ambitions personnelles le poussaient néanmoins à se focaliser sur ses projets.

«  – Tu ne peux pas comprendre, Lidya. » répondait-il presque systématiquement.

À l'aube de ses 8 ans, la petite Misa commença véritablement à se questionner sur l’absentéisme de son père, et la visite des soldats de la marine chez elle -qu'elle désignait autrefois du doigt par "les grands monsieur bleus"- ne l'impressionnait plus tant que ça. Comme chaque semaine, ces derniers s'entretenaient plus ou moins longuement dans la salle de réception avec son père, qui malgré ses occupations, ne se détournait pas de ses devoirs de maire. La fillette tenta maintes fois de les épier, dans l'espoir de comprendre l'objet de leur discussion, mais ne saisit que quelques mots-clés : Galeries - Important - Recherches. Puis sa mère finit par l'attraper en lui disant de ne pas les déranger.

Son quotidien était rythmé par ces visites, mais également par quelques leçons de piano avec sa mère. Il n'y avait qu'elle pour s'occuper de son éducation nobiliaire, si on admettait les professeurs avec qui elle prenait des cours depuis son plus jeune âge. Assidue dans ses études, personne ne trouvait rien à lui dire, et elle en était satisfaite. Depuis un certain temps, elle avait toutefois conscience de s'ennuyer terriblement. Elle errait tantôt dans les jardins, puis dans les vastes couloirs de la résidence qui lui semblaient bien vides. Misa demandait parfois à jouer avec un domestique du nom de Joshua, qu'elle appréciait beaucoup pour sa bienveillance, mais également parce qu'il avait du mal à repousser ses requêtes capricieuses. Quand sa mère partait travailler, elle n'avait plus que lui. Son père était toujours très pris dans ses recherches, et peut-être parfois dans la paperasse administrative : Personne ne se sentait capable de l'interrompre.

Un jour pourtant, Misa se glissa discrètement dans son atelier sans faire grincer la porte qu'il avait sans doute omis de verrouiller. L'éclairage était plutôt fort dans la pièce, sans doute parfait pour travailler, mais le désordre était repoussant. Peut-être à cause de la blancheur des murs, son atelier ressemblait plus à un laboratoire. Elle le vit de dos, reconnaissant ses larges épaules et ses cheveux de jais toujours soigneusement coiffés, le front dans la main, en train de fixer des roches éparpillées sur son bureau : Sa mère lui déconseillait fortement de le déranger quant il était dans cet état de concentration. Toutefois, la fillette se laissa porter par ses élans enfantins et cria à son oreille :

« Père ! »

L'adressé sursauta vivement en poussant un cri étouffé, et manqua même de tomber de sa chaise.

« – Qu'est-ce que vous faites à la fin ? Je m'ennuie, et Joshua n'est pas à la maison ! » s'enquit la gamine.
« – Misa, tu m'as fait une peur bleue ! Ne recommence plus d'accord ? J'ai failli avoir une attaque ! Tu vois bien que je suis occupé alors je t'en prie, laisse ton père travailler... » répondit-il en posant sa main de géant sur son épaule.


Voyant que sa fille n'obéissait pas et qu'une moue boudeuse remplaça son joli sourire, il eu un air de résignation puis soupira longuement. Au fond de lui, l'homme savait pertinemment que sa famille se sentait délaissée. La fuyait-il ? Peut-être. N'arrivait-il plus à la regarder en face ? Sans doute. Au final, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même : Il était conscient que sa réclusion avait causé du tort à sa femme, mais sa soif de réussite et d'accomplissement prenait toujours le dessus. Il voulait connaître le monde, l'expliquer, et être aussi reconnu dans le domaine de la science que le docteur Vegapunk. C'était son plus grand rêve.

« – Misa. Je ne t'ai même pas demandé... Comment se passent tes études ? » demanda-t-il un peu tristement.
« – Très bien ! Même mère peut vous le dire ! » fit-elle en retrouvant son sourire.
« – Et en sciences ? »
« – Ça va. »

Tenir ce genre de discussion lui faisait chaud au cœur. Il avait oublié à quel point elle avait grandi, se souvenant encore du jour où elle fit ses premiers pas. La nostalgie commença à le gagner, tandis qu'il contempla le sol d'un air un peu sinistre. Misa quant à elle, était fière d'apprendre sa progression à son père. Elle fut également heureuse de l'attention qu'il lui porta à ce moment-là. La demoiselle ne se l'expliquait pas, mais elle se sentait étrangement rassurée de voir qu'il était toujours le même. Sentant sa main chaude se poser sur sa tête, elle plongea ses yeux innocents dans les siens.

Elle crut y voir une lueur briller.

« – Dis-moi ma fille, est-ce que tu aimes te poser des questions sur les phénomènes naturels ? Le temps, la nature, t'es-tu déjà interrogée sur leur origine ? Eh bien sache que la science peut répondre à toutes tes questions. Petit à petit, l'Homme progresse. Il paraît même que certaines technologies sont en mesure d'établir des prévisions météorologiques. Aujourd'hui, si nous sommes capables de dire qu'un typhon est défini par tout un système de courants d'airs chaud et froid ascendants et descendants, c'est grâce à cet outil que l'on appelle la science. »

Sans regarder sa fille, il se leva en laissant sa chaise racler le sol dans un vacarme épouvantable, puis ouvrit la fenêtre. La petite ville de Jedya lui paraissait bien calme. Une légère brise lui caressa la joue, tandis qu'il scrutait cette vaste étendue d'eau turquoise, au loin, qui réveillait ses ambitions à chaque fois qu'il la voyait. De là où il était, il lui semblait même entendre les mouettes battre leurs ailes.

« – Depuis de longues années, je ressens ce besoin de m'accomplir. Je veux qu'un jour, le nom d'Arryn figurent dans les plus grands ouvrages scientifiques. Et pour cela, il faut que je parte sur Grand Line... On raconte que cette mer maudite regorge de phénomènes qui demeurent inexplicables. Les instabilités climatiques en surprennent plus d'un, et personne ne peut encore apporter une explication cohérente. Tu ne trouves pas ça excitant ?»
« – Je n'ai rien compris. » répondit-t-elle, blasée.

Il en ria de bon cœur :
« – Haha ! C'est vrai, tu es encore trop jeune, excuse-moi ! Même ta mère ne me comprend pas... »

Cette conversation s'acheva sur ces mots. Misa, quelque peu ennuyée par l'incompréhension qu'elle lui avait procurée, avait fini par être marquée par les paroles solennelles de son père. Depuis ce jour-là, on aurait dit qu'elle avait été... contaminée par son ardeur pour la science. Son intérêt pour la recherche se développa, et ce n'est pas sans bouquiner qu'elle passait ses journées. Inconsciemment, elle désirait ressentir ce que Landon s'évertuait à expliquer dans ses ébats de savant fou. Cela ne ravit pas beaucoup sa mère, qui craignait avoir une personne recluse de plus à la maison. Toutefois, plutôt que de le lui dire directement, elle l'envoya plus régulièrement faire des promenades au bord de la mer, en compagnie de Joshua, entrecoupant ses lectures trop intensives. À cette époque, le père de Misa dépensait tous les mois de grosses sommes pour mener ses expérimentations à bien, en commandant le matériel nécessaire. Il fut tellement débordé qu'il dut reléguer quelques tâches administratives au domestique, un peu à contre cœur.

-:-

Lorsque Misa eut onze ans, son père -qui fit l'honneur de sa présence au dîner du soir- annonça à sa petite famille l'aboutissement de l'un de ses projets. Pour la première fois, sa femme l'écoutait d'une oreille attentive, avec un froncement de sourcil qui en disait long sur son opinion : Il disait avoir conçu une arme qui pourrait tuer les monstres les plus redoutables de Grand Line, à partir des minerais extraits dans les galeries aux ressources inépuisables de Jedya. Sa fille fut la première à le bombarder de questions, pendant que Lidya resta silencieuse. Depuis qu'elle affinait ses connaissances en sciences, elle avait réellement l'impression de s'être rapprochée de son père. Ce dernier resta assez évasif, préférant garder le suspense jusqu'au bout. Ce n'est qu'après le souper qu'il décida d'en dire davantage. Elles lui emboitèrent le pas jusque dans son laboratoire, qu'elles parcouraient du regard dans l'espoir de repérer l'arme en question. De son côté, Landon enfila des gants en latex.

Après avoir essayé de donner l'impression d'arranger l'état pitoyable de son bureau, il se tourna vers sa femme et sa fille qui le regardaient sans dire un mot. Il tendit le bras, et présenta un gros bâton noir... de trente centimètres à peine.

« – Il s'agit d'une faux, que j'ai baptisé "Scynthia". En plus d'avoir été forgée à base d'une variété infime de minerais, elle contient aussi diverses associations d'espèces chimiques, qui visent à la rendre plus ... dangereuse. Mesdemoiselles ont des questions ? »

Immédiatement, Lidya sentit la moutarde lui monter au nez :
« – Est-ce que tu te moquerais de nous Landon ? C'est cette chose qui t'a fait passer des années cloîtré dans ce laboratoire ? Et par dessus le marché, tu as payé pour consulter des spécialistes, pour forger des métaux, pour le matériel, et même pour des hommes de main, pour aboutir à un résultat aussi ridicule ?! » fit-elle, visiblement en colère.
« – Doucement, ne monte pas sur tes grands chevaux ma chérie. Regarde, il y a un interrupteur juste derrière qui, lorsque j'appuie dessus...  »

Rapidement, le bâton d'ébène se déplia dans un bruit de mouvement métallique. La lame courbée, et tranchante comme des rasoirs, sembla sortir de nulle part. Misa et sa mère, qui ne purent réprimer un sursaut, écarquillèrent leurs yeux devant le nouvel instrument : La chose était désormais haute d'un peu plus de deux mètres, et avait bel et bien pris les allures d'une faux. Landon qui la tenait d'une main, servait de parfaite référence de grandeur. Sans rien dire, Misa la contempla d'un air dubitatif, penchant la tête pour la voir sous un autre angle : Contre toute attente, elle n'était pas si impressionnée que ça. Ingénieux, mais sans plus.

« – C'est plus facile à transporter, de cette manière. Cette association de métaux et espèces chimiques variées rendent cette arme très nocive pour la peau, aussi bien le tranchant que le manche... d'où le port de gants. À part ça, c'est une faux plutôt ordinaire en fait.  » expliqua le créateur.
« – Je m'attendais à mieux de votre part Père. » avoua sa fille avec un sourire sarcastique.
« – Tu es déçue parce que tu en attendais beaucoup trop de moi, voilà tout. Je te trouve bien prétentieuse Misa. Aah l'adolescence..!  » répondit-il, un peu irrité.

Le maire qui s'attendait à un transport de joie de sa part, regretta un court instant l'époque où un rien aurait suffi pour l'impressionner. Son regard se posa ensuite sur sa femme, à qui le franc-parler de Misa avait arraché un sourire. Ce qui s'apparentait à de la solidarité féminine ne l'énerva pas pour autant.

« – Et pourquoi "Scynthia" au fait ? »
« – C'est ainsi que l'on voulait t'appeler au départ. Un mélange de Cynthia et Scythe.  »

-:-

Trois années passèrent depuis lors. Plus le temps avançait, et plus Landon rendait tangibles ses intentions de prendre la mer. Il parlait souvent de partir sur Grand Line avec un vieux compère, du nom de Arslan, avec qui il continuait de correspondre par courrier. En plus de lui procurer de lourdes responsabilités, son titre de maire de Jedya l'ouvrait également à différentes relations. Les visites de la Marine -auxquelles les Arryn s'étaient accoutumés depuis bien longtemps- ne lui semblèrent que transitoires. De son côté, Misa poursuivit ses études avec application, non sans parfois dialoguer sur certains sujets délicats avec son père. Son intérêt pour la science était grand, mais pas autant le sien. Elle avait conscience qu'il partirait un jour, avec le mince espoir de retourner au bercail, mais la conversation qu'elle avait eu lui rappela sa détermination qu'elle ne voulait entraver.

Lidya ne put d'ailleurs s'opposer à son désir de voguer sur les océans. Depuis qu'elle l'avait rencontré, elle savait ô combien il voulait assouvir ses besoins d'accomplissement et de connaissances. L'idée qu'il parte en voyage sur cette mer -qu'on surnommait le Cimetière des pirates- la torturait terriblement, mais elle n'ignorait pas que sa parole ne suffirait jamais à l'arrêter. Elle l'aimait, comme une femme aime son mari, et le voir s'épanouir ne pouvait que la ravir.

Il s'en irait donc, pour réaliser son rêve : Elle devait s'y résoudre.

-:-

Un matin, peu après 8 heures, on tambourina à la porte. Toutefois, les visiteurs ne furent pas ceux que la famille Arryn attendait. Lorsque Joshua partit les réceptionner, ce fut non sans dissimuler son hésitation de les laisser franchir le seuil de la porte. Un type entra, le bousculant au passage, suivi de deux autres lascars. Leur uniforme disait qu'ils étaient bien de la Marine, sauf que cette fois, il n'étaient pas là juste pour une simple convention d'import-export : D'une part parce qu'ils avaient l'air furieux, et d'autre part parce qu'un commandant en personne leur faisait l'honneur de sa présence. Leurs yeux inspectèrent chaque moindre recoin de la pièce, tandis qu'ils demandèrent à s'entretenir avec "Monsieur le maire".

Lorsque le Landon pointa le bout de son nez, son expression s'affermit à la vue des trois gaillards. On eut dit qu'il connaissait les raisons de leur venue. En tous les cas, cela n'augurait rien de bon.

« – Monsieur le maire, Landon Arryn n'est-ce pas ? Commandant Mirt. Nous avons à discuter en privé. » déclara le colosse de sa voix rauque.
« – Nous serons mieux dans le salon pour parler.  »

Puis ils partirent, tous les quatre, dans le salon. Si les choses semblèrent se dérouler tout à fait normalement, l'atmosphère parut pourtant pesante à Misa, qui fut tentée d'écouter leur conversation. Plus que curieuse, elle était perplexe. Mais à peine eut-elle le temps de s'adosser au mur qui séparait le salon du hall d'entrée, qu'elle entendit la porte s'ouvrir.

Fin de la discussion.

Les trois soldats quittèrent les lieux sans dire un mot, laissant le maire anxieux derrière eux. Ce dernier restait les yeux rivés sur la table basse, assis sur le canapé, silencieux. Sa fille s'approcha de lui, tandis qu'une question évidente lui pinçait les lèvres : « Que voulaient-ils ? ». Incapable de refouler sa curiosité, elle la lui posa du regard, qu'il ne croisa qu'un instant. Il ne répondit rien. Mais Misa voulait savoir. Elle n'était plus une enfant. Pour elle, ses quartoze ans lui en arrogeaient le droit. Néanmoins, Landon ne flancha pas.

Ce n'est qu'au soir, qu'il décida d'en parler longuement à sa femme, lorsqu'elle fut de retour. Avec elle, uniquement, à l'abri des oreilles indiscrètes.
« – Tu as mis ton nez dans quelque chose de terrible... » disait-elle.

Les jours suivants furent pour le moins étranges. Misa remarqua le changement d'attitude de son père et de sa mère, à qui le moindre frappement à la porte faisait tressaillir. L'ambiance était oppressante, et l'atelier dans lequel Landon se terrait tout l'après-midi, semblait lui servir de refuge. La jeune fille n'aimait pas beaucoup la tournure qu'avaient pris les choses. Aussi elle demanda à Joshua s'il savait quelque chose à ce propos.

« – C'est à propos de ses recherches je crois.  »
« – Je n'en doute pas. Apparemment, tu n'en sais pas plus que moi Joshua. » répondit-elle avec un sourire railleur.
« – Vous m'en voyez désolé Mademoiselle.  »
« – Et sais-tu ce que font ces hommes, derrière le portail ? »

Le domestique fronça les sourcils, d'abord un peu perturbé par l'indifférence de Misa. Inquiet, il se leva de son fauteuil pour la rejoindre à la fenêtre. Des hommes, peut-être trois ou quatre, tout de noir vêtus, semblaient rôder aux alentours de leur demeure. Ils avaient l'air de chercher quelque chose -ou quelqu'un-, donnant de la tête un peu partout, sans vraiment grande discrétion. Après seulement quelques secondes, ils s'en allèrent.

Non, les choses n'allaient décidément pas dans le bon sens...

-:-

*BULUBULUBULUP*

L'escargophone sonnait. Landon - qui devança Joshua - s'empressa de décrocher avec fermeté. Lidya qui l'entendit aussi, le rejoignit nerveusement les doigts entrelacés, comme si elle se sentait concernée. Une voix lugubre retentit.

« Vous ferez mieux d'arrêter. Considérez ceci comme notre dernier avertissement. »

On raccrocha. Le dialogue, si l'on peut appeler ça comme ça, fut court. De toute évidence, cela sonnait comme une menace, et il n'était pas incongru de penser que l'interlocuteur était plus ou moins lié à la Marine. Le maire de Jedya serrait le poing, le cœur étreint par la frustration. Il sentit une colère sourde s'emparer de lui, tandis que sa femme le fixait du regard avec réprobation.

« – Tout cela n'arriverait pas si tu n'étais pas aussi têtu. Landon, je t'en conjure, arrête cette folie. Est-ce que tu comptes défier longtemps les représentants de l'ordre ? Regarde un peu tout ce que tu as dû sacrifier... »
« – Justement, j'ai trop sacrifié pour tout arrêter maintenant.  » s'entêta-t-il de plus belle.
« – Tu vas mettre ta famille en péril, pour remettre un sujet vieux de quinze ans sur le tapis ?! Je pense m'être tue pendant bien trop longtemps, mais cette fois ça ne peut plus durer ! » s'emporta-t-elle avec indignation.

Cette "affaire vieille de quinze ans" était celle d'un incident inexpliqué, survenu dans une île voisine de Jedya, qui fit de nombreux morts. À l'heure actuelle, il n'en restait plus qu'un vaste terrain, dépourvu de végétation. Les médias évoquaient un incendie, qui se serait déclaré pour des raisons inconnues : Certains parlaient de foudre, et d'autres, de fortes chaleurs. Landon, qui s'y était rendu plusieurs fois malgré l'interdiction d'y accéder, avait sa petite idée sur la question... Et le comportement farouche de la Marine ne faisait que confirmer ses hypothèses.

« "Prélèvements, aspect du sol : Expériences nucléaires qui ont mal tourné. Marine impliquée. Affaire étouffée. Mensonges à la presse." Wouaah, on dirait que Père tient déjà une conclusion ! ♪ »

Interrompant la querelle entre son père et sa mère, Misa sautilla un peu partout dans la pièce en agitant un bout de papier à la main... visiblement volé dans l'atelier de son père.
« – Misa ! Qui t'as permis de fouiller dans mes affaires ?!  » s'écria ce dernier, tout renversé.
« – Personne ! Mais il n'y avait personne pour m'en empêcher non plus. » répondit-elle en se tenant sur un pied danseur.
« – Voyons Misa, ce n'est pas le moment ... » murmura Lidya un peu gênée.

Contre toute attente, si l'impertinence de la demoiselle aux cheveux parme avait créé de l'animation, elle aida aussi son père à être plus lucide. Contrairement à sa femme, sa fille n'avait pas conscience de la situation désastreuse dans laquelle il s'était fourré : Il faisait fi des menaces apparentes de représentants de l'ordre, et risquait pour cela l'emprisonnement, au mieux. Sur ces réflexions, il posa son regard sur le sol, comme envahi par la honte d'avoir été aussi égoïste, puis il tourna le dos aux deux membres de sa famille.

« – J'entamerai mon voyage vers Grand Line après-demain. Je ne vous impliquerai plus davantage dans mes problèmes de cette façon. Il y a bien longtemps que je prévois de le faire, et je n'y renoncerai pas. En ce qui concerne cette affaire... Je n'en dirais rien à la presse, pour votre bien.  »

Claquement de porte.
La nuit, les documents relatifs à cet incident brûlèrent dans le feu de la cheminée.

-:-

Rien ne se passe jamais comme prévu. Personne ne peut dire si ce qu'on appelle "malheur" est un coup du destin, ou juste une fatalité qui nous tombe brusquement du ciel, suivant certains critères. Lorsque le mal est fait, on se demande s'il aurait pu en être autrement. On pense à une autre alternative - un geste ou une parole - qui aurait pu tout changer. Puis on regrette, vainement. Misa le concevait parfaitement.

Le jour suivant, on frappa à la porte des Arryn. Pas avec un poing, mais avec les pieds. Le tambourinage fut tel que les murs en tremblèrent. Landon et sa femme accoururent à l'entrée, gagnés par l'effroi : Ils craignirent le pire. Interpellé par le vacarme, Joshua vint les rejoindre un peu plus tard, descendant les escaliers dans une course folle. Une pensée qu'ils avaient tous refoulée refit alors surface : "Ce sont eux, ils viennent nous chercher"

« – J-Joshua, restez en haut avec Misa ! Ne sortez sous aucun prétexte ! » ordonna Lidya essayant tant bien que mal de garder son sang-froid.

Le domestique s’exécuta, et se hâta lorsqu'il entendit la porte de la chambre de Misa s'ouvrir. Au même moment, la porte d'entrée céda, s'écrasant sur le sol dans un fracas épouvantable en soulevant un nuage de poussière. Trois hommes, armés jusqu'aux dents, firent irruption : Il s'agissait des soldats de la dernière fois.

« – Qu'est-ce que ça signifie, Commandant Mirt ?  » demanda le maire, une mine faussement calme sur le visage.
« – Landon Arryn, vous êtes en état d'arrestation. Nous vous avons prévenus. N'opposez aucune résistance. »

Sans lui laisser le temps de répondre, un soldat lui donna un coup de crosse dans le ventre. Malgré lui, Landon tomba sur ses genoux tiraillé par la douleur. Sa femme cria au même instant. Rapidement, ils lui passèrent les menottes, les mains derrière le dos, et ne cherchèrent pas à le relever. Ils ne prêtaient pas attention à Lidya, qui s'agenouilla à côté de lui, les yeux larmoyants. Pourquoi la Marine intervenait-elle ? Savait-elle que l'enquête de Landon avait fini par aboutir ? Le couple comprit alors aussitôt qu'ils avaient dû un moment ou un autre être mis sur écoute, ou épiés.

« – Vous savez, je vous trouve bien trop curieux, Monsieur Arryn. Qu'espérez-vous obtenir en enquêtant sur l'incendie d'il y a quinze ans, sinon les ennuis ? Vous auriez mieux fait de vous focaliser sur vos occupations de maire. »
« – C-Connaissez-vous un scientifique qui ne soit pas curieux ? Vous faites passer des théories bidons dans les médias pour couvrir vos bévues, et ça m'irrite. Mensonge et science sont incompatibles ! »
« – Pff, vous vous dites scientifique, mais n'avez rien accompli du tout. » rétorqua le commandant, agacé par autant d'audace.

Ces mots eurent l'effet d'une bombe. Landon sentit bouillir une rage subite : Il venait d'être blessé dans sa fierté. Sans réfléchir un seul instant, il retrouva la force pour se lever et heurta violemment l'épaule d'un des deux soldats, qui fut projeté à terre. L'envie de coller un pain à cet homme de la Marine, qui ne savait rien de lui, l'envahit. Mais sa femme le retint comme elle le put, consciente que les choses ne s'arrangeraient pas pour eux si elle le laissait agir.

« – Calme-toi chéri je t'en prie ! »

Le commandant les regardait, sans dire un mot, avec dédain dans les yeux.
Un coup de feu retentit dans toute la maison. Puis un deuxième à la seconde qui suivit. La scène s'était déroulée en quelques fractions de secondes, laissant les deux subordonnés heurtés par le geste que venait de faire leur supérieur. Un nuage blanc s'échappait du pistolet qu'il tenait. À leurs pieds, deux corps baignant dans leur sang. Celui d'une femme qui souriait, et celui d'un homme qui pleurait.

-:-

À l'étage, les détonations n'étaient pas passées inaperçues. Retenant sa maîtresse par ses frêles épaules, Joshua appliquait l'ordre que lui avait donné Lidya. Il avait pris le soin de verrouiller la porte derrière lui, même s'il savait que ça ne suffirait pas à arrêter des soldats armés. Ce fut la première fois que Misa était dans de pareils émois. Elle fit tout pour repousser son domestique, qui peinait à la calmer.

« – Laisse-moi partir Joshua ! C'était un coup de feu, et ces cris étaient ceux de Père et de Mère ! » s'écria-t-elle en se débattant.
« – Il en est hors de question ! »

Une odeur les interpella. Celle du brûlé. Les fines ouvertures de la porte laissait passer une fumée noire, qui se propageait dans la pièce. Immédiatement, Joshua et Misa comprirent ce qui était en train d'arriver : Pas de fumée sans feu. Ils se ruèrent sur la porte, qu'ils déverrouillèrent encore plus vite qu'ils ne l'avaient verrouillée, puis sentirent la chaleur étouffante qui régnait dans la maison se coller à leur peau. La demeure était en feu.

L'étage n'était pas encore atteint par les flammes, mais ce n'était plus qu'une question de temps. La toxicité de la fumée leur piquait les yeux, et leur provoquait des difficultés respiratoires. Complètement renversé, Joshua avançait sans réfléchir avec hâte, en prenant Misa par le bras. La jeune fille ne trouva pas la force d'appeler ses parents, tant sa gorge lui faisait souffrir. Ils devaient trouver une issue à tout prix. Ils s’apprêtèrent à descendre les escaliers, pour rejoindre le hall d'entrée. Mais Joshua sentit son sang se glacer lorsqu'il aperçut ce qui s'y trouvait au bout.  

« – Oh non... Ce n'est pas vrai... »

Misa, qui lui emboîtait le pas, eut une réaction similaire. Elle fut cependant incapable d'émettre un son, pétrifiée par cette vision, qu'elle redoutait tant. En entendant les coups de feu, elle avait eu le mince espoir que ses parents se soient simplement fait menacer, puis arrêtés. Mais, ils étaient bien là. Dans une mare de sang. Inanimés. Au milieu des flammes. Ils avaient été tués. Abattus. Par des représentants de l'ordre. Des représentants de l'ordre qui - une fois encore - tentaient de faire passer leur assassinat pour un accident. Bien vite, Joshua la prit dans ses bras, avec une énergie qui lui disait "Sois forte." et "Ne regarde pas." Misa fut incapable de dire ce qu'elle avait ressenti exactement à ce moment-là. Elle n'était ni en colère, ni révoltée. Simplement anéantie par cette déchirure.

« – Melle, il faut partir ! » s'écria-t-il.

Sa voix tremblait. Et lorsqu'il attrapa sa main, il la serra très fort dans la sienne, comme pour se redonner du courage. Oui, l'heure n'était pas aux lamentations. Il fallait sortir avant de finir brûlés vifs. En toute hâte, ils descendirent les escaliers, sans s'empêcher de regarder Lidya et Landon, qui semblèrent juste dormir paisiblement. Joshua qui entraînait Misa avec lui, enjamba la porte d'entrée sur le sol, traversant un rideau de flammes qui leur dévoraient la peau. Il ne se retournèrent plus.

Le cauchemar était terminé.  

-:-

Deux jours plus tard, les gros titres de la presse annoncèrent la nouvelle, qui secoua tout Jedya : « Incendie accidentel à Jedya. 2 morts. » On évoqua bien sûr le décès du maire de la ville Landon Arryn, et de sa femme, en parlant d'un incendie déclenché suite à une mauvaise manipulation expérimentale. Sans grande surprise, la Marine -et peut-être même un organisme plus important- avait étouffé l'affaire : Tout du moins, on l'avait maquillée pour qu'elle ressemble à un accident. Misa et Joshua furent cités, en tant que "rescapés". Les habitants eurent beaucoup de peine pour eux, en particulier pour la jeune Arryn, qui avait perdu ses parents.

Il était peu probable qu'on envoie quelqu'un pour tuer ces deux survivants. D'abord parce que leur disparition serait bien trop suspecte, et d'autre part parce qu'ils n'avaient rien à craindre d'eux. Raconter ce qui s'était vraiment passé n'aboutirait à rien, sinon à s'attirer les foudres de la Marine (et peut-être du gouvernement). En ce bas monde, personne n'était en mesure de faire justice soi-même. Et ça, Misa et Joshua en étaient parfaitement conscients.

Ils furent tous les deux pris en charge par l'hôpital de la ville, qui ne diagnostiqua que de légères brûlures. Bien que les journalistes entravèrent leur repos, leur convalescence dura une semaine. Ils trouvèrent l'hospitalité chez une famille éloignée de Joshua, qui vivait à Jedya depuis bien longtemps, mais dont les rapports n'étaient que peu importants. Ils s'y installèrent ensemble, mais leurs blessures du cœur peinaient encore à se refermer.

-:-

Les parents de Misa avaient été enterrés assez loin de Jedya. Misa s'y était recueillie longuement, à plusieurs reprises, en compagnie de son domestique qui ne trouva les mots pour la consoler. Lorsqu'elle s'agenouillait devant leur tombe, jamais il n'osa poser le regard sur elle. Il lui sembla pourtant qu'elle pleurait, sans prononcer un mot.

La jeune fille y passait souvent des heures à cogiter, se répétant toujours la même question : "Pourquoi est-ce arrivé ?" La vision des ses parents -inanimés-, hantait ses nuits. D’innombrables pensées l'habitaient, et donnèrent jour après jour naissance à beaucoup d'autres. Contre toute attente , elle ne ressentit pas de haine envers la Marine, ou de frustration face à cette injustice. S'il était bien une chose qu Misa avait retenu, c'était que les représentants de l'ordre étaient bien loin de l'image qu'ils se donnaient. Menteurs.

-:-
Un matin, elle fut surprise en train de prier devant les sépultures, par un homme, vigoureux et large d'épaules. Il devait avoir la cinquantaine, et portait un grand sac sur son dos. Sans chercher à alléger ses pas dans l'herbe, il s'approcha d'elle. Une fois à ses côtés, il croisa ses gros bras en lui jetant une rapide œillade. Le visage de Misa était étonnement serein.

« – C'étaient de braves gens. » déclara-t-il de sa voix forte.

Ne s'étant visiblement pas aperçue de sa présence, la jeune fille leva la tête vers le vieil inconnu, décollant ses mains qu'elle avait jointes. Il regardait les tombes d'un air à la fois dur et triste. Tout en relevant, elle le contempla et s'interrogea sur cet homme qui, manifestement connaissait -ou plutôt avait connu- ses parents.

« – Je dois passer à autre chose maintenant. Ça fait déjà presque un mois. Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle, tentant de refouler son amertume.
« – Ha, c'est courageux de ta part. » fit-il, sans répondre à sa question.

Elle baissa les yeux. Oui, elle devait l'être. Le sentimentalisme était une faiblesse, et elle refusait de s'apitoyer sur son sort plus longtemps. La fermeté de la jeune Misa sembla avoir arraché un rictus à l'imposant individu, qui se tourna vers elle. D'un coup d'épaule, il fit glisser son sac jusqu'au poignet, et en sortit un objet qui lui était familier.

« – C'était à ton père je crois bien. »

"Scynthia". Comment aurait-elle pu l'oublier ? Voir ce bâton d'ébène, enveloppé dans du plastique, éveilla en elle une multitude d'émotions, qu'elle ne put s'empêcher d'extérioriser par son visage. Malgré elle, elle revit le jour où son père l'avait présenté à elle et à sa mère. Ce fut une des rares fois où Lidya s'était emportée, pensant que son mari lui faisait une mauvaise blague. Misa chérissait ce souvenir. Elle saisit l'objet qu'on lui tendit, puis impulsivement, caressa le manche plastifié. Elle crut entendre son père parler. "Nocive pour la peau" se remémorait-elle. Pour qu'il prenne la forme d'une faux, elle n'avait également pas oublié qu'un interrupteur servait à le déplier.

« – J'ai souhaité attendre un peu avant de te rencontrer. On devait partir il y a plusieurs semaines, et tout était déjà sur mon navire. On envisageait de se rendre dans une ville bien plus grande que celle-ci, pour nous préparer tous les deux et partir sur Grand Line. Avant ça, il avait même demandé à s'entraîner au sōjutsu avec moi. On est pas tout jeunes, mais tant que la volonté est là ! Landon était prêt à tout pour venir à bout de son rêve. » raconta l'homme avec fierté.
« – Son rêve... »

Au final il n'aura jamais pu l'accomplir. Son amour pour la science et ses ambitions avaient fini par le conduire à sa perte, et Misa savait qu'il en aurait été autrement s'il ne s'était pas montré aussi obstiné. Choisir une autre vocation lui aurait sans doute laissé la vie sauve, mais personne ne s'était senti capable d'enrayer sa progression. Quelque part, son rêve ne s'était pas complètement évanoui; il vivait dans leurs souvenirs, et cette pensée seule procura un bien-être étrange à Misa. En tenant l'arme qu'il avait conçue entre ses mains, et en ayant entendu le récit de cet homme, elle sentit sa détermination grandir à vue d’œil.

Il ne tenait qu'à elle de reprendre le flambeau.

« – Entraînez-moi. Je veux prendre la mer... "Arslan". » déclara-t-elle le regard droit dans le sien.

Sa décision était prise. Que Joshua -ou n'importe quelle autre personne- n'adhère pas à cette idée, elle ne broncherait pas. Elle y avait réfléchi pendant plusieurs nuits, et sa rencontre avec Arslan n'avait fait que renforcer sa volonté : Le rêve de son père s'accomplira, sous son égide.

Le dénommé Arslan haussa un sourcil.

« – Tiens tiens, tu sais qui je suis ? Quand bien même, tu me demandes ça un peu brusquement ! J'ai l'impression de voir Landon. Par contre, tu ne mets pas beaucoup de cœur dans ce que tu dis... »
« – Vous acceptez ? » demanda-t-elle, indifférente à son baratin.

Le vieil homme gratta sa barbe grise de ses gros doigts, un air dubitatif au visage. Il n'avait rien contre, mis à part le fait qu'elle n'ait que quatorze ans. En outre, il était des choses qu'elle ignorait à son propos.

« – Si tu es vraiment déterminée, je suis prêt à le faire. Mais ne t'attend pas à un traitement de faveur de ma part, sous prétexte que tu es jeune. Je ne te ferais pas de cadeau, alors j'espère que tu es prête... fillette ! »

Un chemin semé d'embûches venait de s'ouvrir. Puisse-t-elle ne pas le regretter...

-:-

Ce n'étaient pas des paroles en l'air. Le vieux Arslan -malgré l'âge- avait de l'énergie à revendre. Avant de la laisser manier la faux, il lui enseigna l'art de la lance; le sojutsu, qu'elle devrait adapter à son arme insolite. Les entraînements furent rudes, mais Misa ne se laissa pas aller pour autant, même si son éducation un peu nobiliaire l'avait habituée à de meilleurs us. Le fait qu'elle n'avait pas l'air de progresser -chose que son nouveau mentor ne se retint pas de dire- ne la découragea pas le moins du monde. Malgré les coups de bâton lamentables qu'elle donnait, elle faisait preuve d'une détermination admirable.  

Au fil du temps, Misa commença à connaître son "maître". C'était un homme dur, franc, et sévère, mais foncièrement juste. Son enseignement était pénible, non seulement pour son contenu, mais aussi pour les réprimandes -parfois cruelles- qu'on recevait. "Tu ne tuerai même pas une mouche avec des gestes aussi pitoyables !" disait-il, allant même jusqu'à ajouter "Si tu ne progresses pas, tu n'as rien à faire là!". Un jour, il raconta qu'il tenait sa combativité et sa force de caractère de sa carrière de soldat de la Marine, dont il s'était retiré il y a plusieurs années. Il n'en donna pas la raison, se contentant juste de dire "Tout n'est pas aussi rose qu'on le croit, là-haut"
Misa le crut sur parole.

À côté de ça, la jeune fille étudia intensivement, notamment en navigation, avec les livres qu'elle avaient empruntés à la bibliothèque de Jedya. Bien qu'elle eut bien du mal à rester éveillée, elle fit tous les efforts possibles pour ne pas finir ses nuits sur le pupitre de sa chambre. Tous les jours, ce n'est pas sans bleus qu'elle rentrait à la maison, complètement épuisée. Sa fatigue fut telle qu'elle n'eut même plus le temps de cogiter, pendant la nuit.

-:-

Un an dut s'écouler. Misa finit par se perfectionner en combat, étant maintenant en mesure de tenir tête à Arslan. Tous ses efforts combinés avaient fini par porter leurs fruits, au bout du compte. Sans oublier de porter des gants, elle commença à s'entraîner à la faux, qui ne fut pas aussi lourde qu'elle le pensait. Juste très difficile à manipuler.

« – Adapte-toi fillette ! Prouve-moi que tout ce que tu as appris en un an n'a pas été qu'une perte de temps ! » criait son mentor, toujours avec autant de fermeté.

C'était plus facile à dire qu'à faire, car la grande lame recourbée n'allait pas toujours là où elle voulait. Son père comptait-il réellement se battre avec une arme pareille ? Pour une fois, Arslan le lui concédait : ce n'était pas donné à n'importe qui. Un an de calvaire en plus s'annonçait...

-:-
Contre toute attente, Misa finit par s'y faire au bout de quelques mois seulement. Elle maniait parfaitement "Scynthia", qui aux yeux d'Arslan, lui seyait merveilleusement bien. En la voyant, l'envie de l'appeler "la p'tite faucheuse" à la place de son habituel "Fillette" lui pinçait les lèvres. En tous les cas, maintenant qu'elle savait plus ou moins se battre, elle n'eut plus qu'à se perfectionner davantage.

Arslan ne se contenta pas de faire les choses à moitié. Il lui enseigna l'art de combattre ... mais également celui de tuer. Pour cela, il la chargea de faire du repérage, dans une forêt voisine où des bandits s'étaient installés. Il l'exposa volontairement au danger pour l'obliger à se battre, et fut bien loin d'imaginer ce qui se passerait. En dépit de ce qu'il put penser, Misa eut l'air de quelqu'un d'autre sur le champ de bataille. Elle tuait, tranchait leurs cous sans la moindre hésitation dès qu'ils se ruèrent sur elle, avec un air étrangement... amusé. Inutile de dire qu'Arslan fut plus qu'impressionné, et peut-être aussi légèrement effrayé. Cette expérience lui aura au moins appris qu'il ne fallait sous-estimer personne en ce bas-monde.

Lorsque le vieil homme lui demanda d'où elle tenait cette "férocité" (le mot est faible), elle répondit simplement, avec un sourire :
« – Ce n'était pas si terrible. J'ai fait comme dans les romans voilà tout. »
Arslan arqua les sourcils, un peu troublé :
« – ...On t'a déjà dit que tu étais très bizarre ? »

Misa n'avait pas d'autre explication sous la main. Pourtant, sa réponse était on ne peut plus naturelle. Sa faux tranchait sec et vite, sans qu'elle ait vraiment le temps de sentir sa victime mourir. Quelque part, cela allait sans doute lui constituer un avantage sur les mers...

-:-

Il aura fallu trois ans d'entraînements et d'études intensives à Misa pour finalement prendre la mer. Seuls Joshua et Arslan furent au courant, et assistèrent à son départ très tôt à l'aube. Son mentor la regardait embarquer à bord de son petit bateau à voiles et sa cabine minuscule, qui tanguait sur les vagues. Il était fier d'elle, et ne s'en cachait pas. S'il se souvint de lui avoir proposé de l'accompagner lors de son voyage, il n'oublia pas la façon dont elle avait décliné l'offre : Un "non merci" qui n'était pas très flatteur. D'un côté, ses visites avaient fini par lui faire ressentir ce qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps : La chaleur d'un foyer, et d'une famille. Oui, ces trois années passées en sa compagnie furent qu'il la considérait un peu comme sa fille. La voir partir lui faisait tout drôle.

Joshua quant à lui eut l'air submergé par l'émotion. Il ne pleurait pas, mais avait l'air prisonnier d'une grande nostalgie :
« – Vous avez mûri Melle Misa. »
« – Et toi tu as vieilli Joshua. » lança-t-elle, en penchant la tête comme une gamine.
« – Je retire ce que j'ai dis... » regretta le domestique en poussant un soupir.

Non elle n'avait pas tant changé au bout du compte. Son caractère était toujours le même. Ses convictions en revanche, étaient différentes. Il était temps de réaliser ce que son père voulait entreprendre.

« – Allez va... fillette. » déclara Arslan avec un grand sourire.
« – Je vais sûrement vous manquer, mais essayez de ne pas pleurer. ♪ »

Les voiles se déplièrent, tandis qu'un vent fort les poussa dans la bonne direction : Le temps lui était favorable pour son tout premier voyage. Misa contempla sa ville natale, qui s'éloignait lentement. Au loin, elle put même voir son ancienne demeure, en ruines, qui raviva d’innombrables souvenirs. Elle fit un dernier signe à ses deux tuteurs, qui avaient tant pris soin d'elle, avant de se retourner. Puis elle scruta l'horizon, voyant le soleil se lever lentement, qui étrangement, éveilla en elle une volonté de croire en une aventure prometteuse. Sur cette pensée, elle posa sa main gantée sur sa faux, Scynthia.  


"Père, mère. J'espère que vous me regardez. Moi, je ne regarderai plus en arrière."
[7604 mots]

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MessageSujet: Re: Misa Arryn // palmtop reaper } [Terminée]   Mar 30 Aoû - 13:24

Bienvenue sur OPL

○ Orthographe : 140/150
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○ Originalité : 280/300
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○ Réputation : Niveau 4
○ Berrys : 3 000 000 de Berrys

○ Commentaires : Pfiou... pas mal du tout ! C'est long, mais on sent que tu t'es appliquée et c'est plaisant à lire. On voit bien l'évolution du personnage au fil de l'histoire et c'est super bien ficelé. Je n'ai noté que peu de fautes et vu la longueur, c'est pardonnable. Les descriptions font presque ridicules à côté de l'histoire ! Mais dans l'ensemble, c'est une super présentation. Tu aurais pu aisément prétendre à un Fruit, mais tu te contentes de choisir un style personnel, c'est tout à ton honneur.

Tu commences ton aventure avec 640 de Puissance (570 Note Présentation + 30 Bonus Pirate + 40 Bonus Style) et 3 000 000 de Berrys (2 000 000 Note Présentation + 1 000 000 Bonus Style).
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Misa Arryn // palmtop reaper } [Terminée]

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