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 Klaus Hawks, le Sanguinaire Ambitieux {Loading}

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Klaus Hawks
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MessageSujet: Klaus Hawks, le Sanguinaire Ambitieux {Loading}   Mar 2 Aoû - 21:23

Surnom : Le Sanguinaire Ambitieux ou encore La Lame Démoniaque
Âge : 23 ans
Lieu de naissance : South Blue
Race : Humain
Camp : Pirate
Capacité : Pur sabreur (mais le bazooka est sympa à manier aussi 8D)
Métier : Trancheur de tête

Hawks
Klaus
Je veux retrouver ce frisson victorieux qui me glace l'échine et fait battre mon cœur : je veux la victoire dans vos yeux emplis de désespoir !


"Un visage d'ange et un esprit tordu."

Voila une description dont Klaus s'accommoderait bien car elle a le mérite d'être claire et concise à la fois. Néanmoins aucun être humain n'est vraiment aussi "simple" qu'on ne le croit. On peut se fixer une idée d'un individu, croire qu'on le connaît par cœur mais il n'en est jamais rien. Les êtres humains sont des individus complexes, vivant une vie rythmée d'expériences et de changements, et dont les motivations et les raisons restent profondément toujours mystérieuses : il n'y a qu'à creuser la conversation avec eux pour le voir. D'où viens-tu ? Où vas-tu ? Pourquoi le fais-tu ? Mais à quoi bon ? Eux-mêmes ignorent tellement de choses à leur propos. Dès lors, comment leur faire entièrement confiance ? Cette introduction étant faite, comprenez que cette description psychologique n'est donc pas entièrement représentative du personnage que nous allons présenter, la chose étant tout bonnement impossible.

"Il a l'air de s'en tamponner le coquillard !"

Klaus a trouvé une réponse partielle à ces questions insolvables. Ce jeune homme au flegme apparent et à la mine toujours insouciante ne se préoccupe pas de ce qu'il ne peut résoudre, mais seulement de ce qu'il peut entreprendre. Un esprit miné par les soucis est un esprit pourri. Le jeune homme a beau être le type cool et bourré d'ambition, cela ne l'empêche pas de flâner 80% de son temps. Klaus se laisse également rarement gagner par la panique, faisant preuve d'un sang-froid qui frôle l'indifférence et le je-m'en-foutisme d'un adolescent blasé en pleine crise existentielle. Il n'est pas non plus du genre à se préoccuper du sort d'autrui ; la vie est une roulette russe et tout le monde doit faire ses preuves... Et puis il a surtout trop la flemme. Adepte des siestes, il en fait au moins une dizaine par jour. A se demander comment il arrive à dormir la nuit !

Il déteste faire dans le sentimentalisme. Se confier à lui ou lui raconter ses problèmes peut être un pari risqué ; comprenez par là que dans le pire des cas il vous donnera une accolade qui vous fera passer par dessus bord avant de se foutre ouvertement de votre gueule.

" Mais quel enfoiré !! "

Il est toutefois bon de préciser qu'il ne connait aucunement la déprime, ayant aucun scrupule à mettre ses propres bourdes sur le dos des autres. Klaus en plus d'être un 'connard arrogant' diront certain(e)s est également un adepte des mauvaises plaisanteries. Il fera semblant de nier (de manière détachée ce qui aura le don de vous énerver encore plus), mais si votre collection de magazines p... préférées a été utilisée comme combustible pour alimenter la chaudière ou encore votre repas favori du soir donné au cochon qu'il vient tout juste d'adopter, sachez qu'il s'ennuie et qu'il met à l'épreuve vos nerfs pour se divertir. Hé il faut bien s'amuser !! Oui vous l'aurez deviné, Klaus ressemble un peu à un sale gosse capricieux qui se croit absolument tout permis... Bon sachez tout de même qu'il ne vous en voudra pas si vous lui faites la même chose car il est difficilement rancunier. Toujours avec un flegme apparent il cherchera immédiatement à se venger... Mais de bon cœur promis !  

La confiance ? Il en a à revendre... mais seulement à propos de sa propre personne ! Il vous confiera rarement ses arrières à moins d'être dans l'impasse et de ne pouvoir faire autrement. Ce que certain(e)s prendront pour de l’égoïsme ou de la fierté, Klaus répondra par un sourire provocateur et une voix plein de dédain : " Qui pourrait-bien faire mieux que moi ? "

On pourrait se demander s'il est méprisant. En effet, c'est souvent cette impression détestable qui se dégage de lui ; en réalité il n'en est rien car il ne se préoccupe de personne. Du moins il le prétend dur comme fer. Klaus est quand même un bien triste personnage...

Quel idiot.

C'est certainement un idiot. Qui aime les jeux de mots pourris et qui en fait à longueur de journée. Personne n'en rigole. Pas même lui. Des fois, c'est un peu gênant.

Euh... Il est un peu flippant vot' gars là...

Malgré son caractère taquin, léger et blasé Klaus peut être assez inquiétant à côtoyer. En tous les cas il ne vaut mieux pas se déclarer comme étant son ennemi : le peu de scrupules et de savoir-vivre qu'il possède volera en éclats et vous serez donc à la merci de son sadisme extrême. Écraser, piétiner les autres ? Ma foi, avec plaisir ! C'est en effet le même type qui dit qu'un combat n'est pas satisfaisant par son issue mais par son contenu : à quoi sert de gagner si votre adversaire n'a pas compris qu'il valait mieux éviter de le défier en duel ? Rien que pour le plaisir de faire souffrir son ennemi Klaus est donc ce type d'adversaire capable de repousser l'échéance d'un combat... à ses risques et dépens ! Il faut dire qu'il est plutôt confiant en ses capacités.

Peut-être bien qu'il ira loin.

Ajoutez-y un brin d'arrogance peut-être pas volé après tout. Il ne manque ni de détermination, ni de talent. Il serait même tout à fait correct de dire qu'il possède un esprit fin et stratège en plus d'une adresse et d'une maîtrise exceptionnelles au sabre. Un génie qui très tôt s'est exclu et s'est enfermé lui-même dans une prison de solitude. Il ne se confie pas beaucoup, voire pas du tout, même si pour cela il doit endosser le mauvais rôle. Habitué à recevoir et à attiser la haine, seul un rictus moqueur se dessine sur son visage lorsqu'il est confronté à de belles leçons de morale. Peu importe ce que les gens peuvent penser de lui, il vit en étant lui-même et cela lui suffit amplement. Il se connait assez bien pour se considérer étant quelqu'un de lucide et de réaliste. Il est également malin et sait reconnaître les personnes au-dessus de lui, qu'il traite dans un respect un peu étrange. Comprenez par là qu'il est prêt à vous adorer s'il admire votre panache et votre charisme mais au moindre faux pas il peut également se décider à vous couper la tête.

Notre sabreur aux pupilles rouge sang sait prendre des risques, ce qui fait de lui un leader plein d'assurance qui n'admet ni les échecs, ni la faiblesse. En effet malgré son flegme insolent, il travaille avec assiduité autant son physique que son esprit et son amour des challenges le lui rend bien.

Son rêve est de devenir empereur et rien ni absolument personne ne pourra l'en dévier. Il compte bien conquérir le titre à sa façon.

"Qu'est-ce que ça fait de se retrouver tout en haut du podium ? On ne peut pas le savoir avant d'y avoir mis le pied. J'en frissonne d'avance."

Et sinon côté cœur avec les filles ?

Son côté connard est multiplié par dix, voire cent.

[1127 mots]
Côté physique, notre sabreur mesure 1m70 pour 59 kilos, rien de très impressionnant à la base. Il est difficile de se méfier de lui et de son visage affichant un air détaché du reste du monde. Bien que sa carrure ne semble pas de prime abord menaçante, il est loin d'être gringalet ; avant tout un manieur de sabre, ses bras et ses épaules ont trouvé maintes occasions d'être "forgés".

Des grands yeux légèrement tombant sur les coins externes, lui conférent un air innocent lorsqu'il ne fronce pas les sourcils ou ne prend pas un air blasé (comprenez par là les yeux à demi-clos). La couleur de ses pupilles, quant à elle ne passe pas inaperçue, dévoilant une couleur oscillant entre la couleur bordeaux à l'ombre et rouge au soleil. Il est probable que son regard parfois féroce allié à cette couleur rouge sang en ait terrifié plus d'un, croyant avoir affaire à l'apparition d'un démon. Des mèches raides d'un châtain très clair, hésitant entre le blond glacé et le vénitien cendré recouvrent ses deux rubis. Son nez droit et ses lèvres fines complètent un visage assez rond. A vue de nez, les gens lui donnent dix-huit, voir vingt ans tout au plus alors que le bougre en a déjà vingt-trois ; heureusement son air flegmatique et posé lui accrédite parfois une maturité sans trop d'efforts. Inutile de vous préciser qu'il a son succès auprès de la gent féminine... qu'il n'hésite pas d'ailleurs à manipuler sans scrupules.

Au niveau vestimentaire Klaus possède un ensemble noir piqué d'ornements jaunes délimitant bien les bords des vêtements. Une veste ouverte avec un col assez large, dont les pointes sont repliées vers la poitrine et bordées de jaune. Les ornements en question se remarquent assez bien dans l'ouverture de la veste, longeant symétriquement chaque côté et reliant des petits rectangles. A sa ceinture un katana dont la poignée rouge foncé attire inlassablement l'attention sur cette couleur contrastée qu'est l'ambre avec sa garde en or et gravé de motifs spiralés. Un pantalon noir simple et des chaussures de la même couleur complètent le reste de sa tenue. Chose étrange, il est possible de retrouver cet ensemble car il s'agissait d'un uniforme ayant appartenu à une ancienne milice qui sévissait dans son village. Pourquoi la porte-t-il encore ? Mystère.
[402 mots]
L'histoire commence au royaume mouvementé de Macadémia, dans South Blue. Un conflit déchirait depuis des générations des questions de succession : en effet sa majesté le Roi Olly avait pour habitude de prendre de nombreuses maîtresses et lorsque que la Reine mourut sans donner d'enfants ces dernières cherchèrent sans grande surprise à mettre leurs enfants au pouvoir. Une guerre de sang et de manigances se déroulait à la cour, secouant parfois la population mêlée dans une querelle d'opinions. Klaus Hawks naquit dans une famille de classe pauvre, loin de ces désordres, vivant chichement mais dignement. Emerik et Paula Hawks travaillait tout les deux à temps plein, l'un comme officier de la Marine et l'autre comme femme de ménage. Emerik Hawks était un homme d'une quarantaine d'année, les cheveux grisonnant et le regard vif, un bon gaillard qui ne manquait pas d'humour mais qui était très impliqué dans son travail de Marine. Inutile de vous préciser que le premier était rarement présent, s'autorisant une visite tous les mois ; quant à la mère, elle faisait de son mieux pour préparer un délicieux panier-repas tout les matins avant que Klaus n'aille à l'école. Belle et gracieuse, avec de longs cheveux couleur châtain oscillant entre le miel et la cendre, dotée un caractère à la fois doux et cinglant Madame Hawks ravissait les regards sur son chemin. Malgré son travail quelque peu ingrat et rude, elle conservait une certaine noblesse dans son attitude. Sa nature très attentionnée ne remplaçait pas sa cruelle présence certes, mais cela consolait son fils. Il s'accommoda très jeune de ses petits mots plein d'affection et de ses repas généreux à réchauffer laissés sur la table de la cuisine. Paula manquait de temps mais non d'amour pour élever son fils. Malgré les lourds impôts du royaume en crise et grâce à l'argent envoyé par Erin tous les mois, ils ne manquaient jamais de pain et les études de Klaus purent être payées.

Pour leur plus grande fierté, Klaus était un élève brillant, assidu et curieux, le premier de sa classe. Les professeurs étaient tous unanimes sur l'intelligence du garçon. Néanmoins ils firent une remarque qui interpella Paula sur le comportement parfois un peu turbulent et chamailleur avec ses camarades. Pour cette raison le petit Klaus se retrouvait souvent à jouer seul, étant visiblement incapable d'être ami avec un autre enfant plus de six secondes.

" Bah ne t'inquiète pas. C'est juste qu'il a un sacré caractère mon p'tit garçon ! Et puis il est plus intelligent que les jeunes de son âge ! Un génie comme son papa ! " répondit Emerik en prenant son fils sur ses genoux sous le regard perplexe de sa mère.

"Enfin, tu vois bien qu'il a tout hérité de moi." dit-elle avec un sourire qui n'admettait pas de contestation.

" Euh... C'est vrai ! En tout cas, il est encore jeune, ça viendra bientôt."

Mais les années passèrent et le petit Klaus âgé maintenant de douze ans ne semblait pas avoir progressé en matière de sociabilité. Il passait le plus clair de son temps à faire ses devoirs, lire des livres ou encore dessiner avec un bâton de bois dans la cour devant sa maison... S'il n'était pas en train de persécuter certains qui lui cherchaient des noises. L’inquiétude de Paula n'avait fait que croître en voyant que Klaus ne souriait quasiment plus, las de ses efforts à se faire des amis sur les conseils de sa mère. Il finissait de toute façon toujours par se disputer et à se bagarrer avec, se forgeant ainsi une réputation de "petit démon" dans tout le bas quartier.

" Il... Il m'a attaché... Avec... Une corde... Et la roue... Le gros pneu il m'a mis dedans... et ... et il m'a fait dévaler la pente." rapporta entre deux sanglots un garçon couvert de bleus avec sa mère.

"Klaus."

" Quoi ? Je testais simplement la force gravitationnelle pour un devoir et il était d'accord." répondit l'impertinent concerné sans même jeter un regard.

" Menteur ! Il a même rigolé en lançant des bouteilles de verres sur la trajectoire !!! "
s'exclama le blessé, gonflé par tant de culot.

Forcé d'admettre devant les yeux rubis à la fois inquiets et réprobateurs de sa mère, Klaus dut cesser pour un temps ses agissements. Peut-être que son arrogance et son caractère difficile jouaient un grand rôle mais les vives jalousies en raison de son excellence scolaire étaient également fautives de cette situation, balayant souvent les efforts du jeune garçon à se rapprocher des autres. Le résultat était là : il avait désormais du mal à se lier aux autres, préférant d'abord rejeter que d'être rejeté.

Tout changea cependant un jour lorsque ce drôle d'énergumène venant du pays de Wa débarqua dans leur vie. Alors que Klaus pansait ses blessures d'une énième bagarre entre "copains" devant la maison, un homme au chignon noir d'une trentaine d'année s'était manifesté, boitant et en piteux état. Il avait de petits yeux légèrement tirés mais son regard était perçant. Un sourire rempli de gentillesse et d'humilité complétait son visage, conférant à l'homme une prestance tacite. Le genre d'homme qui inspire le respect dû aux innombrables périls qu'il a dût traverser. Il se tenait droit malgré ses blessures.

" Il te reste un peu de sparadrap pour moi ? "

Étonnamment candide, il se familiarisa très vite avec Klaus. A la grande surprise de Paula Hawks qui n'en revenait pas. Cet inconnu qui par on ne sait quel tour de passe-passe avait enfin réussi à décrocher un léger sourire au "petit démon". Il s'appelait Hattori Harusame et était un sabreur venant de Wa, la mystérieuse mais passionnante terre des samouraïs.


×××

" Ta posture n'est pas droite et ta garde bien trop ouverte ! "

Klaus sentit son poids se dérober sous ses pieds, tandis que que le bokken (sabre de bois) de Hattori lança un nouvel assaut qui le fit s'écraser sur le sol poussiéreux de la cour. Alors que ses coudes et son fessier étaient encore sous l'effet d'une vive douleur piquante, Klaus lâcha une injure grossière avant de balancer son bokken au loin, ivre de rage. Lui qui n'avait jamais aimé perdre, habitué aux louanges et à la facilité dans l'apprentissage de n'importe quelle discipline digérait très mal de perdre quotidiennement au sabre depuis plus de trois semaines.


Hattori lui tendit la main avec son habituel sourire plein d'empathie mais le jeune garçon la repoussa sèchement et se releva tout seul. Plein de mauvaise foi il s'écria, sans toutefois oser regarder son ainé dans les yeux :

" Pourquoi est-ce que tu viens tous les jours m'entrainer au sabre ?! C'est qu'une perte de temps !! "

" Hé bien, c'est toi Klaus qui voulait en apprendre plus sur le bushido et la voie du sabre..." répondit Hattori, amusé mais sans aucune animosité.

Depuis quelques semaines Klaus et Hattori passait le plus clair de leur temps à bavarder du pays de Wa, sa terre natale qui lui manquait un peu. Probablement parce qu'il s'agissait d'un étranger et qu'il posait beaucoup de questions, Klaus se laissa entrainer lui aussi et se confia assez vite à lui. Son sentiment d'exclusion, cette impression d'ennui mortel qui le pousse à chercher querelles... Hattori ne jugea pas le garçon, ce qui surprit ce dernier. A l'inverse, il lui prodigua avec sagesse des conseils bienveillants, comme mettre son génie et son énergie au service de soi et des autres. Klaus se montrait dubitatif devant ses mots digne d'un moine prêchant la bonne parole mais méditait secrètement ses enseignements loin d'être insensés :  

" N'attends rien du monde mon garçon, mais sois juste. Fais ce que tu veux, sois ce que tu es mais sois heureux. Et je sais qu'au fond de nous on rêve tous d'être utile à quelqu'un, ne serait-ce qu'un tout petit peu. Rien ne doit t'empêcher de vivre comme tu l'entends."

" A qui veux-tu être utile Hattori ? " demanda Klaus les yeux ronds.

Une ombre passa dans les yeux du samouraï.

" A qui le veut bien. Je n'ai plus de famille aujourd'hui, ni même de seigneur à défendre... Ce sabre à la ceinture est bien vide et lourd à la fois." répondit-il avec un sourire un peu triste devant l'ironie.

Hattori revenait tous les jours poursuivre la conversation avec Klaus. Il appréciait sa vivacité d'esprit d'adulte et sa curiosité innocente d'enfant, donnant lieu à des débats passionnés. Le jeune garçon posait beaucoup de questions à Hattori : il apprit que pour des raisons politiques il dût s'exiler et s'était retrouvé comme un misérable chien errant à vivre au jour le jour sur Grand Line. En effet, une Purge avait eu lieu au pays et le Shogun, le plus puissant chef militaire éliminait les partisans d'un clan adverse prétendant à cette position. Accusé d'être lié aux partisans, Hattori dût injustement prendre la fuite s'il ne voulait pas se faire exécuter.

Klaus était fasciné par ces guerriers qu'on appelle samouraïs : leur sens du devoir, leur grande discipline, leur force bestiale et leur incommensurable courage faisaient d'eux de nobles combattants très respectés. Il put également admirer le style unique de ce sabreur chevronné qu'était Hattori et projetait de devenir comme lui. Seulement, cela faisait déjà trois semaines que le jeune garçon avait l'impression de ne faire aucun progrès. Les encouragements de Hattori sur son grand potentiel et sa capacité exceptionnelle d'apprentissage commencèrent à sonner faux dans la tête du petit brun.

" Ton sabre est bien léger Klaus. Comment comptes-tu me vaincre si tu ne te forges pas ta volonté ? "

" Je me rends compte que ça sert à rien." lâcha-t-il, plein d'amertume. " Je ne serais jamais comme toi. Je ne suis ni un saint, ni un samouraï. Arrête de venir de me voir. "

Sur ces mots un peu durs, Klaus rentra chez lui sans jeter même un regard à Hattori. Sa honte de la défaite était soudainement remplacée par la honte d'avoir laissé son seul ami en plan dans la cour de sa maison, mais après tout ce mélodrame le garçon était trop embarrassé pour retourner le voir. Il lança toutefois un regard à travers le rideau gris de sa vitre et put apercevoir Hattori ramasser le bokken tout abimé et quitter la cour, le visage pensif et légèrement mélancolique. A quoi pouvait-il penser ?

Toute la nuit, le jeune garçon cogita. Et si jamais Hattori ne revenait pas ? Il allait se sentir de nouveau très seul. Honteux et la boule au ventre, Klaus espérait que ce dernier revienne tout de même le lendemain.

×××

Cela faisait plus de douze jours que Hattori n'était pas revenu. Paula était désolée de voir de nouveau Klaus seul mais ce dernier semblait animé par un objectif qui ravivant une curieuse lueur dans ses yeux. Après avoir fini ses devoirs, le jeune garçon allait tous les soirs seul dans la grande cour s'entrainer au sabre de bois. L'agitant frénétiquement dans le vide en se concentrant sur un point, il répétait l'entrainement que le sabreur de Wa lui avait appris. Cela lui permettait en outre de faire le vide dans son esprit et d'être un peu plus calme, tout en travaillant la précision de ses coups. Il avait également confectionné une grosse poupée en paille avec un gros chignon noir. Avant de la disposer au milieu de la cour comme cible d'entrainement, il avait hésité un moment, fixant avec insistance l'horizon dont cet étrange samouraï avait surgi, couvert de blessures.

Finalement dans un geste ferme, il planta sa cible dans le sol et commença son nouvel entrainement.

×××

Six mois plus tard, un poing lourd et fort toqua contre la porte de la maison. Apercevant une grande silhouette masculine seule et boitant devant le palier de la porte, le cœur de Klaus rata un battement l'espace de quelques secondes. Il interrompit sa lecture et se précipita sur la poignée de la porte pour la déverrouiller :  

"Bah alors Klaus tu fais pas un câlin à ton papa ?" demanda Emerik en ouvrant ses bras avec un sourire niais.

" Papa mais... Qu'est-ce qui t'es arrivé ?" s'écria Klaus en écarquillant les yeux devant la momie qu'était devenue son père. La surprise et l'inquiétude avait complètement dissipé sa déception.

Alertée par le cri de Klaus, Paula accourut et manqua de s'évanouir. Heureusement, le père les rassura aussitôt en leur promettant qu'il ne s'agissait que d'un bandage temporaire. "Les temps sont durs sur les mers." répétait sans cesse le père de famille. Il fut à la fois étonné et heureux d'apprendre que Klaus donnait désormais des cours de sabre avec des enfants du quartier, preuve que son fils grandissait toujours et encore. Il ria devant l'impertinence de son fils qui justifia ses leçons par la possibilité de pouvoir "tabasser d'autres gosses" avec une excuse valable.

Une chose que Klaus appréciait beaucoup étaient les histoires que son père racontait  en rentrant pour de courts congés à la maison. Pleines d'aplombs elles étaient les seules choses (avec celles de Hattori) qui l'aider à s'évader de son univers monotone à Macadémia. Il devait également saluer le courage de son père qui, dans un souci de paraître plus fort grossissait volontairement la férocité et le charisme des pirates qu'il combattait. Devant les yeux remplis d'étoiles de son fils, Emerik s'exclamait :

" Alors elle est pas belle la vie de Marine ? "

" Les pirates sont bien plus cools."

" KOUA ?!"

" Papa, j'ai un aveux à te faire." enchaina Klaus rapidement en se levant.

" N-Ne me dis pas que tu veux devenir pirate ?"

" Emmène-moi avec toi. Je peux t'être utile, je sais manier le sabre. Je déteste Macadémia je ne veux pas rester ici."

Interloqué, le père concerta la mère du regard. Celle-ci bien sûr n'approuvait pas du tout la demande. Mais c'était bien la première fois que  son fils lui faisait une requête avec une telle assurance. Ses yeux rubis -les mêmes que sa mère- brillaient d'une étincelle étrange, celle qu'il pouvait parfois apercevoir dans les yeux des plus preux en pleine bataille. Emerik posa sa tasse de café sur la table basse avant de lui adresser un sourire avec fierté : Klaus son petit garçon projetait déjà de devenir un fier soldat de la Marine comme lui ?  

" Tu es encore trop jeune mon fils. A tes dix-huit ans je viendrai volontiers de chercher."

" Mes seize."

" Bon d'accord, d'accord ! Ne me regarde pas comme ça, je réfléchirais pour tes seize ans."  

Quelques années plus tard, Emerik tint parole à un détail près : après les inlassables tentatives de Klaus d'embarquer avec lui il vint le chercher à ses quinze ans. La soif inexplicable de connaître plus que les quatre murs de sa chambre, de croiser d'autres gens, d'autres personnalités que les regards jaloux de Macadémia lui fit littéralement pousser des ailes. Il promit à sa mère de continuer de bien étudier même en étant soldat de la Marine car ce n'était de toute façon pas la vocation qu'il souhaitait embrasser.

Sans se retourner, il quitta le domicile familial sans regrets. Paula eut un petit pincement au cœur mais parvint à se convaincre qu'il s'agissait d'une bonne décision en voyant sa démarche fière et dénuée de toute hésitation. Le père comme le fils n'étaient décidément pas hommes à rester à la maison.

Il avait enfin trouvé son chemin.

×××

Huit ans plus tard au royaume de Macadémia, le roi Olly s'éteignit après de longues années de règne mouvementé. La tension sur les questions de succession étaient réglées depuis fort longtemps déjà mais un assassinat fit tourner la roue. La famille de la branche principale fut évincée après la mort du fils de sa première maitresse, la comtesse de Balard et c'est donc le fils de la seconde maitresse, Jacques de Hargn à qui revint la position. De nombreuses contestations eurent lieu, même parmi le peuple qui réclamait que justice soit rendue après ce soit-disant meurtre honteux mais Jacques prit le soin d'effacer les preuves et de rallier à lui les forces armées grâce à son immense fortune. Son caractère autoritaire et dominateur séduisit le général Orca qui voyait en lui un conquérant capable d'apporter le prestige que les autres concurrents au trône n'ambitionnaient pas. La fortune, la puissance militaire et l'ambition : que pouvait donc bien arrêter cet homme ?

Klaus avait vingt ans et de retour au bercail et les péripéties dangereuses de GrandLine lui avait forgé non seulement un caractère fort et plein d'assurance mais aussi une aptitude au sabre très respectée. Au milieu de ces machinations royales et du despotisme que le royaume de Macadémia subissait, le jeune homme resta totalement... indifférent. Paula Hawks avait accueilli son fils avec joie malgré le contexte lugubre et constata avec nostalgie combien il avait tant grandi.

" Je peux comprendre pourquoi ton père ne veut pas rentrer souvent ces dernières années... toute cette pression dans l'air ce n'est pas bon pour la santé."

"  Me parle pas de lui. Il aurait pu t'envoyer plus chaque mois mais il en gardait pour ses réserves d'alcools et de prostituées."


" Klaus."

A nouveau, il suffisait que les yeux rubis de sa mère le dévisage pour qu'il s'excuse aussitôt, mal à l'aise.

" Je sais que tu ne t'entends plus très bien avec ton père mais ce n'est pas une raison de lui en vouloir. Au fil du temps les hommes changent parfois..."

" Tu es encore dans le déni maman. Toutes ces années il a fallu que tu cumules deux jobs parce que le vieux était un alcoolique qui voulait payer ses cuites le week-end. Tu parles d'un héros de la Marine."

Durant ces dernières années Klaus avait appris à mieux connaitre son père, mais également ses démons. Un homme au travail n'est jamais le même à la maison. Emerik Hawks avait une sale addiction : l'alcool. Et son fils avait fini inéluctablement par le découvrir, non sans ressentir une grande trahison. Lui qui avait toujours été un père aimant arrivé à la maison se révélait être un ivrogne irresponsable et menteur. Tous les mois les maigres pensions -au goût de Klaus- qu'il versait à sa famille étaient dues à ses reverses personnelles d'alcools et autres fantaisies qu'il se payait. Par ailleurs ce dernier était rarement en mission et avait maintes occasions de rentrer à la maison, chose qu'il ne faisait jamais. En réalité Emerik détestait Macadémia tout autant que Klaus. Personne ne s'était jamais douté de rien : c'était comme s'il y avait eu deux pères. Le choc avait été tel pour le jeune homme qu'il haissait désormais son père avec une aversion profonde, manquant même de le tuer plusieurs fois lorsque les deux dégainaient leur épée lors de violentes disputes.

Ce qui lui faisait le plus mal c'était d'avoir laissé sa mère seule dans ce royaume pourri et une baraque miteuse pendant tout ce temps. Paula quant à elle aimait toujours Emerik, prête à tout lui pardonner, au grand dam de Klaus qui n'espérait qu'une chose, que le vieux crève du bout d'un sabre. Maintes fois il lui avait proposé de partir de Macadémia, il avait grandement économisé pour. Maintes fois il se heurta à la même réponse négative.

" Ce foyer, c'est tout ce qu'il me reste de lui. Si je m'en vais qui l'attendra ? "

" Très bien. Fais comme tu veux..." répondit-il sans cacher sa déception. " Mais garde la bourse au cas où..."

Il s'agissait de l'argent qu'il avait retiré sur le compte de son père. Toujours en hâte, il projetait de partir visiter le pays de Wa comme il en rêvait mais un incident lui fit réviser cette décision. En effet, deux jours après son arrivée des soldats débarquèrent soudainement pendant le repas et toquèrent à la porte de leur maison, demandant à Paula Hawks de les suivre gentiment.

" Ne t'en fais pas Klaus. Ils font des interrogatoires aux habitants du bas quartiers à peu près tous les mois. "

" Je t'accompagne. Tu m'as l'air bien pâle maman."

" Ne dis pas de bêtises mon chéri, je peux très bien..."

Paula Hawks ne termina pas sa phrase ; s'étant appuyée sur le bord de la table pour se lever elle sentit son poignet lui faire défaut et son coude plia. Klaus la rattrapa de justesse, le visage défait par le sentiment d'avoir eu raison. A chaque fois qu'il rentrait à la maison il était toujours plus alarmé par l'état de sa mère qui se détériorait. Son souffle était court et il lui avait sommé d'aller voir un médecin. Sans grande surprise, ce dernier lui prescrit du repos.

" Le médecin lui a prescrit de ne pas quitter la maison." lança Klaus avec un sourire innocent néanmoins empreint d'une grande froideur.

Les soldats se concertèrent d'un regard interloqué et pointèrent leurs lances :

" Est-ce que vous contestez les ordres directs du Roi Hargn ? Cette femme est soupçonnée d'être en lien avec des terroristes étrangers. "

Sans attendre plus longtemps le jeune homme s'avança et écarta du bout des doigts la lance affûtée du soldat qui hésita un instant à planter le jeune homme. Rapprochant son visage le plus près possible, il articula entre ses dents :  

" Tu comprends pas ce que je te dis ? Elle ne sortira pas de cette baraque. Ton interrogatoire tu le fais ici ou tu dégages. "  


Sur ces mots, il avança du bout du bras une chaise dont les pieds frappèrent le sol avec fracas. Le regard mauvais, le soldat se  retourna lentement, faisant signe à ses compères de se retirer. Bouillant de rage, ils quittèrent la maison sans demander leur reste, bien déterminés à rapporter cette insubordination qui allait leur coûter cher.

" Klaus... Ils avaient raison je... Je pense savoir pourqui ils voulaient m'interroger."

Le jeune homme tourna la tête vers sa mère, le visage encore endurci par l'agression des soldats mais une interrogation pointait dans ses yeux. Sa mère semblait vouloir lui faire des aveux. Devant cette atmosphère pesante, Klaus se rassit.

" Tu te souviens de Hattori Harusame ?"

Il hocha la tête, perplexe devant l'évocation de son nom dans une discussion huit ans après sa disparition. Sa mère continua :

" Il y a huit ans de cela j'ai été demandé à la police locale s'il savait quelque chose sur un vagabond correspondant à sa description. Tu avais l'air si déprimé il fallait que je fasse quelque chose... J'ai malheureusement appris à cette époque qu'il avait été capturé et renvoyé dans son pays contre une grosse somme d'argent. Et étant donné ce qu'il t'avait dit sur sa potentielle exécution si jamais il retournait en Wa... "

Klaus se contenta d'acquiescer lentement de la tête, silencieux.

" Pardonne-moi j'aurai dû te le dire plus tôt. Mais tu avais l'air de te porter tellement mieux à l'époque et j'avais peur de te replonger dans de douloureux souvenirs."

" Non, non, tu as bien fait. J'ai tourné la page à présent."

Ressaisissant ses couverts, il finit son repas avec appétit. Paula le regarda, attendrie devant la simplicité de son garçon.

" Klaus... Tu n'aurais pas dû faire ça..."

" Ils n'allaient 'juste' pas t'interroger, je le sais." affirma-t-il en croquant dans un morceau de pain.

"Et comment tu peux me dire ça ?" demanda-t-elle avec un sourire suspicieux.

" Instinct."

Paula Hawks ne put s'empêcher de penser qu'il avait le même culot que son père à chacune de ses réponses. Mais pour Klaus qui avait passé des années en mer à aiguiser ses instincts pendant des batailles contre des pirates expérimentés il ne s'agissait nullement d'une réponse lancée à la volée. D'ailleurs son instinct le prévint formellement : il n'allait pas pouvoir reprendre la mer d'aussitôt malgré son empressement.

Il fallait donc qu'il règle les choses à Macadémia, une bonne fois pour toute.

×××

Pour des raisons inconnues, Hattori Harusame savait des choses qui semblait condamner son existence. La logique le poussait à croire qu'il y avait bien plus qu'une simple histoire de clan ou de partisans du shogun, d'où la transaction honteuse entre Wa et Macadémia. Lorsqu'il appris que le montant s'élevait à environ cent millions de berries, cette impression se changea en conviction. Hattori Harusame détenait quelque chose d'assez dingue pour mériter une telle prime. Pour l'heure, il garda cette information dans un coin de sa tête et se focalisa sur l'avenir du royaume. Tandis que son cœur battait avec excitation, il arriva aux portes du principal bar de la ville, là où le peuple gronde et exècre.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas revu ses "disciples" au sabre. Étant gosses ils le vénéraient tous comme une sorte de dieu grâce à la pratique du sabre "trop classe" qu'il tentait d'inculquer et de personnaliser mais il se demandait s'il en était toujours de même aujourd'hui. Saisissant son bazooka et tirant sur l'enseigne, l'explosion secoua les personnes à l'intérieur et détruisit une bonne partie du mobilier dans une épaisse fumée noire qui laissait sa silhouette se dessiner peu à peu.


" Désolé c'était pour la mise en scène. Voila l'argent pour rembourser." dit-il au gérant aux yeux écarquillés et à la coupe afro à cause de l'explosion.

" C-ce bazooka...!!

" Et cette façon de parler..!"

" Yo les gars ! Comment se portent vos sabres ? Toujours dans leur fourreau ? " déclara Klaus, un sourire sadique s'élargissant sur son visage.


×××

Une nuit. C'est ce qu'il fallu à Macademia pour sombrer aux mains des rebelles. Une milice aux uniformes noirs avait vu le jour quelques semaines avant, fomentée et composée de plusieurs organes internes telles celle des anti-royalistes qui jouissaient depuis longtemps d'une popularité discrète aux yeux des autorités ou encore les partisans des autres clans au pouvoir. Une guerre civile avait éclaté peu après le passage de Klaus dans le bar, réunissant ses vieux compères pour former le début de cette milice. Après des discours endiablés sur les grandes places, le peuple se rallia à la cause de cette monarchie usurpée et irresponsable qui, de génération en génération dépensait l'argent des lourds impôts dans des interminables intrigues de cour, la goutte faisant déborder le vase étant le joug de plus en plus tyrannique de l'assassin Jacques de Hargn au pouvoir.


Un des leader de cette révolution, le jeune Hawks, avait même réussi à convaincre le général Orca des troupes royales de se ranger de son côté grâce au nom de Hattori Harusame. Prétendant détenir la vérité sur lui et sur le pourquoi de la somme versée, Klaus put mettre Orca de son côté, non sans grande difficulté en raison de la révolution déjà en marche. Néanmoins tout le mérite ne lui revenait pas, étant donné le contexte déjà très tendu à Macadémia : il n'avait été que le déclencheur, ce léger coup de doigt donné à une myriade de dominos. Il ne se l'avouait pas mais il se sentait comme un roi déplaçant ses pions sur un échiquier et cette sensation lui était loin d'être déplaisante. Ses études, son expérience du combat et son sens de la perspicacité lui permirent d'analyser et de comprendre très vite la situation ; à partir de là comment la tourner en sa faveur et gagner la confiance des autres devenait un jeu d'enfant. Lors des deux premières semaines les morts furent nombreux mais pendant l'assaut final qui dura seulement une nuit, le royaume était désormais transpercé d'un silence glacial. Tous avait baissé leur armes, espérant pour une meilleure renaissance, un nouveau départ.

Klaus ne fut pas celui qui donna le coup final à Jacques de Hargn et à sa dictature. Il s'était éclipsé bien avant, au chevet de Paula Hawks.

***

" Qu'est-ce que tu fais ? " souffla-t-il, peinant à reprendre son souffle

N'osant rentrer dans la chambre, il se contenta de regarder d'un air hagard sa mère allongée, blême dans son lit en train de fixer d'un air vide le plafond, une main tendue vers le ciel. Elle tourna finalement lentement sa tête vers lui et lui sourit faiblement.

" Je suis désolé Klaus..." déclara le médecin en se levant doucement. Il posa une main compatissante sur l'épaule de ce dernier avant de quitter la salle.

Il s'approcha lentement de son lit, prenant sa main blanche entre les siennes, toujours en refusant d'y croire. Un sourire amer se dessinait d'ailleurs sur son visage, tandis qu'il secouait la tête, agité par des rictus nerveux.

" Je suis en train de transformer ce royaume pourri pour toi... Tu ne peux pas partir maintenant ! "

Cette dernière phrase sonnait comme une supplication. Il était rare de le voir dans de pareil état. Pourquoi est-ce cela arrivait maintenant ? Il avait pourtant tout planifié pour la garder en sécurité, bien à l'abri des soldats chez les anti-royalistes qui lui avait prêté cette pièce. Par ailleurs elle n'avait fait que de prendre du repos dernièrement. Il avait bien veillé à ce qu'elle reprenne des forces. Pourquoi en ce moment fatidique, fallait-il que les forces l'abandonnent ?

" Tu es... couvert de sang... Klaus... Tu vas bien ?.." demanda-t-elle en articulant difficilement.

" C'est pas le mien." la rassura-t-il, de plus en plus désemparé. " C'est pas le mien..."

Il ne sut que dire d'autres, tenant fermement la main de sa mère dans les siennes. Elles étaient gelées. A ce moment précis, il chassa vivement les pensées concernant son père. Elles ne feraient qu'obscurcir son visage et ce n'était pas ce qu'il voulait montrer comme ultime souvenir. Mais malgré tout elle remarqua son trouble intérieur et posa sa main sur sa joue.

" Ne lui en veut pas..." commença-t-elle.

" Ne parle pas de lui s'il te plait." rétorqua Klaus, sentant une colère sourde monter en lui.


" Je sais que tu l'aimes quand même... Il reste ton père..."

Klaus n'eut pas la force de répliquer. A la place, il tenta de rester lucide, chose qu'il faisait toujours lorsqu'il était embrumé.

" J'ai... Tu peux vivre en paix maintenant. Je vais rester encore un peu ici le temps que tu  ailles mieux. Te préoccupe plus des impôts, du travail, de mes études. Fais des choses qui te font plaisir maman. D'accord ?"

Il appuya le dernier mot avec tellement d'insistance qu'elle se sentie obligée de lui répondre "D'accord" malgré tout.

Un flash passa devant ses yeux. Klaus venait de se réveiller les cheveux encore tout ébouriffé avant d'aller à l'école. Mais il était encore trop tôt et elle lui disait qu'il pouvait aller se rendormir encore un peu. Elle remarqua qu'il fixait la nourriture qu'elle était en train de préparer pour son repas du midi. Des crevettes frites et des nouilles sautées aux légumes, son plat préféré. La cuisine embaumait une bonne odeur alléchante qui éveillait l'appétit. Mettant de la nourriture de côté dans son petit panier-repas elle prépara rapidement une portion supplémentaire. Klaus fut tout sourire en la voyant servir une assiette, l'invitant à manger ce petit cadeau matinal. En ces moments la maison respirait le bonheur : de quoi d'autre avaient-ils besoin ?

" Te préparer de bons petit plats...Ça me faisait plaisir."

Il ne l'avait jamais remercié pour toute la patience et ces longues matinées qu'elle passait à préparer des bons plats, et ce, malgré la journée harassante de travail qui l'attendait. La gorge nouée face à la remontée de souvenirs, il ne put que répondre qu'un misérable :

" Moi aussi."

"... Te voir réussir à l'école aussi me faisait plaisir."

Tous les soirs il rentrait de l'école avec des blessures, incapable d'être comme les "autres enfants", lui causant un sentiment d'inquiétude et de culpabilité. Elle lui demandait sans cesse "Et alors comment s'est passé l'école ?" espérant toujours une réponse positive, mais n'obtenant que pour seule réponse une mine indifférente ou renfrognée. Il avait ensuite sacrifié tout l'argent investi et gagné à la sueur de son front pour embarquer sur un navire Marine à l'âge de seize ans. Se mordant les lèvres face à la douleur aiguë qui lui martelait le cœur sans répit, il répondit :

"Moi aussi."

" Te voir sourire... Ne pas être seul... Toujours... heureux."

Et pourtant il était parti sans se retourner, sans jamais prendre le soin de donner des nouvelles ou de lui demander les siennes. Elle qui voulait plus que tout le tirer de sa solitude avait été abandonnée seule à son sort dans une vieille baraque en ruine au milieu de ceux et celles qui l'appelaient dans un rictus moqueur la mère du "petit démon", une incapable qui ne savait pas élever son enfant. Cette fois-ci, il ne put dire un mot.


Sa main glaciale se raidit et glissa lentement le long de son visage. Klaus la rattrapa doucement, et la remit contre sa joue. Malgré tous les efforts du monde il sentit ses yeux humides déverser une pluie brûlante. Des sanglots s'échappèrent péniblement de sa gorge, qu'il tenta tout d'abord d'étouffer mais n'y parvint pas.

Tandis qu'une larme creusait un chemin brûlant à travers les tâches de sang, il répéta :

" Moi aussi. Pardon."

×××

La chute de Macadémia fut relayée dans les zones maritimes proches. Klaus embarqua seul à bord d'un navire peu de temps après, emportant avec lui les promesses qu'il avait fait aux rebelles d'aider à reconstruire le royaume. Il dût même se battre avec le général Orca et une partie de sa troupe, enragé d'avoir été dupé. Le reste ne lui faisait plus confiance, le vieux chef ayant perdu toute crédibilité. Après un duel à mort qui lui couta de profondes cicatrices sur le torse, Klaus sortit finalement vainqueur, le visage las et sombre. Ses yeux aux pupilles rouges dilatées et le corps violemment lacéré du général Orca avaient terrifié l'assemblée présente. Le sabre encore dégoulinant de sang, il répétait d'une voix glacée et monotone :

" Le royaume est à vous, faites ce que bon vous semble."

Personne ne compris vraiment pourquoi ce type ayant mis tant d'ardeur et d'ambition à faire tomber un tyran ne souhaitait ni obtenir sa part de gloire, ni un titre haut placé dans ce nouveau pays. Malgré sa victoire sur Macadémia puis sur le général Orca,  le jeune homme ne semblait nullement satisfait. C'était comme si un adversaire s'était enfui avant la fin de la bataille, provoquant un sentiment de vide chez le sabreur aux yeux rouges. Un camarade anti-royaliste lui avait d'ailleurs demandé ce qu'il allait faire désormais, ce à quoi Klaus répondit en hissant les voiles de sa barque, un sourire malicieux sur les lèvres :

" Me faire un nom. "


Un frisson lui parcourut l'échine, tandis qu'il regardait le bateau de Klaus s'éloigner. Il ne sut dire pourquoi mais il ressentit un désir ardent de revanche palpable en écoutant les derniers mots de celui qu'on appelait autrefois le "petit démon". De qui pouvait-il bien vouloir se venger ? Qui voulait-il poursuivre à travers ces mers enragées ?

Je suppose que tout n'est qu'une question de temps désormais...

[5730 mots]

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MessageSujet: Re: Klaus Hawks, le Sanguinaire Ambitieux {Loading}   Lun 22 Aoû - 9:30

Bienvenue sur OPL

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○ Réputation : Niveau 3
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○ Commentaires : Pas mal, vraiment pas mal ! L'histoire de Klaus est vraiment très intéressante à lire, le côté sombre et violent rend super bien. Un personnage qui promet de faire parler de lui sur les mers, j'ai hâte de voir ça ! Pour le reste, quelques fautes, mais rapport à la longueur ce n'est pas grand chose. Puis je suis persuadé que c'est des fautes d'inattention ("Tout" au lieu de "Tous" par exemple). Que dire de plus ? Histoire captivante, très bien écrit, peu de fautes et une longueur honorable. Bref, excellente présentation !

Tu commences ton aventure avec 670 de Puissance (550 Note Présentation + 30 Bonus Pirate + 40 Bonus Sabreur + 50 Bonus Anniversaire) et 3 000 000 de Berrys (2 000 000 Note Présentation + 1 000 000 Bonus Sabreur)
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