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 Jigoku D. Shirotsune... l'improbable Marine débarque ! [Terminée]

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Jigoku D. Shirotsune
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Localisation : Un asile, sur une île dans l'océan pacifique.

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MessageSujet: Jigoku D. Shirotsune... l'improbable Marine débarque ! [Terminée]   Dim 24 Juil - 10:43

Surnom : Le Renard Blanc, le Diable Blanc.
Âge : 26 ans
Lieu de naissance : Pays de Wa, sur le Nouveau Monde.
Race : Humain... et avec toute la panoplie !
Camp : Marine... enfin je crois...
Capacité : Sabreur !
Métier : Cuisinier

Jigoku D.
Shirotsune
Hé ça va, j'picole pas souvent !
Bonjour Shirotsune, j'ai beaucoup entendu parler de vous, vous savez ! Disons que pour un Marine, vous faite beaucoup de bruits…
Moi ? Non, je suis la discrétion incarnée… bon, peut-être qu'on a relayé quelques-uns de mes exploits. Si vous faite référence à cette gigantesque sauterie avec les collègues, sachez que… c'était la meilleure fiesta de South Blue ! Les soldats en parlent encore ! Je l'admets, il m'arrive parfois d'oublier que je suis un soldat de la Marine et que je représente la "justice". Attention, je ne suis pas un criminel, c'est juste que j'ai tendance à… profiter de la vie ? Ouai, on va dire ça ! Oh comme tout bon soldat de la Marine j'arrête des criminels. Je les envoie à Tequila Wolf ou encore Marinford, mais je crois que mes supérieurs n'aiment pas mon attitude. Trop dissipé, incontrôlable et excentrique d'après eux. On m'a menacé au moins quinze fois de me renvoyer et presque autant de conseil martial. Moi je pense que tant que le boulot est fait, c'est le principal, non ? Ce que veulent les gens, c'est se sentir en sécurité, pas qu'on dorlote les criminels. Oui, certains vont surement passer plus de temps chez le docteur qu'en prison, mais au moins ils ne recommenceront plus. Pour conclure, je dirais qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on entend ! Par exemple, je ne fais pas ça pour aller plus vite au bar pour me saouler… c'est faux !

Transition parfaite… votre problème avec l'alcool, on en parle ? Parce que les filles, l'alcool et les drogues, ce n'est pas très classe pour un soldat de la Marine.
Les drogues ? Mon Maître fumait cette herbe à longueur de journée, ça n'a rien d'une drogue ! Bon j'ai peut-être parfois abusé de quelques herbes hallucinogènes, mais à côté de ça, je bois régulièrement du thé et je fais beaucoup de méditation. L'équilibre est préservé… enfin je crois. Quant à l'alcool, rassuré vous, je n'ai aucun problème ! J'aime le rhum, la bière, le saké et toutes autres formes d'alcool, mais je n'ai aucun problème. Après tout, vous savez ce qu'on dit… on n'abuse jamais trop des bonnes choses ! Puis si mes supérieurs n'arrivent pas à se décoincer, ce n'est pas de ma faute. Toujours le cul vissé sur une chaise, le terrain semble bien loin… attendez… vous allez écrire ce passage ? Non ? Ouf, ça va alors ! J'ai déjà assez de problème comme ça… il parait que je ne respecte pas mes supérieurs et que j'ai un problème avec l'autorité. Oui, parfois je me laisse un peu aller et je dérape, mais quand vous avez servi sous les ordres du Colonel Hamerstrong, vous prenez quelques libertés. Je lui en ai fait baver au colonel, mais il m'a appris une tonne de choses. C'est à lui que je dois d'avoir encore ma tête sur les épaules ! Parce qu'il m'a tiré d'une tonne de galères… au fait, c'était quoi la question ?

L'alcool… mais passons, pensez-vous être un Marine exemplaire ? Vous pensez être fier de votre attitude, mais autant dire que vous n'êtes pas le gendre idéal !
Pas le gendre idéal ? Tout dépend du point de vue ! Je vous expliquerais ça en privé… Non, bien sûr que non, je ne suis pas un Marine exemplaire. Je passe mon temps à manger, dormir, faire la fête ou picoler. Une journée parfaite pour moi ? Dormir à l'ombre d'un arbre la journée, faire la fête le soir et me trouver une jolie fille – ou deux – pour la nuit. Je ne me vois pas monter très haut dans la Marine, Commandant peut-être… T'façon, grade égale responsabilités. Soyons honnête, je ne suis pas fait pour les responsabilités. Puis il faut commander des troupes, bref travailler dur et moi, je ne travaille pas dur. Minimum d'effort, pour un maximum d'efficacité. On me donne une mission, je la fais et ensuite, je profite du temps qu'il me reste. Oui, une fois, j'ai oublié un prisonnier en plein soleil… je l'avais attaché pour qu'il évite de s'échapper. J'étais en si charmante compagnie, que je l'ai oublié… une jolie rouquine aux yeux verts, avec une…

En effet, vous n'êtes pas un Marine exemplaire… mais parmi cette pléthore de défauts, vous avez surement quelques qualités, non ?
On ne va pas se mentir, trouver des qualités va s'avérer… épineux. Si je vous dis qu'avec moi on s'amuse, c'est une qualité ? Non ? Et pourtant, beaucoup en redemande… mais soit, trouvons des qualités ! Pour commencer, je suis fidèle ! Peut-être pas au près des femmes, mais elles savent à quoi s'attendre dès le début. Je suis fidèle envers la Marine et mes principes. Je n'ai pas le symbole de la Marine tatoué sur le biceps, mais je défends les valeurs qu'elle représente. Une jolie fille en danger ? Je vol à son secours… et si elle est moche ? Oui, bien sûr ! Même si c'est un vieux moisie qui sent le purin ! Je n'aime pas particulièrement l'injustice, la corruption pour la violence gratuite. Si je sors mon sabre, c'est pour une bonne raison. Je ne découpe pas des criminels par envie, mais par nécessité. Au moins, quand ils sont à moitié estropiés, ils ne recommencent pas ! Si je dois défendre une cause juste, je n'ai aucune limite. Personne ne m'arrêtera, ni mes supérieurs, ni le Gouvernement, personne. Bien sûr, je ferais tout ça avec le sourire, parce que c'est plus fun en s'amusant !

En tous cas, vous avez la pêche et c'est agréable… les Marines tendus et coincés, j'ai donné ! Vos camarades doivent aimer partir en mission avec vous, je me trompe ?
Pas tout à fait… un soldat lambda, oui, sera ravi de partir en mission avec moi. Plus ils sont gradés, moins ils sont ravis de partir en mission avec moi. Parce qu'ils savent que si je fais une connerie, ça leur retombe dessus. Dans un sens, je ne peux leur donner tort… surtout que je fais beaucoup de conneries. J'ai un don inné pour attirer les emmerdes. Je fais avec et ce n'est pas en tirant la tronche que ça va s'arranger. Autant garder le sourire et faire avec, au mieux ça déstabilise l'adversaire, au pire… vous passez pour un con, mais ça, ça va je gère. Faut avoir la pêche, garder le sourire et s'amuser, c'est la clé pour vivre vieux. Qui sait… je pourrais peut-être faire chier la Marine jusqu'à cent piges au moins avec cette attitude ! En tous cas, c'est en bonne voie !
Dites-moi, un physique tel que le vôtre vous aide-t-il à gravir les échelons au sein de la Marine ?
Si seulement c'était le cas… puis je ne pense pas être un apollon ! Certes, j'en impose par mes deux-mères douze et ma carrure athlétique, mais je vous assure que j'ai quelques graisses en trop. Quatre-vingt-douze kilos, ce n'est pas rien quand même ! Bon, je devrais surement ralentir sur la bouffe et l'alcool, mais que voulez-vous. Renoncez au plaisir de la vie, ce n'est pas mon genre. Je ne suis pas de ceux qui bouffe des machins tout sec avec trois galons de flotte par jour. Les graines, très peu pour moi !

Oui, je vois… mais admettez quand même que vous êtes plutôt charmant et ce n'est pas la gente féminine qui va me contredire.
C'est des avances ? Plus sérieusement… je ne sais pas, je ne cherche pas spécialement à me mettre en valeur vous savez ! Le matin je passe juste une plombe à coiffer cette tignasse. Parce que oui, c'est long, doux et soyeux, mais quand vous passez votre journée à poursuivre les criminels, le soir, c'est la galère pour nettoyer ! Obligé de passer quinze shampoings, de sécher, brosser… je rêve d'un harem avec de jolie fille à mon service et… je m'égare, désolé. Je pense, oui, que j'ai un physique plaisant. Une crinière argent et des yeux rouges démoniaques. Le côté Bad Boy, ça plait aux filles ! On m'a toujours dit que j'avais un regard espiègle… surtout avec mes yeux finement dessiné et mon sourire. C'est vrai que vous sous cet angle, oui, je suis plutôt charmant.

Ah, enfin ! D'autant que physiquement, vous êtes plutôt bien portant, non ? Un corps musclé et sculpté suite à des années de sacrifices j'imagine.
Mon Maître… était quelqu'un d'étrange, énigmatique et un peu pervers sur les bords. Mais c'était un excellent sabreur, qui a su à sa manière m'entraîner. Quand vous passez quatre jours enterrés dans le sable en plein soleil ou deux jours pendu par les pieds, ça donne à réfléchir. Chaque entraînement qu'il me faisait enduré avait pour but de travailler ma technique, mais aussi sculpté mon corps. J'ai quelques cicatrices qui en atteste… comme celle à la cheville gauche. On y voit encore les lacérations de la corde, vous voyez ? Mon Maître n'était pas sévère, juste un peu dissipé. Il m'avait… oublié. Je n'avais que douze ans, mais je vois plus ça comme un souvenir. Celle-ci **ouvre son kimono** sur les côtes, ce n'est pas un cadeau de mon maître, mais d'une fille. J'avais seize ans et on passait notre temps à se chamailler. J'ai été un peu trop loin et… je suis tombé dans le ravin. Vous savez ce qu'on dit, qui fait le malin, tombe dans le ravin !

Les cicatrices, c'est quelque chose ! Certains les portent comme des tatouages, mais j'imagine vous n'avez pas besoin de ça avec un style vestimentaire tel que le vôtre.
Oui, je… je l'admet, j'ai un problème avec l'uniforme de la Marine. Pourtant, il est soigneusement rangé, mais je le porte qu'en de rares occasions. Parfois, il m'arrive de le mettre, pour sortir. J'attache mes cheveux, je mets l'uniformes et je sors en ville. Juste pour… juste pour draguer. L'uniforme, le prestige, ça fait fondre les filles ! Pour ce qui est de ma tenue vestimentaire… je viens du Pays de Wa vous savez, alors forcément, le kimono est obligatoire. C'est le vêtement idéal pour combattre, vous êtes libres de vos mouvements. Bon je l'admets, sur la couleur… j'ai un peu merdé. Orange et blanc, ce n'est pas très discret. Surtout quand vous devez passer inaperçu pour une mission. L'uniforme de la Marine n'est pas mieux pour ce genre de mission ! Puis ce kimono est très classe, vous ne trouvez pas ? Fait dans une soie impériale très noble. C'est un cadeau d'une… généreuse donatrice. Une Noble que j'ai croisé lors d'une mission et qui a tenue à me remercier personnellement pour lui avoir sauvé la vie. Je portais jusque-là des kimonos très basiques, mais je me suis rapidement habitué au tissu de luxe. Pour conclure, je dirais que le kimono est la tenue idéale. La Marine devrait s'en inspirer ! C'est vrai, vous êtes à l'aise pour vous déplacer, pour combattre. Hiver ou été, peu importe le temps, c'est l'habit qui convient. Et surtout… il s'enlève rapidement ! (Rires)

Je n'en doute pas une seconde ! Pour conclure, j'aimerais qu'on s'intéresse à vos sabres… vous pouvez m'en parler ?
Oui, bien sûr ! Comme je l'ai dit, je viens du Pays de Wa et là-bas, on apprend le maniement du sabre avant de marcher. Il est donc tout naturel qu'en tant que sabreur, je possède des sabres. Au nombre de trois, ils sont toujours accrochés à ma ceinture. Sauf quand j'enlève mes vêtements évidemment. Je ne vais pas prétendre être le meilleur sabreur au monde… parce que je n'en ai pas envie. C'est avoir une cible sur le dos et je préfère dormir tranquillement à l'ombre d'un arbre. Revenons aux sabres… le premier est un sabre basique, que j'ai acheté à un commerçant de Logue Town. J'ai dû négocier serré, mais… je crois que je me suis quand même fait arnaquer sur le prix ! Les deux autres en revanche, sont des Ryo Wazamono, des sabres de grande qualité et rares. Le premier est noir, orné de rouge. Je l'ai gagné au Poker… si, je vous assure ! J'étais dans un bord… un établissement respectable qui propose divers services tenus par un Yakuza. Il a voulu miser de plus en plus gros, jusqu'à mettre son sabre en jeu. J'ai gagné un sacré paquet de Berrys, un sabre et j'ai coffré tout le monde ! Quant au troisième, le sabre blanc… c'est Rosalia. Mon bien le plus précieux. Un sabre que je brandirais jusqu'à ma mort, qu'il soit brisé, émoussé ou couvert de rouille ! J'y tiens plus qu'à ma propre vie.

Jigoku D. Shirotsune, merci d'avoir répondu à mes questions, c'était un plaisir ! J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir, je suis persuadée que vous aurez une brillante carrière ! C'était Rebecca Wild, pour la Mouette Déchaînée, la seule mouette libre sur les mers !
      — Où est passez ce satané Jigoku ! Trouvez-le moi et…

Le Colonel Hamerstrong arriva sur le pont et ne vit personne. Pas un soldat sur le pont. Fou de rage, il descendit dans les dortoirs. Puis dans la cale et même dans les cuisines. Personne. Il n'y avait pas âme qui vive sur ce fichu navire. Son regard se porta plus loin, sur la ville. Le colonel fronça les sourcils et bondit sur le quai. L'endroit était anormalement calme. Il remonta la ruelle et croisa les premiers habitants. Du moins, ce qu'il en restait. Durant sa carrière, il en avait vu des scènes sanglantes et horribles, mais là, ça dépassait tous ses souvenirs. Les plus chanceux étaient adossés aux murs, le regard vide et de la bave au coin de la bouche. Pour les autres, ils étaient écroulés par terre. Endormis dans leur vomi – qui n'était pas forcément le leur. À mesure qu'il avançait, il vit les premiers soldats. Par chance, certains avaient encore leurs uniformes. D'autres étaient nus ou presque. On pouvait même voir que certains avaient peints leur corps d'étranges symboles. Le colonel accéléra la marche à mesure que la colère déformait son visage. Un homme titubant une bouteille à la main trébucha sur son chemin. Un geste vif permit au colonel de l'attraper par le col. L'homme empestait la sueur et l'alcool. Il affichait un sourire ahuri et ricanait en jouant avec la moustache du colonel. Finissant par perdre patience, ce dernier le secoua dans tous les sens.

      — TU VAS ME DIRE OÙ EST JIGOKU !!

Le visage du poivrot se pâlit, pour virer rapidement au vert. Le colonel le jeta plus loin. Le pauvre homme roula sur le sol en vomissant ce qu'il venait de boire. Sans attendre, Hamerstrong reprit sa marche. Les effluves d'alcool le menèrent à un bar. L'enseigne annonçait la couleur, "Le Capitaine ivre mort". Fou de rage, le colonel fit voler la porte en éclat d'un seul coup de poing. À l'intérieur, le spectacle n'était pas mieux qu'à l'extérieur. Beaucoup de soldats, mais tous dans le même état. Evanouis et empestant l'alcool. Seul survivant, le barman. Allongé sur le bar en fumant une cigarette. Le chaos qui régnait dans cette pièce ne semblait pas le déranger. Encore moins l'arrivée brutale d'un client. Sans même un regard, il s'adresse au colonel après avoir recraché une épaisse fumée blanche.

      — Jigoku est à l'étage, troisième porte à droite.

Pas un mot, même pas un merci. Pour seul réponse, un grognement. Ensuite, le colonel se dirige vers les escaliers avant de monter les marches trois par trois. Une fois à l'étage, il avance en comptant les portes. Une, deux et trois. Un nouveau fracas assourdissant et la porte s'envole pour s'encastrer dans le mur à l'opposé. Trois jeunes filles se mettent à crier de surprise avant de ricaner. L'une d'elle – une jolie rouquine très peu vêtue – se tourne vers le colonel.

      — Tiens, vous devez être le Colonel Hamerstrong, je me trompe ? Lance la jolie rouquine d'une voix douce et enivrante.
      — Qu'il est costaud, lance une seconde fille qui sort la tête de sous les draps.
      — Et cette barbe, ça fait très viril, répond une troisième qui est assise au bord de la fenêtre.
      — Allons, mesdemoiselles, un peu de respect pour le Colonel Hamerstrong, légende de la Marine, rétorque un homme qui sort de sous les draps.
      — Bordel Jigoku, hurle Hamerstrong, tu pourrais enfiler quelque chose !

Les trois jeunes filles tournèrent le regard vers le dénommé Jigoku. Toutes les trois firent la moue lorsqu'il s'enroula dans un drap. Un soupir plus tard, Jigoku leur fait signe de sortir. Chacune leur tour – après avoir récupéré leurs habits – dépose un baiser sur la joue du jeune homme. Puis elles passent à côté du colonel en ricanant. Quant à Jigoku, il fouille au milieu des cadavres de bouteilles sur le bureau. Pour récupérer son kiseru, qu'il bourre de tabac avant de l'allumer. Le Colonel Hamerstrong patiente, sans un mot. La colère semble avoir quitté son visage, mais il ne fait que trahir son impatience. Jigoku se hisse sur le bureau avant de fixer le colonel. Affichant au passage un sourire amusé. On pourrait croire que c'est de la provocation. Rien à voir, c'est toujours ainsi avec Jigoku.

      — Tu as bien profité de ta soirée ? Lance soudain le colonel, parce que ce sera ta dernière sortie. Maintenant tu bouges tes fesses, tu ramasses mes hommes, les uniformes et les armes. Tu as une heure pour être sur le pont, prêt à mettre les voiles.
      — À vos ordres Colonel Hamerstrong, répond Jigoku en faisant un salut à la hâte.

Le Colonel Hamerstrong sort ensuite de la chambre, pour sortir de cet endroit. Direction le navire et sa cabine. Il va devoir faire un rapport sur cet incident et il sait qu'il va en entendre parler pendant plusieurs mois.
Une heure plus tard, le Colonel Hamerstrong sort de sa cabine. Cette fois, le pont déborde de soldats. Pourtant, il n'affiche pas une mine ravie. Bien sûr que Jigoku a réussi, mais ça ne plaide pas en sa faveur. Les hommes sont comateux et peinent à tenir debout. Tous sont habillés, mais rares sont ceux qui sont habillés convenablement. Les soldats sont rangés en une ligne plus ou moins droite. Seul Jigoku est hors du rang. Il se tient droit, un air sérieux sur le visage. Le colonel lui fait face, mais le jeune homme ne bronche pas. Pas même quand l'énorme poing du colonel s'écrase sur son visage. La puissance est telle, que Jigoku s'écrase sur le mur du fond et le traverse. Il en sort le visage boursoufflé et en sang, mais reprend position devant le colonel.

      — Bande de larves ! Vous êtes la honte de la Marine ! Je vais vous faire payer votre attitude lamentable ! Je veux que le navire ait quitté le port dans cinq minutes, que le pont brille avant notre arrivée à Marinford et qu'on me serve un repas aux douze coups de midi, hurle le colonel avec rage, pour vous, ce sera de l'eau et estimé vous heureux que je vous accorde ce privilège… Quant à toi Jigoku, tu vas me faire briller les chiottes de ce foutu navire ! Je ne veux pas voir ta tronche avant Marinford !
      — À vos ordres Colonel Hamerstrong ! Hurle les soldats tel un seul homme.

Pas un seul soldat ne vient à redire sur les ordres du colonel. Il est sévère, c'est certains, mais il a hérité des pires soldats de la Marine. Ceux qui sont au bord du conseil martial ou pire encore. Pourtant, il avait bon espoir de faire quelque chose de Jigoku. Hélas, ce dernier le déçoit un peu plus chaque jour. Le colonel en vient presque à regretter de l'avoir sortie de la mer…


...première partie...


Tout commence au Pays de Wa, dans le Nouveau Monde. Jigoku – prénom Shirotsune – n'était alors qu'un garnement de huit ans. Déjà à cet âge, c'était une vraie terreur. Au grand dam de ses parents. Par exemple son père, Kuro, qui tentait tant bien que mal de lui inculquer les valeurs de son pays natal. Au Pays de Wa – pays des samouraïs – le maniement du sabre s'enseigne dès le plus jeune âge. Sauf que Shirotsune n'était pas un élève très assidu. Très doué pour son jeune âge, il préférait s'amuser plutôt que de s'entraîner. Pour Shizuka, sa mère, ce n'était pas un réel problème. Elle avait toujours été en marge des coutumes du pays. Sans doute du fait de l'exile de son père dix années auparavant. À ses yeux, tant que Shirotsune était heureux et bien portant, le reste lui importait peu. D'ailleurs, le jeune garnement avait hérité du tempérament de sa mère. Dans ses jeunes années, la jeune femme ne laissait personne dicter sa conduite. Pas même les hommes du Pays de Wa.
Shirotsune n'a pas hérité que du caractère difficile de sa mère. Physiquement, il lui est très semblable. Les cheveux blancs par exemple, très rare chez les natifs du Pays de Wa. La plupart ont les cheveux noirs. De ce fait, le jeune garçon est mis à l'écart par ses camarades. Ceux qui tentent de sympathiser avec lui – par curiosité – se font rappeler à l'ordre par les plus grand. On le surnomme le "Lapin Blanc" ou encore "Albinos". Bien qu'il ait un teint de peau clair, il ne souffre d'aucune maladie. Au contraire, il est même bien portant. Si bien portant, qu'il se fiche d'être à l'écart. Quand les autres enfants viennent le bousculer, il leur rappelle qu'il n'a rien d'un lapin. C'est un renard – comme lui dit souvent sa mère – espiègle et dangereux. Plusieurs fois les autres enfants ont tentés de corriger Shirotsune, mais en vain. Bien sûr, ils ont essayé de s'y mettre à plusieurs, mais ça n'a rien d'honorable. Leurs professeurs sont là pour les rappeler à l'ordre et de toute façon, Shirotsune ne se laisse pas faire. Preuve que l'enseignement de Kuro porte ses fruits.

Un soir, Kuro et Shizuka sont assis auprès de Shirotsune. Le jeune garçon pense avoir fait une bêtise. Plus tôt dans la journée, il s'est battu avec un autre garçon, plus âgé. L'affrontement a dégénéré et l'autre enfant a dû être emmené auprès du docteur. La mine basse, les doigts qui s'entortillent nerveusement. Shirotsune attend la punition.

      — Shiro… ça ne peut plus durer, tu passes ton temps seul ou à te battre, commence par dire Kuro, le père du garçon que tu as blessé est un homme important et on pourrait avoir des ennuis…
      — Chéri, s'empresse de l'interrompre Shizuka, ne le réprimande pas, c'est l'autre élève qui a commencé, comme son père, c'est une véritable plaie et puis tu devrais être fier, ton fils a gagné.
      — Très bien, soupir Kuro en guise de réponse, dans deux jours je pars en voyage pour quelques semaines et on en a parlé avec ta mère, tu vas m'accompagner…

L'idée ne semblait pas enchanter Kuro. Le voyage s'annonçait périlleux et il ne voulait pas mettre son fils en danger. Shizuka aussi était inquiète, mais pour de mystérieuses raisons. Quant au concerné, il était plutôt satisfait de la tournure de la situation. Il allait pouvoir quitter temporairement le Pays de Wa. Plus d'entraînements, plus de cours. Rien que l'océan et la liberté.

La jeune Shirotsune – qui semblait ravi de partir au départ du navire – commençait presque à regretter le Pays de Wa. La fin des entraînements, ce n'était pas pour tout de suite. Tous les matins, il devait se lever à l'aube pour un court entraînement avec son père. Pareil au coucher du soleil. Au début, ça lui plaisait de voir la mer, mais rapidement, ça l'ennuyait. Le bleu, encore le bleu de la mer. Il espérait que les choses changent sur Grand Line, mais non. On lui avait conté mille et unes histoires sur la mer. Les redoutables pirates, les forces armées de la Marine ou encore les terribles chasseurs de primes. Rien de tout ça, le voyage était calme.
Un soir après l'entraînement, Shirotsune sortit de sa chambre pour vagabonder sur le pont. Il en avait pris l'habitude quand il n'arrivait pas à dormir. Cette nuit-là, il entendit la voix de son père. Sur le pont, il était en train de se disputer avec le capitaine.

      — Le Triangle Florian ? Vous êtes sérieux ? C'est du suicide ! Hurla Kuro avec une voix tremblante.
      — Les samouraïs du Pays de Wa n'ont pas peur de quelques superstitions de grand-mère ! Rétorqua le capitaine avec conviction, on gagne un jour de voyage et on sera rentré à temps pour le festival.
      — Vous voulez prendre un tel risque uniquement pour ce maudit festival ? C'est de la folie !
      — Rien ne vous empêche de prendre une barque et de fuir comme un lâche avec votre morveux.

La réponse de Kuro ne se fit pas attendre. La peur dont il faisait preuve disparue en un éclair quand sa lame se posa sur la gorge du capitaine. Aussi doué soit ce dernier, il n'avait rien pu faire face à Kuro. Il était l'un des meilleurs sabreurs de l'île. À part les Daimyo ou le Shogun, personne ne lui arrivait à la cheville. Certainement pas un samouraï qui passe son temps sur les mers à picoler. La terreur se lisait sur le visage du capitaine, mais Kuro n'en fit rien. Rengainant sa lame, il tourna les talons.

      — Soit, si vous avez décidé de nous mener tout droit dans la gueule de l'enfer, alors allons-y…

Le capitaine dû se tenir à la rambarde du navire pour ne pas s'écrouler. La sueur dégoulinait de son front et sa main était posé sur son cou. Il pensait mourir à l'instant. Heureusement, Kuro semblait juste vouloir lui faire regretter ses paroles. Une fois seul, le capitaine inspira un grand coup et retourna à sa cabine. Pour Shirotsune, tout ça n'avait pas vraiment de sens. Le Triangle Florian ? Il n'en avait jamais entendu parler. Tant mieux si c'était dangereux, ce voyage sera peut-être amusant finalement.
Le lendemain de la dispute avec le capitaine, Kuro s'était tenu à l'écart de l'équipage. Préférant passer un peu de temps avec son fils. L'équipage n'était pas idiot et rapidement, tous comprirent quel était leur nouvel itinéraire. Certains étaient favorables, préférant écouter ce voyage qui avait des airs de corvée. D'autres en revanche, redoutait le pire. Les rumeurs les plus folles circulaient sur le Triangle Florian. On le disait maudit. Tous les navires qui osent s'y aventurer disparaissent. L'ultime décision revenait au capitaine et il était sûr de son fait. Le Triangle Florian n'est que superstition de grand-mère. Curieux, Shirotsune profita du repas pour discuter avec son père. À l'écart dans leur cabine, personne ne pourrait les déranger.

      — C'est quoi au juste le Triangle Florian ? Demande Shirotsune à son père.
      — Une zone maritime de Grand Line qui a mauvaise réputation, finis tes nouilles maintenant.
      — Mauvaise réputation ? Insiste Shirotsune.
      — Ce n'est pas une histoire pour les enfants, répond Kuro qui finit par craquer devant l'insistance de son fils, on raconte que de nombreux navires auraient disparus dans l'épais brouillard de cette région de Grand Line, on parle de bateaux fantômes et autres rumeurs effrayantes.

Shirotsune avait toujours admiré son père pour son courage. À ses yeux d'enfant, il n'avait peur de rien, ni de personne. Là, pour la première fois. Il semblait craindre le pire. En réalité, ce n'était pas les rumeurs qui effrayait Kuro, mais le brouillard. On le dit si épais, que la navigation y est impossible. Il n'est pas certain que le capitaine de ce navire soit en mesure de les conduire à bon port. Bien sûr, il espère se tromper… mais soudain, un homme entre dans la cabine.

      — Kuro ! Vient vite sur le pont ! Faut que tu voies ça ! Hurle l'homme qui est entré précipitamment.

Sans même finir leur assiette, père et fils se hâtent de rejoindre le pont. Tout l'équipage est figé. Le navire est entouré d'un épais brouillard. Plusieurs hommes regardent par-dessus la rambarde. L'eau est insondable, noire et angoissante. Le vent se lève et la mer s'agite, faisant tanguer le navire. Puis d'un coup, plus rien. Le vent cesse de souffler alors qu'il manquait de renverser le navire il y a quelques secondes à peine. Les voiles sont immobiles. Un bruit sourd se fait entendre. Le brouillard semble légèrement se dissiper, juste à temps pour laisser apparaitre l'immense vague qui s'apprête à s'abattre sur le navire. Tous l'équipage est à bâbord, terrorisé par ce qui les attends. Peu importe ce qu'ils font, ils ne pourront échapper à cette gigantesque vague. Kuro cherche son fils du regard et le trouve à tribord. Les yeux rivés vers l'horizon. Il ne prend même pas le temps de s'intéresser à ce qu'il regarde. Saisissant son fils par le bras, il l'emmène avec lui à l'arrière du pont. Shirotsune proteste et hurle à son père de regarder à tribord, mais en vain. Kuro tente de calmer son fils alors qu'il le met dans un tonneau.

      — Shiro écoute moi ! Hurle Kuro à son fils, le navire va sombrer dans les profondeurs et je doute que quelqu'un puisse survivre… mais toi, tu as une chance ! Tu ne sors pas de là avant d'être sûr de toucher la terre ferme et surtout, tu fais attention à toi…
      — Père ! Non ! Je refuse de vous abandonner !
      — Tu as toujours été à part, tu tiens ça de ta mère et je ne peux qu'admirer ça chez toi, puisque c'est ce que j'aime chez elle, reprit Kuro d'un ton plus grave, bats toi fils et survie, pour moi, porte fièrement ton nom… Jigoku D. Shirotsune !

Sans voix, le garçon ne prit même pas la peine de répondre. C'était la première fois que son père dévoilait son nom dans son intégralité. La première fois qu'il semblait fier de lui. La première fois qu'il avait aussi peur… et pourtant, il ne protesta pas. Son père referma le tonneau et le jeta par-dessus bord. L'instant suivant, une vague gigantesque se fracassa sur le navire. La puissance était monstrueuse. Faisant d'abord voler en éclats les mâts, puis rapidement, la coque. L'équipage fut balayé sans résistance. Au dernier moment, alors que la vague allait frapper le navire, Kuro regarda à tribord. Portant son regard, là où son fils regardait quelques secondes plus tard. L'effroi se lisait sur son visage. Jamais il n'avait vu pareil spectacle et jamais il ne reverrait une telle chose. Emporté par la mer avec le reste de l'équipage…

Le choc avait été si rude, que Shirotsune avait perdu connaissance peu de temps après. Il ignore combien de temps il est resté inconscient. Encore moins combien de temps il a dérivé, mais à son réveil il était échoué sur une plage de sable blanc. Aucune trace d'éventuels survivants. Les débris du navire n'apparaissaient ni sur la plage, ni dans la mer. Il était seul sur cette maudite plage. D'ailleurs, en y regardant de plus près, le sable était vraiment blanc. Presque semblable à du sucre et que dire de l'immense forêt qui lui fait face. Rose, le feuillage des arbres est rose. Tandis que leur écorce est blanche. C'est aussi magnifique que stupéfiant.
L'heure n'est pas au tourisme. Shirotsune ignore où il a atterri, ni si son père a survécu. C'est avec difficulté qu'il se lève. La tête tourne et les jambes sont faibles. Un dernier regard à l'horizon, mais rien. La plage est vaste et disparait bien plus loin des deux côtés. Il choisit alors de s'engouffrer dans la forêt. Impossible de s'orienter, tous les arbres se ressemblent. Une étrange impression le foudroie. Comme si quelqu'un l'observait. Il se tourne et se retourne, mais il ne voit rien. Soudain, une ombre. La peur provoque un nœud dans son estomac, mais il se met en garde. L'ultime discussion avec son père était une promesse. Celle de survivre. Shirotsune compte bien la tenir. L'ombre se faufile entre les arbres et rapidement, une étrange créature lui fait face.


La créature ne mesure pas plus d'un mètre et au loin, on ne distingue qu'une masse de fourrure. Hurlant avec rage, la boule de poils se rapproche. Shirotsune croit distinguer un petit homme aussi barbu que chevelu. Seul ses yeux – derrière des lunettes – et ses bras sont encore visibles. Le jeune garçon n'a pas vraiment le temps de réagir, ni même de fuir. Le petit barbu baisse la tête et fonce droit sur Shirotsune. Le choc est violent et la puissance est telle, qu'il se retrouve propulsé dans les airs. Il effectue un long vol plané avant d'atterrir au milieu de plusieurs bâtiments. Un nouveau choc. Cette fois-ci, il traverse le toit d'un bâtiment. Par chance, il s'écrase dans l'eau. Une eau tiède et légèrement parfumée.
Shirotsune met du temps à émerger, le voyage a été mouvementé. Sous sa main droite, il sent quelque chose de chaud et moelleux. Il ouvre les yeux avec difficulté, mais ne distingue que quelques formes. Une étrange brume semble avoir envahi la pièce. La silhouette – chaude et moelleuse – gémit, comme quelqu'un qui émerge d'un long sommeil. Cette fois-ci, Shirotsune prend les devants et bondit pour sortir de l'eau.

      — Ma reine ! Hurle quelqu'un après avoir ouvert une porte avec force.

Petit à petit, la brume se disperse et au milieu de la brume Shirotsune distingue une silhouette. Celle d'une femme. Il comprend alors qu'il a atterrit sur elle, mais il n'a pas le temps de dire un mot. Quelqu'un l'attrape par le col et le soulève au-dessus du sol. Au début, le garnement gigote pour se défaire de cette emprise, mais rien y fait.

      — Cesse de gigoter pervers ! Ou j'ordonne à Gustave de te manger !

Shirotsune reconnait cette voix, c'est celle qui est entré il y a quelques secondes. Il tourne le regard vers le dénommé Gustave. Une espèce de géant de terre à l'air sympathique. La fatigue gagne soudain Shirotsune, qui voit sa vue se troubler. Bien qu'il ait atterrit dans l'eau, il s'est cogné sur un rebord. Du haut de son crâne s'écoule du sang. Rapidement, il perd connaissance.

Les murmures s'agitent autour de lui, tandis qu'il émerge petit à petit. Shirotsune ouvre enfin les yeux et découvre l'environnement qui l'entoure. Une petite chambre d'un blanc immaculé. L'infirmerie sans doute, à la vue des étranges instruments qui trônent sur les étagères. Un bandage lui recouvre la tête, mais la douleur est encore vive. Il lui faut un certain temps pour analyser ce nouvel environnement. Trois enfants se tiennent à quelques pas de lui.


Les garnements le dévisagent, comme si c'était une bestiole rare. Durant son réveil, Shirotsune avait entendu des murmures. C'était ces trois gamins, ça ne faisait aucun doute. L'un d'eux avait prétendu qu'il était mort, un autre avait rétorqué qu'il fallait le piquer pour en être sûr. Le troisième ne se mêla pas à la discussion et pour cause, il dévore une espèce de gâteau en forme de poisson. Les trois enfants portent chacun un costume. Il y a un ours blanc, un renard et un raton-laveur. C'est ce dernier qui reprend la parole, juste avant de pousser le renard.

      — Tu vois, je t'avais dit qu'il n'était pas mort ! Lance le raton-laveur en bousculant son camarade.
      — Menteuse ! Tu en savais rien ! Et ne me pousse pas ou je le dis au Doc ! Rétorque le renard.

Une espèce de scénette semblait se dérouler sous ses yeux. Les deux enfants se disputaient, tandis que l'ours blanc s'approcha. Fouillant dans son costume, il sortit un poisson et le tendit à Shirotsune. D'abord hésitant, il finit par le saisir en le remerciant timidement. Un large sourire anime le visage de l'ours blanc, qui se recule à nouveau. Sans attendre, Shirotsune dévore le gâteau qu'on vient de lui offrir.

      — Oh, je vois que tu as faim ! Timing parfait ! Lance un homme qui vient d'entrer dans la pièce.


Les yeux de Shirotsune s'écarquillent, il a du mal à voir ce qu'il voit. Aux premiers abords, l'homme à tout d'un médecin. Notamment avec sa longue blouse blanche. Même s'il n'est pas très grands. Non, ce qui surprend, c'est son couvre-chef. Un poisson. Bizarrement, un poisson qui semble vrai et sans doute vivant il y a peu. Le médecin ne manqua pas de remarquer le regard surpris de son jeune patient.

      — Ne fais pas attention à ce poisson, vois-tu ce matin en me levant, je souffrais d'une atroce migraine et j'ai placé cette carpe naine des Ternes pour guérir ce mal de crâne… très peu efficace jusque-là, mais c'est sans doute la faute à ces trois garnements qui importunent mon patient ! Lâche-t-il en fronçant les sourcils et en posant les yeux sur les trois enfants costumés.
      — C'est pas moi c'est Gumie ! Lance le renard en pointant le raton-laveur.
      — Même pas vrai, c'est la faute à Gum qui s'est perdu ! Rétorqua le raton-laveur en pointant du doigt l'ours blanc.
      — …, l'ours blanc pointa simplement du doigt le renard.
      — Gumo, combien de fois t'ai-je dit de ne pas dénoncer ta sœur ou ton frère ! Et vous deux, ce n'est pas une raison pour l'imiter… rhaaa et puis fichez le camp maudits garnements !

Les trois enfants détalèrent et quittèrent l'infirmerie dans la seconde. Le médecin soupira avant de tirer une chaise et de s'approcher du lit de Shirotsune. Soulevant le bandage, il finit par sourire.

      — Tu es plus costaud que tu en as l'air dis-moi, lança le médecin avec un large sourire, je me présente, Docteur Spouitch, médecin de la Reine.
      — La Reine ? Je… où suis-je ? Répondit Shirotsune.
      — Où es-tu ? Mais à Paradise bien sûr ! Quant à la Reine… je crains que tu la rencontre bien assez tôt hélas.

Rapidement, le Docteur Spouitch s'expliqua. Son intrusion dans les bains de la reine est une grave offense. Aussi jeune soit-il, Shirostune devra répondre de ses actes. Pour cela, il doit passer devant la reine et elle décidera de son sort. Elle pourrait très bien décider de l'exécuter ou bien de le renvoyer sur les mers. Son destin ne lui appartient plus. Bien que le docteur lui ait sauvé la vie, maintenant, elle ne tient plus qu'à un fil.

Le Docteur n'avait donné aucun détail à Shirotsune. Bien qu'il aurait dû se reposer à cause de sa blessure, la Reine insista pour le rencontrer. D'après Spouitch, ça ne serait pas une partie de plaisir. La Reine est parfois… lunatique, très lunatique. Un jour elle va être rayonnante de bonheur. Un autre jour, elle sera d'une humeur massacrante. Shirotsune était nerveux en attendant devant l'immense porte de la salle du trône. Jamais il n'avait rencontré de reine. Pourtant, il a grandi au Pays de Wa. Entre les Daimyo et le Shogun – qui sont des personnes très importantes – il devrait être habitué. Sauf que là, d'après le docteur, c'était peu probable que ça se passe bien. Seul un miracle pouvait sauver Shirotsune de la corde à présent.
Deux gardes se tenaient à ses côtés, pour l'escorter – ou le surveiller. Une cloche se fit entendre, signe qu'ils pouvaient entrer. Shirotsune était de plus en plus nerveux. Il ne pouvait s'empêcher de penser à son père et à l'équipage. Peut-être qu'ils étaient en vie ? Dans ces cas-là, il faut mener des recherches ! Mais il ignore où il a atterri ou s'il va tenir la promesse faite à son père. Pour finir, il avait un mal de crâne atroce. Le choc avait été rude. Un long tapis rouge s'étendait devant lui, menant à un trône. Fait d'or et de pierres précieuses. Assis dessus, une jeune femme.


Les derniers pas qui séparait Shirotsune du trône firent les plus dur. Il fuyait le regard de la reine, bien qu'il ne puisse s'empêcher de la regarder avec curiosité. Très peu vêtue, elle avait deux ailes noires dans son dos. Elle portait de nombreux bijoux et semblait plutôt calme, voir froide. De longs cheveux blonds, un regard de braise… elle dégageait une aura impressionnante. Shirotsune ne savait plus où se mettre. Les gardes s'arrêtèrent et il fit encore quelques pas avant que la reine lui fasse signe de s'arrêter. Cette dernière se leva, puis descendit les marches avec grâce. Elle détaillait le jeune garçon avec curiosité. Bien que vêtu d'habits simples – fournis par le Docteur – il semblait différent.

      — C'est donc toi qui t'es introduit dans mon bain ? Je t'imaginais plus… grand ou au moins plus dangereux, dit-elle en retournant à son trône, mais certainement pas à un gamin.
      — Je… désolé… mais l'autre m'a poussé et… j'ai traversé le toit…, lâcha difficilement Shirotsune.

Sur son trône, la reine restait impassible. Le visage fermé, elle ne montrait aucune émotion. Elle continuait de détailler le jeune garçon qui se tenait devant elle, la mine basse. Personne n'avait entreprit une telle chose avant lui. Beaucoup avait tenté de séduire la reine ou au moins de l'approcher, mais en vain. Personne n'avait réussi un tel exploit. Bien sûr que la reine avait compris qu'il avait été envoyé là par erreur, mais elle devait en être sûre.

      — Tu sais que c'est un crime passible de mort et…
      — Jamais ! Hurla soudain Shirotsune, j'ai fait une promesse ! Alors je ne compte pas mourir aujourd'hui !

Contre toutes attentes, Shirotsune bondit sur l'un des gardes. Il lui envoya un puissant coup de pied au visage. Puis saisit son arme avant de se tourner vers le second. Empoignant fermement la hallebarde, il utilisa le pommeau de lance. Frappant avec force l'estomac du garde, qui s'écroule aussitôt. Shirotsune conclu en se tournant vers la reine avec un regard noir. Il n'a plus rien du jeune garçon effrayé. La reine affiche un sourire amusé. Refusé la mort avec tant de force mérite son admiration. Au moins sa pitié. Donc avant de l'emmener à l'échafaud, elle tenait à connaitre son nom. Les gardes de Paradise n'ont rien à voir avec les samouraïs du Pays de Wa. Shirotsune n'avait eu aucun mal à les maîtriser. Pour conclure, il jeta l'arme au sol en signe de reddition. Tout ce qu'il voulait, c'était montrer sa force. Comme l'avait fait son père avec le capitaine du navire.

      — Je me prénomme Magnolia et je suis la Reine de Paradise, dit-elle avec une grande fierté, et toi, dis-moi… qui es-tu et d'où viens-tu ?
      — Je viens du Pays de Wa, le pays des samouraïs et je suis Ji… je suis Jigoku D. Shirotsune, finit-il par lâcher avec conviction.

La Reine Magnolia reste sans voix. Les yeux écarquillés, elle regarde le jeune garçon qui se tient devant lui. Il lui faut un certain temps pour reprendre ses esprits. Pendant ce temps, les gardes se relèvent et s'empresse de saisir le jeune garçon.

      — Stop ! Hurle Magnolia, ne lui faite aucun mal… dite à Rosalia de le conduire auprès de la Sorcière des Mers, je lui confierais une missive avant son départ.
      — Oui votre majesté, répondent les deux gardes en s'inclinant respectueusement.

Shirotsune ne comprend pas ce qui se passe. Le sourire de la reine a disparu, maintenant elle semble… inquiète. Quant à lui, il est reconduit jusqu'à l'infirmerie. Pour patienter jusqu'à son départ pour rencontrer la Sorcière des Mers.

Pour tenter d'en apprendre plus, Shirotsune questionna le Docteur. Hélas, il resta muet comme une tombe. La rumeur avait rapidement circulé dans les couloirs. Tant pour le nom de ce nouvel arrivant que pour son entrevu avec la Sorcière des Mers. Le jeune garçon ignorait tout de ce monde et de ce que cela signifiait. Pour essayer d'avoir des réponses, il se tourna vers les trois garnements qui se disputaient toujours autant. Là aussi, il se heurta à un profond silence. Eux – contrairement au Docteur – n'avait aucune idée de ce qui se passait. Tout ce qu'ils pouvaient dire, c'est que tout le monde parlait de Shirotsune. Voilà qui ne rassurait pas le jeune garçon. Au moins, il a échappé à la corde… mais pour combien de temps.
Pensif, il était allongé sur le lit à regarder le plafond. Il pensait à son père, évidemment. Sans oublier sa mère et surtout… à ce qu'il allait devenir. Va-t-il un jour quitter cet endroit étrange ? Ce n'est pas qu'il ne s'y plait pas, mais ça n'a rien à voir avec le Pays de Wa. Plongé dans ses pensées, il ne remarqua même pas l'entrée de quelqu'un dans la pièce. Shirotsune se releva brusquement, pour saluer la jeune fille qui venait d'entrer.


La jeune fille fut d'abord surprise, puis rougit. Shirotsune sentit une larme perler sur son visage. Il l'essuya à la hâte avant de se présenter. Bien qu'ils s'étaient déjà rencontrés. C'est elle qui l'a sortie des bains avec son géant Gustave.

      — Je m'appelle…
      — Je me fiche de savoir comment tu t'appelles, lance froidement Rosalia, ma sœur te voit comme une espèce de prophète ou je ne sais quoi… pour moi, tu restes un pervers !

Shirotsune voulu réponde, mais s'interrompit. Préférant acquiescer silencieusement et suivre la jeune fille. Le chemin qui les séparait des hauteurs du château fut pour le moins silencieux. La jeune fille ne lui adressa pas un mot. Quelques regards – curieux – mais elle détournait aussitôt les yeux dès qu'il la regardait. Rosalia devait avoir son âge ou bien à peine plus âgée que lui. Cheveux rose, robe rose et bien sûr, des yeux roses. Seul sa peau claire venait apporter une touche de contraste. Shirotsune n'était pas insensible à son charme, mais il préférait se faire petit. Aux yeux de la jeune fille, il était déjà un pervers. Autant ne pas en rajouter. Puis ils arrivaient enfin au sommet d'une tour. Les yeux de Shirotsune s'écarquillèrent de surprise. Le sol était recouvert de pailles et on pouvait y voir quatre nids. Là, sous ses yeux… un spectacle à couper le souffle. Un homme était en train de sceller une étrange créature. Jamais il n'avait vu cet animal, ni dans les livres, ni dans le Nouveau Monde. La créature posa son regard perçant sur lui et Shirotsune se figea. Rosalia ricana.

      — Tu n'as jamais vu de Griffons ?
      — Un… Griffon ?

La créature poussa un cri, faisant reculer Shirotsune. Rosalia soupira, puis saisit les rênes de l'animal avant de monter sur son dos. Perdant patience, elle pressa le jeune garçon pour qu'il monte. D'abord hésitant, il finit par se résigner. Il approche doucement. Le Griffon baisse la tête, comme pour attendre quelque chose. Shirotsune lui caresse la tête avec un large sourire.

      — Drago n'est pas si amical d'habitude… tu as de la chance jeune homme, lance le vieil homme qui a scellé l'animal.
      — Ne commence pas Ernest, ce n'est que de la chance, reprend sèchement Rosalia.

Rassuré, Shirotsune finit par monter sur le Griffon. C'est un animal majestueux, mi lion, mi aigle et re mi lion derrière. Ernest se recule et lorsque le Griffon s'envole avec puissance, un épais nuage de poussière se dégage de la tour. Rapidement, il s'élève dans le ciel et Shirotsune peut voir le royaume et tout Paradise depuis le ciel.


Le paysage est splendide. Shirotsune revoit l'endroit où il s'est échoué. Une fois au-dessus de la mer, il tente de scruter l'océan pour apercevoir des débris. Rien, la mer est calme et il n'y a pas de traces d'un navire. La déception se lit sur son visage, mais Rosalia lui fait signe de regarder à l'horizon. Au loin, une petite île. Au centre, une petite bâtisse étrange. Le Griffon commence à descendre lentement, pour atterrir sur la plage. Rosalia descend la première, suivit de près par Shirotsune. Le jeune garçon hésite à suivre son guide, mais se résigne devant son impatience.
La bâtisse semble vraiment ridicule, encore plus de prêt. Personne ne peut vivre là-dedans. Pourtant, Rosalia frappe à la porte. Un fracas assourdissant se fit entendre, puis les cris d'un volatil. Une femme hurle à l'oiseau de se taire, puis c'est le silence. La porte s'ouvre et une ombre difforme les invite à entrer. Une nouvelle surprise pour Shirotsune, qui reste bloqué sur le palier de la porte. C'est plus grand à l'intérieur, qu'à l'extérieur. La petite bâtisse à des airs de cabane, alors qu'à l'intérieur… c'est digne d'un palace. Pour la taille en tous cas, pas pour les décorations. Shirotsune finit par entrer et découvrit la propriétaire des lieux. Enfin pas tout à fait… elle était au fond d'une pièce, fouillant dans une pile d'objets en tous genres.

      — Où est cette maudite boule de cristal ! Krishpack ! Qu'est-ce que tu en as fait ? Je vais te transformer un crapaud !! Hurle la jeune femme.
      — Excusez-moi… je… la Reine Magnolia m'envoie, j'ai… une missive, dit Rosalia en tendant la lettre.
      — Ah ! La voila ! Krishpack, tu as de la chance !

La précieuse boule de cristal en main, elle daigne enfin prêter attention à ses invités. Apercevant son reflet dans un miroir, elle s'interrompt. La sorcière prend le temps de se recoiffer, puis de réajuster son chapeau. Un sourire plus tard, elle rejoint enfin Rosalia et Shirotsune.


C'est avec curiosité qu'elle détaille ses invités, particulièrement le jeune garçon. Le pauvre ne sait plus où donner de la tête. Il s'émerveille pour tous les bibelots sans valeur qu'il voit. Pour attirer son attention, la sorcière claque plusieurs fois des doigts. Shirotsune se tourne vers elle, un peu gênée. Rosalia quant à elle, ne sait plus où se mettre. La scène semble amuser la sorcière, qui les invite à les suivre. Tous les trois traversent plusieurs pièces, jusqu'à prendre place autour d'une table. La sorcière dépose soigneusement la boule de cristal au centre la table. Dès plonge le regard à l'intérieur, on ne distingue rien. Il n'y a qu'une insondable noirceur.
Rosalia est perplexe, elle ne comprend pas l'intérêt de cet entrevue. À ses yeux, Shirotsune n'est qu'un pervers qui profite de la situation. Pourtant, tout le monde lui prête une attention toute particulière. Nombre de rumeur circulent dans les couloirs du palais, mais la jeune fille refuse d'y croire. Prophète, sauveur ou encore messie. Voilà les termes les plus couramment employé. Secrètement, elle espérait que la Sorcière des Mers scelle son sort. Hélas, elle aussi semblait avoir succombé. Ne dissimulant même pas son intérêt pour le jeune garçon. Shirotsune quant à lui, continue de regarder tout ce qui l'entoure.

      — Jadis, j'avais un nom… mais comme beaucoup de choses, il s'est perdu à travers le temps, commença par dire la sorcière, on me nomme la Sorcière des Mers et toi mon garçon, quel est ton nom ?
      — Jigoku D. Shirotsune, répondit le garçon avec une certaine intensité.
      — Seul un fou mentirait en affirmant haut et fort porter la Volonté du D., mais tu n'es pas un menteur, n'est-ce pas Shiro ? Bien, nous allons pouvoir commencer dans ce cas…

La sorcière plaça ses mains sur la table. Une de chaque côté de la boule de cristal, paume vers le haut. Ensuite, elle invita Shirotsune à en faire autant. Intrigué – mais curieux – il s'exécuta. La sorcière posa les yeux sur la boule de cristal, il en fit de même. Sauf qu'il ne voyait rien, à part la noirceur de cette sphère qui semblait l'aspirer. En réalité, c'était bien plus qu'une impression. Soudain, il se sentit happé par les ténèbres qui tourbillonnaient au fond de cet boule de cristal.

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Dernière édition par Jigoku D. Shirotsune le Dim 24 Juil - 13:05, édité 1 fois
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Jigoku D. Shirotsune
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MessageSujet: Re: Jigoku D. Shirotsune... l'improbable Marine débarque ! [Terminée]   Dim 24 Juil - 11:29

Surnom : Le Renard Blanc, le Diable Blanc.
Âge : 26 ans
Lieu de naissance : Pays de Wa, sur le Nouveau Monde.
Race : Humain... et avec toute la panoplie !
Camp : Marine... enfin je crois...
Capacité : Sabreur !
Métier : Cuisinier

Jigoku D.
Shirotsune
Hé ça va, j'picole pas souvent !
Shirotsune se retrouva au cœur des ténèbres. L'obscurité était si oppressante, qu'il avait l'impression d'étouffer. Il retrouva son souffle dès que les premières couleurs apparues. Le bleu, le gris… il se retrouvait à léviter au-dessus de la mer. Au cœur d'un épais brouillard. La sorcière apparue à ses côtés, ses lèvres roses dessinaient un fin sourire.

     — Tu sais où nous sommes, n'est-ce pas Shirotsune ? Dit la sorcière en plongeant son regard dans le brouillard.
     — Oui…

Un geste de la main suffit pour que la sorcière dissipe le brouillard. Un navire apparu au milieu de l'étendue d'eau sombre. Il portait les couleurs du Pays de Wa, ça ne faisait plus aucun doute. C'était bien le navire qu'il avait pris avec son père quelques jours plus tôt. Shirotsune avait rapidement compris qu'il ne s'agissait pas d'une vision du futur… mais du passé. Bien que le point de vue soit différent, les sensations étaient les mêmes. Les hommes s'agitaient sur le pont. Rejoints rapidement par Shirotsune et son père. Tout se déroula très vite, mais il vécut la scène avec la même intensité. La vague balaya le navire, mais dès que le calme revenu… il n'y avait plus rien. C'était comme si le navire n'avait jamais existé. Aucune trace, pas l'ombre d'un débris.

     — Mon père aussi sacrifia sa vie pour que je vive… j'imagine que cela nous fait un point commun, laissa échapper la sorcière avec une certaine mélancolie.
     — Moi qui râlait tout le temps de me lever à l'aube pour ses entraînement interminable… je viens presque à les regretter, répondit Shirotsune en ricanant avec légèreté.
     — Je comprends… moi je devais lire, écrire ou encore cartographier ses découvertes et si à l'époque tout ceci était d'un ennui mortel, aujourd'hui… j'aimerais à nouveau m'asseoir à son bureau et sentir la chaleur de sa main sur mon épaule quand je suis en plein travail…

Une larme perla sur la joue de la sorcière, mais elle s'empressa de l'essuyer. Retrouvant rapidement le sourire. Le but de cette vision n'était pas de tourmenter le jeune garçon. Bien au contraire, c'était pour le faire avancer. Son père n'était plus de ce monde, mais avant de mourir, il offrit une chance de survivre à son fils. Certes, cela n'avait que peu de chance de fonctionner… mais parfois, il suffit d'un coup de pouce du destin.

     — Tout ceci n'arrive pas par hasard Shirotsune, reprit la sorcière en agitant son bras avec élégance, voilà longtemps que notre rencontre est écrite…

Sous ses yeux, les scènes défilent. Shirotsune se laisse guider, émerveillé par cette vision. Cette fois-ci, ils se retrouvèrent bien des années dans le passé. Une femme – mourante – était allongée sur un lit. Enroulée dans des draps blancs, son teint grisâtre et ses yeux fatigués trahissait son état. À son chevet un homme, accompagné d'une jeune brune. La petite fille devait avoir quelques années de moins que Shirotsune. Les larmes ne cessaient de couleur sur ses yeux marrons. Son père – qui se tient à sa gauche – avait la mine basse. Préférant détourner le regard. La femme allongée sur le lit n'était autre que sa mère, sur le point de rendre son dernier soupir. Mais avant ça, elle fit signe à sa fille d'approcher. Les larmes ne cessaient de couler sur ses joues, mais elle s'approcha de sa mère. Cette dernière lui murmura quelques mots à ses oreilles. Shirotsune ne saisit que quelques mots. Pas assez pour comprendre ce qu'elle lui avait murmuré. Néanmoins, il avait compris qu'il s'agissait de la Sorcière des Mers. Il se tourna vers elle, curieux de savoir ce qu'elle avait bien pu lui dire.

     — Que vous a murmuré votre mère ?
     — Au plus profond d'une mer de ténèbres, trouve la Volonté du D., trouve le renard blanc…

Suite aux révélations de la sorcière, Shirotsune se figea. Il refusait d'y croire, mais c'était bien de lui dont elle parlait. C'était le surnom que lui donnait régulièrement sa mère. D'ailleurs, son prénom y faisait référence. Shiro signifie blanc et -Tsune vient de Kitsune, signifiant renard. Bien sûr, cela aurait pu être un simple jeu pour la sorcière, mais l'émotion était palpable. Revivre ce moment était si intense, qu'il ne pouvait être feinté. Non, c'était bien de lui qui parlait sa mère. D'ailleurs, la sorcière s'empresse de poursuivre.

     — Pour beaucoup, mon père y compris, ma mère était folle, mais moi… je savais qu'elle avait un don et j'ai hérité de ce don, mieux encore, je l'ai transcendé, lança la sorcière en montrant le monde qui l'entourait, je me suis mise en quête de ce renard blanc, mais sans succès… ma seule certitude, c'est que la mer de ténèbres n'était autre que le Triangle Florian.
     — Et là, vous avez découvert Paradise ?
     — J'ai découvert bien plus que Paradise… le Triangle Florian recèle bien des mystères, des mystères qui doivent rester dans le brouillard… mais oui, c'est à peu près ça, il m'a suffi de faire quelques tours de passe-passe pour impressionner la Reine et me voilà devenu la Sorcière des Mers, mais aussi grand soit mon pouvoir, je n'ai qu'un rôle d'observatrice dans ce monde.

La sorcière avoua avoir mené de nombreuses recherches. Sur ses dons, sur son passé, mais aussi ses ancêtres. Le plus surprenant, c'est qu'elle descendrait d'une ancienne lignée. Une puissante famille qui aurait disparue avec le Siècle Manquant. C'est une des raisons qui l'a conduite ici, dans le Triangle Florian. Loin de ceux désireux d'exploiter son pouvoir ou pire encore. Posséder un tel pouvoir pose de nombreux problèmes. De ce fait, elle ne peut se mouvoir comme elle le souhaite sur les mers. Pour les navigateurs, elle n'est qu'une rumeur et c'est mieux ainsi. Personne ne s'aventure sur le Triangle Florian, pas même les explorateurs les plus intrépides.
Les révélations terminées, ils reviennent tous deux à la réalité. Ils sont maintenant dans la demeure de la Sorcière des Mers. Rosalia est toujours là et pour cause, il ne s'est écoulé qu'une minute. Alors que Shirotsune avait l'impression d'être partie plusieurs heures. La jeune fille fut aussitôt intriguée par ce retour. Il y avait quelque chose de changé chez le jeune garçon. Sauf qu'à ses yeux, il ne s'était rien passé. Contrairement à sa sœur, elle n'avait jamais eu la chance de profiter des visions de la Sorcière des Mers. Shirotsune quant à lui, semble plus serein quant à son avenir. Pour le plus grand plaisir de la sorcière, qui finit par se lever.

     — Le choix t'appartient Shirotsune… tu seras en sécurité sur le Triangle Florian, mais si tu souhaites partir, alors je t'aiderais à traverser le brouillard.
     — Je suis curieux de voir ce que l'avenir me réserve… alors je vais rester dans le coin quelque temps, faut bien que quelqu'un se dévoue pour vous tenir compagnie, c'est un coup à chopper la cerise sinon…

Un sourire s'affiche aussitôt sur le visage de la sorcière. Un sourire sincère, emplit de sympathie. Shirotsune est invité à venir la voir aussi souvent qu'il le désire. Il est ici chez lui. La Sorcière des Mers sera ravie de partager ses expériences et ses visions avec lui. Elle a encore beaucoup de choses à lui conter, mais son pouvoir a des limites. En attendant, il sera traité comme un roi à Paradise. Pour le plus grand plaisir de Rosalia, qui dissimule très mal son ressentiment envers le jeune homme. Avant leur départ, la sorcière lui confie une lettre qu'il devra remettre à la Reine Magnolia. À l'intérieur, des consignes. Afin que Shirotsune bénéficie du confort qu'il mérite et de tout ce dont il désire. Tandis qu'ils rejoignent le Griffon, la Sorcière des Mers interpelle le jeune garçon depuis le pallier de sa porte.

     — Soit patient avec Rosalia, Shiro… elle semble farouche, mais c'est une vraie perle cette petite.

Surpris, Shirotsune se tourna vers Rosalia. La jeune fille avait viré au rouge, ce qui le fit aussitôt ricaner. Une fois sur le dos du Griffon, ils s'envolèrent. Direction Paradise et le palais, pour s'entretenir avec la Reine Magnolia. Comme à l'aller, Rosalia fut très silencieuse, mais quelque chose avait changé. Bizarrement, elle semblait soudain moins froide à son égard.
La Reine Magnolia fut ravie de voir revenir sa jeune sœur, qu'elle remercia chaleureusement. Rosalia préféra se retirer dans sa chambre. Elle avait toujours du mal à tolérer la présence de cet invité. Troublée par les paroles de la sorcière de surcroit.

...seconde partie...

Les couloirs du palais n'avaient jamais été aussi animés. Les filles couraient dans tous les sens en ricanant et avec un seul mot à la bouche… Shiro. Hélas, elles ne le trouvaient pas. Impossible de mettre la main sur ce diable de renard. Pourtant, les filles était près d'une dizaine à sa recherche. Shirotsune avait trouvé refuge sur une corniche… ou plutôt, il s'était retrouvé coincé-là. À force de courir pour fuir ces filles, il ne faisait plus vraiment attention où il mettait les pieds. Tout ce dont il se souvient, c'est d'avoir rejoint un balcon. La horde de talons dans le couloir le força à escalader le mur pour se réfugier sur cette maudite corniche. En soi, la situation n'avait rien de catastrophique. Sauf que Shirotsune était presque nu. Il ne portait qu'une serviette, qui dissimulait son service trois pièces.
Voilà douze ans que Shirotsune vit au palais de Paradise, tel un prince. Chouchouté par tout le monde, il est arrivé à un âge où certaines… pulsions, semblaient plus fort que tout. Une longue chevelure blanche, des yeux rougeoyant et un corps musclé. Shirotsune avait tout pour plaire. Si au début il n'y prêta pas attention, il ne mit pas longtemps à succomber aux avances des plus jolies filles de Paradise. Toutes les filles désiraient sa compagnie et parfois un peu trop. Au début, ça l'amusait, mais au bout d'un moment c'était devenu du grand n'importe quoi. Heureusement, les entraînements avec Maître Patatas lui permit de se sortir de cet enfer. Sauf que le vieux maître prenait un malin plaisir à écourter les entraînements. Pour laisser Shirotsune entre les griffes de ces harpies.
Finalement – sur sa corniche – le jeune homme n'était pas si mal. Il avait une vue dégagée sur l'île et voyait bien au-delà. Soudain, des ricanements se firent entendre. Shirotsune voulu saisir son sabre à la ceinture. Un geste reflexe, puisqu'il n'y avait aucun sabre. Il se leva quand même, pour se mettre en garde. Les ricanements s'intensifièrent et un léger courant d'air plus tard, la serviette s'envola. Il était maintenant nu sur les toits du palais. Les ricanements reprirent et il se retourna. Assis sur les toits, Rosalia. Un sourire narquois sur le visage.


      — Je l'ai toujours dit, tu n'es qu'un pervers Shirotsune…
      — Ah oui ? Mes yeux sont plus haut tu sais…

Le visage de la jeune femme devint écarlate, tandis que Shirotsune éclata de rire. Frustrée, elle préféra partir. Le jeune homme sauta de corniches en corniches, pour rejoindre sa chambre. Une fois à l'intérieur, il enfila des habits. Pour enfin sortir de sa chambre. Il était rassuré, ses sabres étaient de nouveau à sa ceinture. Shirotsune avait un rendez-vous ce matin, il avait promis de passer voir la Sorcière des Mers. Pour se faire, il rasa les murs jusqu'à la tour des griffons. Par chance, il ne croisa personne. Il salua Ernest à la hâte et chevaucha un griffon qui semblait l'attendre avec impatience. Les filles tambourinèrent à la porte avant d'entrer dans un fracas assourdissant.

      — SHIROOOOOOOOOOO, hurlèrent les filles en cœur.
      — Désolé mesdemoiselles, mais j'ai un rendez-vous !

Le griffon s'envola sans attendre, envoyant une puissante bourrasque. Une fois dans le ciel, il fit quelques acrobaties, pour le plus grand bonheur de Shirotsune. Son rire résonnait à travers toute l'île. Il prenait un plaisir fou à fendre le ciel avec ces créatures majestueuses. Au fil des années, il avait appris à apprécier cet endroit magnifique. Sur les mers, il n'y avait rien de comparable, mais c'est ce qui faisait son charme. Paradise était magique, splendide… onirique. Le sacrifice était grand pour avoir échoué sur cette île. Il ne se passe pas un jour, sans qu'il ait une pensée pour son père. C'est ce qui rend cet endroit encore plus magique. Sur un petit îlot, au large de l'île, il a érigé un totem à la mémoire de son père. Shirotsune y passe deux à trois fois par mois, pour y rester plusieurs heures.
Le Griffon atterrit sur la plage et sans attendre, Shirostune bondit sur le sable. Il se hâte de rejoindre la petite bâtisse. Sans même frapper, il entre. À l'intérieur, la Sorcière des Mers l'attend avec un large sourire. Un sourire qui s'efface quelques secondes plus tard.

      — Ils arrivent…
      — Je suis prêt, affirme aussitôt Shirotsune.
      — Le temps est compté à présent, répondit la sorcière, dans un an sept mois et douze jours, tu devras regagner la mer et rejoindre les Blues… c'est là que commencera ta croisade.

Pour seul réponse, Shirotsune afficha un large sourire. Faisant aussitôt sourire la sorcière. Les années sur Paradise avaient façonné le jeune homme. Paradise est une bouffée d'air frai au cœur de l'enfer. Pour Shirotsune, c'est la même chose. Le chaos pourrait s'abattre autour de lui, il gardera le sourire. La folie de ce lieu a fini par avoir raison de lui, mais quiconque croise sa route se voit inexorablement attiré vers lui. Son aura est grande, puissante et chaleureuse. Fou ? Certainement, mais il faut plus de fous dans ce monde si froid !
La sorcière n'a pas besoin de lui donner plus de détails. Shirotsune sait à quoi s'attendre sur les Blues. Voilà douze ans qu'ils planifient ce projet. Une menace s'apprête à s'étendre sur le monde et c'est à Shirotsune d'endiguer cette menace. Sans son intervention, le monde pourrait se retrouver plongé dans le sang et les cadavres. La Sorcière des Mers en est persuadée. L'heure n'est pas aux visions et aux énigmes. Autour d'une table, ils passent le temps en jouant aux cartes. Comme à chaque fois, Shirotsune râle. Persuadé que la sorcière utilise ses pouvoirs pour tricher. C'est vrai, mais c'est tellement amusant de voir le renard s'énerver. Bientôt, elle verra le jeune homme quittera le Triangle Florian. Bien qu'elle ne le montre pas, c'est un vrai déchirement. Au fil des années, elle l'a vue grandir. À présent, il est comme son fils. Mais son destin l'attend ailleurs, bien au-delà du Triangle Florian. Ses choix façonneront son avenir et détermineront s'il sera un héros… ou un fléau. Pour l'heure, tous les chemins sont ouverts. Toutes les possibilités sont permises. La Sorcière des Mers a eu de nombreuses visions le concernant. Avenirs alternatifs. Parfois il vit en héros, parfois il meurt trahi par un être proche. Jamais elle n'avait ressenti ça auparavant. Les probabilités semblent infinies.
Les heures passent et après avoir fumer un peu d'herbes hallucinogènes, Shirotsune est sur le départ. Sur la plage, la sorcière l'accompagne. Triste de le voir déjà partir. Il n'a pas seulement pris une place dans son cœur. C'est tout Paradise qui l'a adopté comme son fils. D'ailleurs, la sorcière se permet une remarque au sujet de Rosalia.

      — Tu devrais passer du temps avec elle, tu ne l'as peut-être pas remarqué, mais elle a bien changé… et c'est devenu une jeune femme ravissante.
      — Rosalia ? Ah non, tu ne vas pas remettre ça ! Rosalia passe son temps à me ridiculiser à et se jouer de moi, puis elle doit surement être au bras d'un prince charmant musclé et viril !
      — Tu as peut-être grandit, mais tu es toujours un idiot ! Tout ce que veut Rosalia, c'est attirer ton attention… Shiro, l'heure de ton départ arrivera certainement trop vite, alors je te conseille de partir sans regrets, crois en mon expérience…

Plusieurs fois, la sorcière lui avait conté ses aventures. Sur les Blues, mais aussi sur Grand Line ou le Nouveau Monde. Rejoindre le Triangle Florian lui prit du temps. Elle devait se découvrir et découvrir son passé. Les départs difficiles, elle connait bien. Trop bien même, puisqu'il lui a fallu quitter une vie à de nombreuses reprises. Le conseil qu'elle donnait à Shirotsune, elle aurait aimé qu'on lui donne jadis. Le jeune homme ne l'écouterait surement pas, mais elle connait ses sentiments. Sous cette carapace de sourire et de rigolade se cache un cœur… en guimauve parfum rhum, mais un cœur.

Sur la plage de Paradise, Shirotsune s'était installé pour la journée. Il fumait son kiseru à l'ombre d'un parasol, accompagné d'une bouteille de rhum. Jamais il ne reverrait tel paysage. Bien sûr que le monde recelait des endroits magnifiques, mais Paradise… c'était différent. Par chance, personne ne traversait la forêt. La plupart des pêcher allait au nord, sur la partie rocheuse. C'était là qu'on pouvait attraper les plus gros poissons et surtout, les crabes. Alors il était tranquille pour la journée et il comptait bien en profiter. C'était sans compter l'arrivée soudaine d'une invitée surprise. Au loin, il remarqua la présence d'une jeune femme. Très peu vêtue, elle était sur le point de se baigner. Shirotsune la reconnu aussitôt… Rosalia. À ses yeux, elle le faisait exprès ! Elle était là pour venir perturber sa tranquillité. Shirotsune n'allait pas se laisser faire. S'approchant furtivement de la jeune femme en passant par la forêt, il se glissa derrière elle. D'un geste vif, il lui hotta son haut et se mit à courir en ricanant. Rosalia n'eut pas le temps de réagir et s'empressa de lui courir après en hurlant.

      — SHIRO !! Rends-moi ça tout de suite ! Je vais te massacrer !
      — Ma plage ! Mes règles ! Les filles doivent être nue !
      — Si je t'attrape, je te fais bouffer tout le sable de cette maudite plage !

La scène dura plusieurs minutes, jusqu'à ce que Shirotsune se prenne les pieds sur une tortue. Rosalia s'empressa de lui sauter dessus… sauf qu'elle oublia un détail. La jeune femme était presque nue. Le jeune homme avait donc une vue plongeante sur sa poitrine. Pourtant, il continuait de ricaner sans même la lâcher du regard. Vexée, Rosalia récupéra son haut et s'habilla pour repartir.

      — Si tu veux, il me reste encore un peu de rhum… ça te dis ? Lance soudain Shirotsune en retournant sous son parasol.
      — Pour une fois que tu partages autre chose que tes blagues !

Installé sur une serviette, Shirotsune saisit une bouteille de rhum. Rosalia le rejoignit, s'asseyant à côté de lui. Ses joues virèrent à l'écarlate, mais heureusement il ne le remarqua même pas. Trop occuper à jouer avec la tortue qui l'avait fait tombé. Le jeune homme n'était pas très vêtu lui non plus. Pour seul vêtement, il n'avait qu'un bermuda orange. Son torse musclé n'avait pas échappé à Rosalia, qui ne réussissait pas à détourner les yeux.

      — C'est magnifique n'est-ce pas ? Laissa échapper Shirotsune.
      — Que… quoi ? Non… enfin… je… ce n'est pas ce que tu crois, lâcha Rosalia avec confusion, de quoi parle tu Shiro ?
      — Le paysage imbécile !
      — Ah oui… le paysage, il est… oui, il est magnifique, répondit Rosalia en posant le regard sur l'horizon.

Shirotsune tendit le bras derrière lui pour attraper un sac. Fouillant à l'intérieur, il en sortit deux verres. Puis il y versa du rhum avant de tendre l'un des deux à Rosalia, qui le saisit. La jeune femme fut surprise d'entendre Shirotsune boire à l'avenir. Pourtant, elle le suivit et bu cul sec… manquant de tout recracher.

      — Bordel, mais c'est quoi ce rhum ! Hurla Rosalia en manquant de s'étouffer.
      — Un souci ? C'est le rhum de Maître Patatas, marchandise de contrebandier… moi je le trouve un peu léger.

Léger ? Rosalia avait eu du mal à avaler une gorgée tellement cet alcool était fort. Shirotsune lui promit que le second verre passera mieux. Perplexe, elle se laissa convaincre. Par chance, il disait vrai. Cette fois-ci, le rhum passait mieux et Rosalia pu profiter de cet alcool.

      — Tu n'essayerais pas de me saouler pour profiter de moi Shiro ?
      — Moi ? Non, ta sœur me tuerait ! Je tiens à ma tête, répondit Shirotsune avant d'éclater de rire.

Étrangement, Rosalia était déçue par la réponse du jeune homme. Tous les deux finirent la bouteille de rhum. Une fois la nuit tombée, ils dansèrent joyeusement en chantant autour d'un gigantesque brasier. La scène pouvait prêter à rire, mais il profitait d'une magnifique soirée. Le ciel était dégagé, toutes les étoiles étaient là. La lune était pleine, se reflétant dans l'eau en plusieurs dizaine d'éclat qui se déplaçait au grès des vagues. À bout de force, ils s'écroulèrent de fatigue. Continuant de rire et de fredonner la chanson qu'ils hurlaient il y a encore une seconde. Les journées étaient peut-être chaudes, mais les nuits étaient fraiches. Rosalia se blottit contre Shirotsune avant de s'endormir. Quant au jeune homme, il ne lâchait pas les étoiles des yeux. S'endormant à son tour, sans même remarquer la présence de la jeune femme.
Aux premières lueurs du jour, c'est Shirotsune qui ouvre les yeux en premier. Un sourire s'affiche sur son visage lorsqu'il voit Rosalia dormir. Il hésite à lui faire une blague, puis se retient. La soirée était parfaite, il ne voudrait pas la gâcher. Laissant Rosalia et ses affaires, il vagabonde sur la plage, pensif. Il est arrivé sur cette plage après un naufrage qui avait emporté son père. Malgré cela, il savait que ce serait un vrai déchirement de quitter ce lieu onirique. Pour chasser ces pensées négatives, il fit demi-tour pour retourner à son campement de fortune. Rosalia était partie et Shirotsune semblait presque triste. Jusqu'à ce que de la boue s'écrase sur son visage. Il tourne le regard vers la forêt et il voit Rosalia entre de se tordre de rire. Shirotsune est rapide et il s'empresse de l'attraper pour la jeter à l'eau. Pour se venger, elle feinte la douleur et le jeune homme s'empresse de l'aider. Mais elle l'entraîne avec elle dans l'eau. Là, il partage un moment complice et Rosalia se lance, elle l'embrasse. Gênée, elle se cache dans le creux de son épaule en ricanant.

      — Rosalia, je…
      — Je sais, tu ne m'aimes pas, reprit-elle avec douceur, tu ne seras jamais l'homme d'une seule femme Shiro.
      — Tu es toujours obligée de jouer les mademoiselle-je-sais-tout hein ? Arrête de dire des conneries et écoute moi pour une fois…

Shirotsune ne lui épargna aucun détail. Les visions de la Sorcière des Mers, son départ et bien sûr… ce qui l'attend à l'extérieur du Triangle Florian. Pour seule réponse, Rosalia se blottie contre lui. L'enlaçant, comme si elle voulait le retenir. Ils ont grandi ensemble, mais ils n'ont jamais vraiment réussi à se comprendre. Rosalia ne comprenait pas les sentiments qui avait vu le jour dans leur jeunesse. Shirtsune lui… ne comprenait rien, comme d'habitude. Pour lui, Rosalia n'était pas amoureuse de lui, bien au contraire. Puis il n'avait qu'une chose en tête, les visions de la Sorcière des Mers. Bien sûr, il aurait pu tout foutre en l'air pour rester ici, mais… elle avait construit sa vie sur une vision. Il ne pouvait pas l'abandonner.
Une fois hors de l'eau, ils retournèrent sous le parasol. C'était maintenant deux gamins silencieux, presque timide. Les yeux rivés sur l'horizon, un peu perdu. C'est Rosalia qui finit par prendre la parole et ainsi briser ce silence pesant.

      — Un an six mois et trois semaines hein… c'est amplement suffisant ! Je me fiche de ce qu'il adviendra de nous après ou bien de ce que l'avenir nous réserve ! Tout ce que je veux… c'est être avec toi, c'est ce que j'ai toujours voulu…
      — Tu es d'un ennuis… moi je parlais de s'envoyer en l'air, rien à voir avec le mariage et les gosses ! Répondit Shirotsune avant d'éclater de rire.

Un violent coup de coude dans les côtes ne suffit pas pour l'arrêter. Rosalia se mit à rire elle aussi, c'est vrai qu'elle avait été niaise et ça ne lui ressemblait pas.

Les semaines passaient, les mois et plus la date de son départ arrivait, moins Shirotsune voulait partir. Rosalia était la raison principale, mais il y avait aussi la Reine Magnolia, la Sorcière des Mers et même Maître Patatas.


C'est vrai qu'il n'a pas toujours été très tendre avec Shirotsune. Le jeune homme ne compte plus les nombreux coups de bâton ou les entraînements farfelus. Les entraînements avec son père à côté, c'était une balade de santé. La rumeur voulait que Patatas soit l'astucieux croisement entre un humain et une patate… des rumeurs. Rumeurs que Patatas lui-même semblait avoir répandu. Sans doute pour laisser planer le mystère sur ses origines. S'il y a bien un lieu où ça ne pose aucun problème, c'est bien dans le Triangle Florian. Ici, on croise de tout. Parfois, de gigantesque poisson nage dans le ciel. D'autres jours, on voit un ours lire le journal. C'est aussi fascinant, que c'est perturbant.
Il avait fallu plusieurs mois à Shirotsune pour s'adapter. Nourriture, coutumes et surtout, les entraînements. Tous les matins, dès que le soleil se levait, il rejoignait Maître Patatas. L'entraînement durait jusqu'à ce que le soleil soit au plus haut dans le ciel. Au moins, il n'avait pas le temps de s'ennuyer. Patatas avait une imagination débordante pour torturer son disciple. Oui, il lui enseignait l'art de manier le sabre, mais à sa manière. C'était un redoutable sabreur, sans doute bien plus fort que la majorité du Pays de Wa. En réalité, c'était sa technique qui était impressionnante. Patatas était imprévisible. Il était improbable de prévoir ses coups à l'avance et pour cause, il ne les connaissait pas lui-même. Tout ce qu'il faisait, c'était laisser son corps agir, lui, il n'était que spectateur. C'est vers cette voie que se tournèrent les entraînements. Sauf qu'il n'avait aucun rapport, mais alors aucun rapport. Un jour, il devait suivre une tortue. Un autre jour, creuser dans le sable… et autre absurdité du genre. Shirotsune s'est plaint, à plusieurs reprises. Pour lui, qui avait été habitué à la discipline de fer de son père, c'était ridicule. Pourtant, aussi farfelus soient-ils, ces entraînements portaient leurs fruits. En réalité, ils avaient pour but de lui faire oublier tout ce qu'il savait. La technique, c'est facile à apprendre. L'improvisation en revanche, c'est plus complexe de la maîtriser et pourtant, elle apporte la victoire. Certes, Shirotsune ne s'était pas rendu compte des résultats, mais ils étaient bien là. En observant cette maudite tortue, il avait acquis la patience. Esquiver, parer et guetter une faille chez l'adversaire. Creuser le sable à mains nues lui permet de ne pas se reposer sur ses acquis. Développer sa force et ainsi asséner des coups dévastateurs. Tous les entraînements offraient un atout majeur en combat. C'était improbable et complètement dingue, mais les résultats étaient là.
Maître Patatas lui avait appris tout ce qu'il savait et Shirotsune ne passait le voir que pour passer un peu de temps avec son vieux maître. Partager du thé, fumer le kiseru et méditer. Voilà à quoi se résumait leurs entraînements maintenant. La nouvelle du départ de Shirotsune n'avait pas tardé à faire le tour de Praradise. Au début, ce fut le choc. Puis ça rappela à tout le monde que le jeune homme venait de l'extérieur. Il avait su marquer les esprits, mais il était temps pour lui de mener sa vie et de suivre sa propre voie. En tous cas, c'était l'avis de Maître Patatas, qui était ravi de voir son jeune élève aussi épanouie.

      — Vois-tu Shiro, la vie… c'est comme un beignet, un délicieux beignet recouvert d'un glaçage sucré et fourré avec un succulent coulis de framboise…
      — La dernière fois c'était un sanglier rôti au miel…
      — Je sais, mais j'ai faim et je cherchais quelque chose de philosophique à te dire…

Personne ne savait vraiment d'où venait Patatas. Tout ce qu'on savait, c'est que malgré sa petite taille, il avait l'appétit d'un géant. Que c'est un excellent sabreur et bien sûr, qu'il est âgé. Sauf qu'on ne sait pas vraiment son âge. Si vous lui demandez, il vous dira soixante ans ou bien deux cents, peut-être même mille ans. Posez-lui la question vingt fois, la réponse sera différente à chaque fois.
Les entraînements ne manqueront pas à Shirotsune, c'est certains, mais son maître, oui. Patatas est un personnage énigmatique et bizarre. Il passe son temps à manger ou bien regarder sous les jupes des filles. Feintant la folie chaque fois qu'il se fait prendre. Mais c'est bien plus qu'un maître pour le jeune homme, c'est un ami. Leurs longues conversation hautement philosophique – sur la poitrine des filles – autour d'une tasse de thé lui manquera.

Tout Paradise était en fête, le festival annuel battait son plein et c'était l'heure de la "Course au Cochon Turbo". Qu'est-ce que le Cochon Turbo ? C'est un animal qui vit sur l'île, en petit groupe. Son nom lui vient de sa vitesse prodigieuse. Attraper cet animal est un exploit digne des plus hautes distinctions. Tous les ans, durant une semaine, la Reine Magnolia organise un festival. Nourriture, alcool et une fête gigantesque, tout ce qui plait à Shirotsune. Sauf que chaque année, ce satané cochon lui échappe. Cette année, il était bien décidé à lui mettre la main dessus. Le prix ? Un magnifique sabre qui appartient au royaume depuis plusieurs générations. Si Shirotsune devait quitter cet endroit, c'était avec ce sabre ou il ne partirait pas.
Tous les candidats étaient en ligne, prêt à se ruer dans les forêts en quête d'un Cochon Turbo. La Reine en personne donna le départ après un court décompte. Dans cette course, tous les coups sont permis et certains ne se gêne pas pour envoyer valser leurs concurrents. Shirotsune lui, préfère les laisser se bagarrer derrière lui. Il file comme l'éclair à travers les obstacles, semant ses adversaires. Manque de chance – et surtout d'un bon sens d'orientation – il finit par se perdre. Alors qu'il l'a traversée de long en large. Pour reprendre son souffle, il choisit de s'installer sur un rocher.

      — Bordel… mais ils sont passés où tous ces stupides cochons ? J'en ai marre de cavaler dans cette foutue forêt, j'ai faim et j'ai soif, râle Shirotsune à voix haute.
      — Grooiiiiiiiinnnnn-grooiiiiiiiinnnnn.
      — Ah ! Un cochon ! Je suis sûr qu'il est pas loin, il doit…

Soudain, Shirotsune est interrompu par une étrange sensation. Comme si la terre se soulevait sous ses pieds… non, en réalité, c'est le rocher qui se soulève. Un rocher avec quatre pattes et une queue en tirebouchon ! En réalité, Shirotsune avait fait une pause sur le dos d'un Cochon Turbo et l'animal ne semblait pas ravi de sa présence. D'autant que c'était une femelle adulte. Les plus rapide et les plus coriaces. Le plus sage serait de descendre de l'animal et de filer le plus loin possible, mais c'était peut-être sa seule chance. Il ne comptait pas fuir et laisser le prix s'envoler. L'animal voulu déloger l'intrus. Sautant sur place pour l'éjecter, mais Shirotstune empoigna ses oreilles. Le cochon hurla de nouveau et se lança dans une course folle. La bête détalait dans la forêt en zigzagant entre les arbres. Les pauvres candidats qui avaient le malheur de se retrouver sur sa route se faisaient percuter. Les propulsant ainsi bien plus haut que la cime des arbres.

      — Stupide bestiole ! Tu vas t'arrêter oui !
      — Groooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn-grooooooooooooooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnn

Impossible de l'arrêter, l'animal continue sa course. La vitesse est telle, que Shirotsune peine à tenir sur le dos de l'animal. Tomber à cette vitesse pourrait lui être fatal, mais surtout, il voulait gagner. Manquant de tomber, Shirotsune glissa sur le côté. Sans le vouloir, il tira sur l'oreille droite de l'animal, qui vira aussitôt à gauche. D'abord surpris, il réitéra volontairement l'opération cette fois. Après avoir tiré l'oreille droite, le cochon fit un virage à gauche. Tout ça n'était pas très logique, mais après quelques essaies, il réussit à maîtriser cet "engin" de mort. À plusieurs reprises, il manquait de peu de les envoyer tous les deux dans un mur. Puis à force de tourner en rond, il finit par rejoindre l'épaisse foule qui s'était agglutinée à la ligne d'arrivée. Shirotsune débarqua à pleine vitesse sur le dos de l'animal. Le Cochon turbo s'écroula de fatigue, glissant sur le sol et le jeune homme fut envoyer valser dans un mur. La bête était au sol, tirant la langue et incapable de se relever. Shirotsune quant à lui, il sortait des décombres, triomphant.

      — FALLAIT PAS ME CHERCHER ! MAUDITE BESTIOLE !! Hurla Shirotsune malgré le visage boursouflé et en sang.

Comme l'animal, il s'écroula de fatigue en répétant qu'il avait faim. On fit sonner le cor, pour la première fois depuis plusieurs décennies. Jamais personne n'avait réussie à mettre la main sur un Cochon Turbo. Shirotsune était le premier. Le cor annonçait la fin de la course aux autres candidats, mais aussi la suite des festivités. Quelques heures plus tard, il se réveilla enfin et dès son réveil, il hurla qu'il avait gagné. Tout le monde leva son verre et hurla en cœur. Il avait l'impression d'avoir un pivert dans la tête, mais ça lui était égale. Maintenant qu'il avait capturé un Cochon Turbo, il avait réussi sa vie. Pour l'heure, il comptait bien profiter du festival. Boire et manger jusqu'à finir ivre mort. La récompense peut bien attendre quelques jours.



Dernière édition par Jigoku D. Shirotsune le Dim 24 Juil - 12:41, édité 1 fois
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Jigoku D. Shirotsune
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MessageSujet: Re: Jigoku D. Shirotsune... l'improbable Marine débarque ! [Terminée]   Dim 24 Juil - 12:36

Surnom : Le Renard Blanc, le Diable Blanc.
Âge : 26 ans
Lieu de naissance : Pays de Wa, sur le Nouveau Monde.
Race : Humain... et avec toute la panoplie !
Camp : Marine... enfin je crois...
Capacité : Sabreur !
Métier : Cuisinier

Jigoku D.
Shirotsune
Hé ça va, j'picole pas souvent !

La fête, c'est sacré pour Shirotsune et aussi loin qu'il se souvienne, il n'a jamais eu droit aux lendemains difficiles. Pas même après des cuites légendaires comme celle du Festival du Rhum qui a lieu chaque été, tous les quatre ans. Suite à sa course folle avec ce maudit cochon, il avait bien sûr mal au crâne. Un prix qu'il acceptait volontiers de payer, alors qu'il attendait que la Reine Magnolia le reçoive. Il avait beau vivre avec eux depuis maintenant quinze ans, il devait se plier aux mêmes obligations que tout le monde. Notamment lorsqu'il s'agit de s'entretenir avec la reine. Rien ne semblait pouvoir torpiller le sourire de Shirotsune. Sa bonne humeur rayonnait dans les couloirs du palais. Heureusement, il n'eut pas longtemps à attendre. Sinon le garde l'aurait surement étranglé avec son sourire satisfait. Il était là lors de la course. En tentant de bousculer le jeune homme, le garde s'était retrouvé la tête coincée dans un arbre. Bizarrement, il lui en voulait. La reine le reçu enfin, mettant fin aux regards noirs du garde. Une fois à l'intérieur, il perdit peu à peu son sourire. Magnolia n'affichait pas une mine ravie, à peine un sourire forcé. Les cernes venaient ternir sa beauté. Shirotsune était inquiet et par politesse, il préféra garder sa joie pour lui.

      — Shiro, te voilà… assis toi veux-tu, nous avons à parler, lança la reine sur un ton inquiet.
      — Un souci Magnolia ? Puis-je faire quelque chose pour t'aider ? Répondit aussitôt Shirotsune.
      — Hélas, j'ai bien peur que cette fois… tu ne puisses rien faire.

Le ton grave de la Reine interpella aussitôt Shirotsune. Pour commencer, elle servit de coupe de vin. Dont une qu'elle tendit au jeune homme avant de prendre place dans son fauteuil. Plongée dans ses pensées, Magnolia émergea uniquement pour se remémorer quelques souvenirs. Leur première rencontre par exemple, dans les bains. Jamais elle n'aurait cru qu'un gamin tombé du ciel prendrait autant de place. Surtout sur Paradise. Pourtant, il avait toujours été là pour elle, pour Rosalia et surtout, pour Paradise. Adopté, oui, mais c'était un prince, à n'en pas douter. Bien sûr, tout n'a pas toujours été une partie de plaisir. Les nombreuses disputes entre Rosalia et Shirotsune avait le don de rythmer le quotidien du palais. Chaque fois, ils refaisaient les couloirs du château. Magnolia ne compte plus le nombre de vase brisé et de tableaux déchirés par leur soin. La reine sait que Shirotsune doit partir. Elle sait aussi la raison de son départ. Si elle s'est fait à ce départ, c'est au prix d'une longue discussion avec la Sorcière des Mers. Magnolia refusait de voir partir le jeune homme. Surtout pour une vision et une destinée qu'il n'aura peut-être jamais. Tout ça, elle le raconta sans mal au jeune homme. En revanche, ce qu'elle avait à lui dire ensuite était plus difficile. Elle savait le mal que cela ferait à Shirotsune, mais elle lui devait la vérité. Même si la sorcière avait défendu la reine de dire un seul mot sur cette histoire.

      — Je sais que l'heure de ton départ approche, Shiro, mais… Rosalia est malade, il ne lui reste que deux ans, peut-être quatre d'après le Docteur, si elle surveille son alimentation.
      — Rosalia ? Surveiller son alimentation ? C'est un estomac sur pattes, répondit Shirotsune en tentant de faire de l'humour pour cacher la peine immense qui envahissait son cœur.
      — Rosalia me tuera pour te l'avoir dit et si ce n'est pas elle, la sorcière le fera… nous voulons tous te protéger, à notre façon, mais j'estime que devais connaitre la vérité avant de partir.

Un fin sourire éclaircit le visage de Shirotsune. Un sourire d'une grande tristesse, qui trahissait la véritable nature du jeune homme. Son optimisme à toutes épreuves et dynamisme, lui donne la force de surmonter les obstacles. La mort de son père, par exemple. C'est à cet instant qu'il a commencé à se forger une carapace. Certes s'enferme dans la méchanceté ou la froideur, lui, c'était dans la joie et la bonne humeur. Pourtant, à cet instant précis, tout s'effondre. Comme un réflexe de survie, il essaye de rester positif, il est trahi par ce qu'il ressent réellement. Au fond de lui, il aimerait hurler. Il n'en fait rien, préférant prendre sur lui pour ne pas craquer. Magnolia se lève soudainement de son fauteuil pour l'enlacer chaleureusement. L'étreinte est longue, mais Shirotsune aimerait que le temps s'arrête. La reine a toujours été pour lui, chaque fois qu'il allait mal. En vérité, tout le monde a toujours été là pour lui. Sa décision était prise. Il mit fin à cet instant émotion, s'inclina devant la reine avec beaucoup de respect et se dirigea vers la sortie.

      — Que vas-tu faire Shiro ? Je… désolée…
      — Merci, répondit Shirotsune sans interrompre sa marche, merci pour tout Magnolia, tu as été la sœur que j'aurais pu rêver d'avoir, mais ce n'est pas fini… c'est loin d'être terminé.

Magnolia éclata en sanglots en s'écroulant dans le fauteuil. Shirotsune prit sur lui pour ne pas se retourner et la réconforter. Il avait d'autres choses en tête… Rosalia hantait à présent ses pensées. Pour la trouver, il traversa tout le château. Après plus d'une heure de recherche, une servante lui confia que la jeune princesse était sur la plage. Shirotsune fonça aussitôt sur la plage, pour trouver la jeune femme.

Sur la plage, la nuit était tombée. Les étoiles avaient envahi le ciel et la lune était pleine. Shirotsune avait la tête remplit de souvenirs, alors qu'il était seul face à l'étendue sombre aux reflets argent. Une caisse pleine de bouteilles de rhum, assez d'herbes pour rencontrer son créateur. Tout pour faire la fête… mais il n'avait pas le cœur à s'amuser. C'était la veille de son départ et il ne pouvait s'empêcher de douter. Partir affronter l'océan, uniquement sur une vision. Le jeune homme avait un million de raisons de rester, mais aussi un million de partir…
Alors que le vent soufflait, il ne savait pas dans quelle catégorie classer Rosalia. Forcément, il se souvint lorsqu'il est venu la trouver sur cette même plage. Jamais il n'avait traversé la forêt aussi vite. Une fois sur la plage, il était à bout de souffle, mais se reprit rapidement rejoignit Rosalia. Assise sur la plage, elle prenait un bain de soleil avec un sourire radieux. Cette image resta à jamais gravé dans l'esprit de Shirotsune. Le sourire de Rosalia – même quand ils se chamaillaient – avait le don de le faire rêver. Sans un mot, il prit place à ses côtés et il resta là, silencieux, durant de longues minutes. Les bras enroulés autour de ses jambes et la tête posé sur les genoux. Rosalia regardait Shirotsune avec un large sourire. Passant sa main dans la longue chevelure argentée du jeune homme. Bien sûr, elle savait qu'il n'aimait pas et c'est pour cette raison qu'elle le faisait. Pourtant cette fois, il ne dit rien. C'est ce qui interpella aussitôt la jeune femme, qui retira sa main avant de soupirer.

      — Qu'est-ce que ma sœur t'as dit au juste ? Crache le morceau où je te noie, lança froidement Rosalia.
      — Magnolia m'a dit que tu étais malade et que tu en avais pour quelques années encore… je crois que je vais rester encore un peu finalement.
      — Tu te fous de moi j'espère ? Répond sèchement Rosalia, tu dégages de cette île et tu ne fais pas chier ! Tu as bien mieux à faire que de moisir ici pour te soucier de mon état, crois-moi.

Voilà que Shirotsune se faisait engueuler maintenant. Il esquissait un sourire. Au moins, Rosalia ne changeait pas malgré la maladie. Par contre, il se fichait bien de son avis. Aussi têtus l'un que l'autre, à cet instant, il avait décidé de rester. Son départ attendra, il aura bien d'autres occasions de rencontrer son destin. En tous cas, ce jour-là sur cette plage, c'était le plan…
La nuit était magnifique et une légère brise soufflait sur la plage. Douce et agréable, comme les souvenirs de Rosalia qui refont peu à peu surface. Malgré tout ce qui s'est passé, il doute toujours autant. Surement à cause de son voyage qui approche… c'est sa dernière nuit sur Paradise après tout. Pour fêter ça, il ouvrit la première bouteille de rhum. La caisse en contenait six et il avait encore un fut juste derrière lui. Il avait prévu de boire toute la nuit, pour donner du courage. L'idée, c'était de boire seul, pour noyer son chagrin. Sa solitude n'allait pas continuer bien longtemps. Shirotsune avait fait en sorte que personne ne soit au courant pour cette petite sauterie en solitaire. Hélas, il fut rapidement rejoint. Son vieux Maître, Patatas, fut le premier à rejoindre la plage. Suivit de près par le Docteur Spouitch, Gum, Gumie et Gumo – qui n'ont pas beaucoup grandit. Tout ce petit monde avait ramené de la nourriture et s'installait tout naturellement autour du jeune homme. Shirotsune ne put s'empêcher de sourire. Il n'avait pas prévu qu'on le rejoigne, encore moi que la reine soit présente. La surprise était totale, Magnolia rejoignit le petit groupe pour faire la fête. Shirotsune s'empressa de se lever, pour demander des explications.

      — C'était censé être une fête privée, lança Shirotsune avec un sourire forcé.
      — Et tu crois qu'on va te laisser partir comme ça ? Répond Spouitch qui tente d'empêcher les trois garnements de dévorer toute la nourriture.
      — Tu es un imbécile Shiro, reprend Patatas, mais même les imbéciles ne doivent pas rester seul.
      — Shiro est un imbécile ! Répéta en cœur et à plusieurs reprises le trio de garnements.

Quant à Magnolia, elle resta silencieuse. Shirotsune ne pouvait pas lui en vouloir, surtout après ce qui s'était passé. Tandis que tout le monde festoyait joyeusement, il s'isola un moment. Au bord de la plage, il ferma les yeux et imagina le visage de Rosalia. À coup sûr, il se serait fait engueuler. La jeune femme n'aurait jamais apprécié qu'il s'isole de la sorte. Bien au contraire, elle aurait préféré que tout Paradise soit en fête…
Jamais il n'aurait cru être aussi proche de Rosalia. À vrai dire, jamais il ne se saurait cru capable d'aimer quelqu'un à ce point. Les semaines passèrent et ce fut sans conteste les plus belles de sa vie. Il avait fini par découvrir les intentions de la jeune femme. Rosalia passait tout son temps avec le jeune homme. Jours et nuits. Ils étaient inséparables. Tour ce qu'elle voulait, c'était laisser le souvenir d'une fille radieuse et amoureuse. La maladie finirait par prendre le dessus sur le traitement et son état allait empirer. D'abord la fatigue, puis le manque d'appétit et rapidement… la folie. Elle connaissait chaque étape et pour cause, c'est ainsi qu'est morte sa mère. Magnolia y a échappé, pas Rosalia. La reine aurait volontiers donné sa place pour sa sœur et inversement. Le destin en a décidé ainsi et quand tout le monde regarde le couple qu'elle forme avec Shirotsune. Tout le monde se dit que le destin est injuste avec eux. La Sorcière des Mers n'avait plus de nouvelles de son jeune protégé. Elle avait compris qu'il avait tout découvert et qu'il songeait surement à repousser son départ. Cela lui faisait de la peine, mais elle comprenait. Elle aussi avait été jadis amoureuse. Par conséquent, elle ne s'y opposait pas. Préférant laisser le jeune homme profiter de ces dernières années sur Paradise. L'avenir n'avait jamais été aussi incertain. Les visions étaient maintenant floues et parfois, elles étaient comme bloquées. Tout ce qu'elle récoltait en essayant, c'était un mal de crâne horrible.
Rosalia de son côté avait commencé à tout préparer. Shirotsune avait peut-être décidé de rester, mais elle, elle avait décidé qu'il partirait. Tous deux étaient très têtu dans leur genre, mais la jeune femme était pire à ce jeu-là. C'est lors d'une balade en forêt, près d'une cascade, que Rosalia décida de tout lui avouer.

      — Shiro… tu dois partir, tu dois suivre ta voie, lâcha Rosalia avec beaucoup d'émotions, je ne veux pas que tu restes pour moi, je… je ne veux pas que tu me voies au plus mal…
      — Ma décision est prise Rosalia, je t'aime et je veux rester, rien ne me fera changer d'avis.
      — Tu ne comprends pas Shiro… dans quelques mois, tu ne me reconnaitras plus, je sens déjà les premiers symptômes, répondit Rosalia en tremblant, tu vas me détester, crois moi… j'ai détesté ma mère bien avant qu'elle ne sombre dans la folie…

Rien y faisait, Shirotsune refusait de partir. Pour lui, ce serait l'abandonner et il a déjà abandonné son père, il ne peut pas remettre ça. Pas avec Rosalia. En réalité, elle ne laissait pas vraiment le choix au jeune homme. La maladie allait la ronger à petit feu. Si la douleur n'a pas raison d'elle, ce sera la folie. Elle a vu sa mère agoniser et mourir de cette maladie, jamais elle ne supportera de faire du mal à ceux qu'elle aime. Pas même pour vivre un an ou deux en plus. Non, ce qu'elle veut, c'est partir alors qu'elle a toute sa tête. Partir et laisser une image positive.

      — J'aimerais que tu me tue Shiro…

Les mots raisonnèrent dans la tête de Shirotsune, comme un violent coup de marteau sur une enclume. Jamais il n'aurait imaginé qu'elle lui demande une telle chose. Il fait souvent preuve de détachement, mais lorsqu'il s'agit de Rosalia, c'est différent. Pour elle, il donnerait sa vie. Là, elle lui demande de lui prendre la sienne.

      — Je… non ! Comment peux-tu me demander une telle chose Rosalia ? Je… c'est impossible…
      — Je te le demande parce que je t'aime Shirotsune ! Tu es le seul qui puisse le faire… parce que tu es le seul à qui je veux donner ma vie…

Contre toutes attentes, Shirotsune saisit Rosalia par le bras et la serra contre lui. La manœuvre était clair, même pour la jeune fille. Les larmes avaient déjà commencé à couler sur les joues du jeune homme. L'idée l'effrayait évidemment, mais il songeait vraiment à le faire. Pas pour cette stupide vision, mais pour Rosalia. Il serait à jamais hanté par ce moment, mais il ne pouvait pas lui refuser. La jeune femme lui a souvent confié à quel point elle avait souffert de voir sa mère malade. Lui laisser subir ça pour vivre une année de plus à ses côté… c'est égoïste.
Shirotsune ne resta pas seul longtemps. Alors qu'il contemplait l'horizon, la tête pleine de souvenirs. Magnolia le rejoignit. Saisissant son bras délicatement, elle déposa sa tête sur son épaule. Cette soirée – aussi magnifique soit-elle – était d'une tristesse accablante.

      — Rosalia est partie… et maintenant toi… Paradise sera bien triste après ton départ.
      — Triste ? Paradise ? Tu n'as jamais mis les pieds au Pays de Wa ma chère Reine… ça c'est un pays triste ! Les gens sont trop coincés et d'un ennui, répondit Shirotsune en ricanant, puis tu es encore là toi, Paradise c'est avant tout la Reine Magnolia, ne l'oublie jamais.

Une larme perla sur le visage de Magnolia. Shirotsune s'empressa de l'essuyer avec délicatesse. Ils retournèrent auprès des autres, pour enfin profiter de la fête. Après tout, un départ ne doit pas être triste. Puis Rosalia aurait surement aimé cette fête sur la plage. Peu importe où elle est maintenant, tous sont persuadés qu'elle les regarde… ou plutôt, qu'elle les surveille. C'est déjà plus son genre. Sans doute en train d'hurler chaque fois qu'ils font une connerie.

L'heure du départ avait enfin sonnée. Le Griffon avait été scellé par Ernest, prêt à s'envoler. Les habitants de Paradise s'était réunie dans le cours du château pour voir s'envoler l'animal. Les plus proches amis de Shirotsune avaient fait le déplacement. Malgré l'abominable gueule de bois. Seule Magnolia manquait à l'appel, mais il ne pouvait lui en vouloir. Les au revoir furent difficiles et larmoyant. Maître Patatas aussi versa sa petite larme – bien qu'il prétextât une poussière dans l'œil. Shirotsune devait rejoindre la Sorcière des Mers, puis regagner l'océan. Il attendit quelques minutes de plus, mais la reine n'était toujours pas là. Ne pouvant plus attendre, il s'apprêta à monter sur le Griffon… lorsque Magnolia fit son apparition.

      — Tu oserais partir sans la présence de ta reine ? Quelle insolence, tu as bien changé, tu fais bien de partir, lance Magnolia après avoir repris son souffle.
      — Une reine digne de ce nom n'aurait pas une heure de retard ! Toi qui fanfaronnait de tenir l'alcool mieux que moi ! Répondit Shirotsune avant d'hurler de rire.

Pour se venger, Magnolia ramassa des cailloux et les jeta sur Shirotsune. Une fois le calme revenu, elle s'approcha de lui. Dans sa main, elle tenait un présent qu'elle voulait absolument remettre au jeune homme avant son départ. La reine déplia soigneusement le tissu de soi qui recouvrait ce cadeau et le dévoila aux yeux de tous. Il s'agissait d'un magnifique katana. Le Saya était très simple, un orange terne qui ne comportait que quelques touches d'or aux extrémités. Le Tsuba quant à lui était magnifiquement sculpté dans l'or. Formant une fleur de lotus de chaque côté. Pour finir, le Tsuka était d'un blanc immaculé et accompagné de légères touches d'or.

      — Voici le trésor de ma famille, dévoila Magnolia avec beaucoup de fierté, Shirotsune, ce katana te revient de droits, en premier lieu parce que tu as réussi l'exploit d'attraper l'un des Cochon Turbo de la forêt, mais aussi… parce que tu es le prince de Paradise et que c'est ton devoir, de porter cette lame.

Refuser un tel présent serait une folie. Aux yeux de Shirotsune, c'était le seul moyen d'emporter avec lui un morceau de Paradise. Pour lui rappeler tout ce qu'il a vécu sur cette île. Spouitch s'empressa de venir ajouter quelques détails sur ce katana. C'était un Ryo Wazamono, soit l'une des cinquante lames de qualité supérieure. Autant dire une arme d'exception. Shirotsune la saisit, pour la sortir de son fourreau. Faisant ainsi brillé la lame au soleil. Finement travaillé, son tranchant n'avait pas d'égale.

      — Si je ne m'abuse ma reine, ce sabre n'a jamais porté de nom, dit Spouitch en voyant la lame hors de son fourreau pour la première fois.
      — En effet, répondit la Reine Magnolia.
      — Rosalia… ce sabre se nomme Rosalia.

La surprise gagna tout le monde, y compris Magnolia. La reine ne s'attendait pas à ce qu'il donne un le nom de sa défunte sœur. Un nom pourtant bien trouvé, car cette lame ressemblait à Rosalia. Magnifique et tranchante, c'était tout le portrait de la jeune femme. Tout le monde acquiesça alors que Shirotsune rangeait la lame avant de l'accrocher à sa ceinture. Il n'avait que trop tardé, il était maintenant temps de partir. Magnolia enlaça le jeune homme. L'étreinte était chaleureuse, elle aurait tant aimé qu'il reste.

      — N'oublie jamais qui tu es mon petit renard blanc…

La scène fut interrompue par les sanglots de Patatas, qui ne pouvait plus retenir sa tristesse. Shirotsune n'avait plus le temps. Il bondit sur le Griffon pour la dernière fois et se retourna pour un dernier regard. Pour la seconde fois de sa vie, il quittait sa famille…
La Sorcière des mers l'attendait sur le pas de la porte avec un large sourire. Ravie de voir que Shirotsune est au rendez-vous, même s'il est en retard. Il se doute que les adieux se sont éternisés. Le Griffon atterrit sur la plage et le jeune homme passa sa main sur son plumage avant de sauter sur le sable. L'animal pousse un cri avant de s'envoler, retournant vers Paradise. Shirotsune le regarde partir, un léger pincement au cœur. Une créature majestueuse, qui ne peut hélas quitter les environs… ce serait trop facile sinon. D'ailleurs, la sorcière ne lui avait toujours pas révélé son moyen de transport. Les navires se faisaient rares dans les environs. À l'intérieur, une tasse de thé encore chaude l'attendait. Assis autour d'une table, la sorcière contait les meilleurs souvenirs qu'elle avait du jeune homme. Certes, elle est à l'origine de son départ, mais ça ne l'empêche pas d'être triste. Une fois la séquence nostalgie passé, elle s'attarde sur la suite des événements. Sortant une carte, elle l'étale sur la table. Au centre, un triangle est dessiné en plein milieu de la mer. Le Triangle Florian, situé sur Grand Line.

      — Tu vas devoir sortir du Triangle Florian, mais avant ça… tu devras affronter la tempête et le brouillard, tes chances de survie sont de quarante-et-un pourcents.
      — Quarante-et-un ? C'est bien plus qu'il m'en faut ! Et une fois sur la mer ? Je fais quoi, je rame jusqu'à la prochaine île ?
      — C'est là que ça se complique… mes visions sont assez floues, donnant plusieurs possibilités, reprit la sorcière en tentant de se souvenir de ses visions, tu devrais croiser un navire, quant à savoir son camp… Marine, Pirate ou encore Révolutionnaire, tout est possible à vrai dire, mais peu importe qui tu choisis de servir, tout ce qui compte, c'est que tu arrêtes ce fléau.
      — Je me verrais bien Pirate ! Sillonnant les mers et pillant les villes… je plaisante, c'est bon, finit par dire Shirotsune pour rassurer la sorcière, en tous cas, je ne rejoindrais jamais la Marine, l'uniforme, très peu pour moi.

La Sorcière des mers esquissa un sourire amusé. Il est vrai que Shirotsune n'avait jamais porté la Marine dans son cœur. Sans doute à cause de ses racines, qui sont au Pays de Wa. Le pays des samouraïs est connu pour son indépendance, qu'il défend farouchement. Comme elle lui avait dit, peu importe qui il rejoint. Tous les chemins le mènent inexorablement vers son destin… ou à la mort. Qui peut sans doute être perçu comme une forme de destin. Pour le reste, tout dépend des choix qu'il fait, des alliés qu'il se trouve et des ennemis qu'il se fait.
Une fois un rapide briefing et leur tasse de thé terminée, ils retournent sur la plage. La sorcière ne peut cacher sa tristesse, mais elle prend sur elle pour ne pas gâcher ce moment. Elle a construit sa vie autour d'une vision, celle de sa mer. Voilà que tout semblait s'accomplir, après tant d'effort. Pour être sûre, elle répéta à nouveau les indices à Shirotsune.

      — Tu te souviendras ? Alpha Draconis… j'ignore si c'est un homme, une femme ou autre chose, mais… il sèmera le chaos et la destruction, toi seul peut l'arrêter Shiro.
      — Alpha Draconis… c'est noté ! Mais dis-moi… où est mon navire ? Demanda Shirotsune avec inquiétude.

Un sourire espiègle s'afficha sur le visage de la sorcière. Elle s'approcha de l'eau, puis siffla. Son sifflement porta loin, emporté par le vent. Plusieurs bulles se formèrent au bord de l'eau. Sortant des profondeurs… trois grosses tortues. Tractant derrière elles, un radeau qui semblait prêt à couler.

      — C'est… une blague j'espère ? Tu m'étonnes que je n'aie que quarante-et-un pourcents de survie ! Tu veux me faire traverser le brouillard et les tempêtes sur radeau miteux et trois tortues ?
      — Ne juge pas un livre à sa couverture… ce sont des Tortues Impériales et malgré leur lenteur sur terre, sur la mer ils sont bien plus rapide que n'importe quel navire et surtout, elles sauront te conduire hors du Triangle Florian et puis… tu ne sais même pas naviguer, alors pourquoi aimerais-tu avoir un navire ?
      — Je ne sais pas… pour avoir la classe ? Là… c'est une planche de bois et trois tortues ! Sérieux, tu ne t'es pas foulé sur ce coup…

La Sorcière des Mers ricana. À vrai dire, elle aurait pu lui trouver une barque ou un petit navire. Sauf que ça divisait ses chances de moitié. Elle ne doute pas de la bonne étoile de son protégé, mais la mer est parfois cruelle. Le jeune homme peut en témoigner. Shirotsune se résigna et monta sur le radeau qui manqua de chavirer. Une fois – inconfortablement – installé, il s'accroche… prêt pour cette traversée.

      — Si je meurs sorcière… je reviendrais te hanter ! Je suis sérieux, je viendrais jours et nuits !
      — Une dernière chose Shiro… Kalistah… je me prénomme, Kalistah.

Les tortues se mirent en route au moment où Shirotsune se retournait. Une large sourire éclaircit le visage de la sorcière, mais les larmes perlèrent sur ses joues. Jamais elle n'avait dévoilé son nom depuis plusieurs décennies. C'était un cadeau inestimable et Shirotsune ne put même pas la remercier. Les tortues fendaient la mer à vive allure. Direction une nouvelle vie…

...FIN… ?? Ou pas…

Les soldats s'activaient sur le pont, s'exécutant aux ordres de leur supérieur. Le Colonel Hamerstrong était un homme à la discipline de fer. Sauf que son équipage est constitué de bons à rien. À peine bon pour récurer les toilettes. Il avait donné corps et âmes à la Marine, voilà comment on le remercier. L'Amiral en Chef lui avait dit que c'était un honneur qu'il lui faisait. Pour sûr, il a su vendre sa camelote. Le colonel se retrouve à la tête des pires soldats de la Marine qui soit. La plupart sont au bord du conseil martial, si ce n'est pas déjà fait pour certains. Voilà six mois qu'ils sont sur Grand Line et ils ont déjà vu s'échapper trois navires. Il se dit que la mer ce n'était pas leur fort, alors il tenta la terre ferme. Histoire de motiver les troupes, il fit une descente dans une petite île connue pour abriter des pirates. Cette bande de crétin – en plus de laisser filer les pirates – manqua de foutre le feu au village. Il n'y avait décidément rien à tirer de cette bande d'incapables.
Le Colonel Hamerstrong leva les yeux vers les mâts de son navire… mais il ne vit pas sa vigie. Il hurla son nom, mais aucune réponse. Au bord de la crise de nerfs, il secoua le mât de toutes ses forces. La vigie – qui se réveilla enfin – faillit tomber dix mètres plus bas, mais s'accrocha par reflexe au rebord.

      — Tu pourrais au moins faire semblant de surveiller crétin ! Hurla le colonel avec force.
      — Oui colonel ! Répondit le soldat avant de reprendre son poste, rien à l'horizon, pas même… un homme à la mer ! À bâbord… non… tribord ? Bref à gauche… non, droite… puis merde, selon comment on est tourné ça change tout !

Le colonel soupira, préférant ignorer la remarque de sa vigie. Une fois à tribord, il jeta un coup d'œil à l'horizon. Au loin, on pouvait apercevoir des débris. Il ordonna à ses hommes de mettre le cap vers le nord, mais il dû se répéter trois fois avant qu'ils s'exécutent. Une fois à niveau des débris, ils remontèrent un homme sur le navire. Les soldats s'étaient agglutinés autour, mais le colonel fit le ménage et s'approcha du naufragé. Le jeune homme était inconscient. L'un des soldats suggéra de lui faire du bouche-à-bouche. Un autre, de le remettre à l'eau et un troisième, de le vendre.

      — Réveille-toi la feignasse ! Hurla le colonel en tapant du pied sur le pont.

Le choc fut si violent, que le naufrager sursauta, recrachant l'eau qu'il avait avalé durant sa traversée. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre son souffle. Puis il regarda à gauche, à droite… semblant chercher quelque chose. Personne ne savait ce qu'il cherchait et le colonel commençait à perdre patience.

      — Rosalia ! Où est Rosalia !! S'écria le naufrager.
      — Rosalia ? Mais qu'est-ce que tu me chantes, répondit sèchement le colonel, tu étais seul à flotter sur l'eau espèce de crétin !

La diplomatie et la psychologie, ce n'était pas le fort du colonel. Alors que tout le monde pensait que le jeune homme cherchait une femme – ou un drag queen – un soldat s'avança près du naufrager.

      — Tu… tu cherches ça… n'est-ce pas ? Lança timidement le soldat en lui tendant un sabre.
      — Rosalia ! Répondit le naufrager en saisissant le sabre, merci l'ami, la première tournée est pour moi !

Les soldats s'écrièrent de joie. Une tournée ? C'était synonyme d'escale sur une île. L'alcool qui coule à flots et les jolies femmes. Les soldats chantaient et criaient… jusqu'à ce que le colonel demande le silence avec autorité.

      — Tu es sur un navire de la Marine jeune homme, je suis le Colonel Hamerstrong, lâcha froidement le colonel, alors je te suggère de décliner ton identité si tu ne veux pas terminer à Impel Down.
      — La Marine ? Merde… enfin, non, ce n'est pas ce que je veux dire… je dérive depuis le Triangle Florian, mon navire a essuyé une tempête là-bas, j'escortais un explorateur un peu trop téméraire.
      — Quel est ton nom ?
      — Moi ? Je… Jigoku D. Shirotsune m'sieur.

Tandis que les murmures commençaient à se faire entendre, le colonel demanda à l'un de ses hommes de regarder les avis de recherche. Rien, aucune prime sur sa tête. Le colonel n'était pas rassuré pour autant. Il demanda à ses hommes de le placer dans une chambre et de monter la garde – sans s'endormir cette fois. Les soldats s'exécutèrent et Shirotsune se laissa conduire sans discuter…

FIN !!

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MessageSujet: Re: Jigoku D. Shirotsune... l'improbable Marine débarque ! [Terminée]   Lun 1 Aoû - 16:40

Bienvenue sur OPL

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○ Berrys : 2 000 000 de Berrys

○ Commentaires : Bon par où je commence? La longueur !! C'était foutrement long et tellement bien écris que j'ai pas vu le temps passer en lisant. Quelques fautes viennent par-ci par-là mais rien de grave surtout au vu de la longueur. Pour ce qui est de l'originalité et bien y'a de l'alcool, de la drogue, une île perdu et un gamin qui passe par là et qui s'attire "l'amour" de tous... du revu mais j'ai adoré ! Pour la réputation, ce n'est pas élevé car on ne voit pas beaucoup ton perso en action surtout parce qu'il est sur Paradise. Même si beaucoup de marine semble le connaître ! M'enfin la réputation viendra avec ce marine haut en couleur ! (petit jeu de mot pourris je sais !)

Pour conclure, tu obtiens 700 de Puissance (550 Note Présentation + 60 Bonus Camp + 50 Bonus Anniversaire + 40 Bonus Sabreur) et 3 000 000 de Berrys (2 000 000 A la présentation + 1 000 000 pour avoir fait un sabreur). Bref bienvenu sur les mers d'OPL et que l'alcool coule a flots !!!

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Jigoku D. Shirotsune... l'improbable Marine débarque ! [Terminée]

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